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13 février 2012

Elle court, elle court, la mode du furet

Il mord, sent mauvais et met du bazar partout! Et pourtant, le furet a la cote dans la liste des nouveaux animaux de compagnie. Avant d’en adopter un, mieux vaut se renseigner. Les conseils d’une passionnée, Laélia Maumary.

Laélia Maumary tient deux furets dans ses bras.
Laélia Maumary, heureuse propriétaire de cinq furets: «Avant j’avais une vie, maintenant j’ai des furets!»

Envie d’avoir un animal de compagnie, mais pas envie d’héberger un obtus rongeur, cobaye, hamster ou gerbille? C’est exactement ce qui a poussé Laélia Maumary vers les furets, il y a dix ans. «Je voulais un autre animal que le lapin ou le chat. En allant voir les pensionnaires de la SPA, j’ai découvert tout à coup deux furets dans une cage. Et j’ai eu un véritable coup de foudre!»

Le furet raffole de malt en tube.
Le furet raffole de malt en tube.

La jeune femme a commencé par en adopter un, puis un deuxième. Elle en a aujourd’hui cinq qui gambadent joyeusement dans sa maison de Valeyres-sous-Rance (VD). Kaïra qui se dandine dans l’escalier, Hermès qui se cache sous le canapé, Till et Many qui dorment dans leur panier. Et Picasso qui vient saluer les visiteurs. Pas farouche pour un sou, ni craintif. Au contraire, le furet est un animal extrêmement curieux, qui n’hésite pas à escalader les chaussures, s’agripper aux lacets et s’enfiler dans tous les sacs qui passent à portée de griffes.

Cinq furets qui cohabitent harmonieusement avec Olga, un placide husky croisé avec un berger, et cinq chats. «Il faut quand même faire attention. La cohabitation n’est pas possible avec n’importe quel chien. Avec les chats, ils se mettent parfois des tartes, mais c’est souvent le furet qui domine», rigole Laélia Maumary qui travaille à la SPA de Sainte-Catherine et à l’animalerie de l’Université de Lausanne.

«Un animal qui impose beaucoup de contraintes»

Chez elle, Laélia Maumary a aménagé une chambre spécialement pour ses furets.
Chez elle, Laélia Maumary a aménagé une chambre spécialement pour ses furets.

Le furet, taquin, drôle, très social, câlin et un peu destructeur, serait donc l’animal de compagnie idéal? Presque. «C’est un animal super à vivre, mais dont la détention impose beaucoup de contraintes. Il faut vraiment que l’appartement soit adapté aux furets.» Le furet a besoin d’un environnement sécurisé et d’une grande surface d’habitation. La nouvelle loi sur la protection des animaux exige qu’il ait une cage de 4 m2. Ou, dans l’idéal, une pièce entière à sa disposition. C’est le cas chez Laélia Maumary, qui leur a aménagé une petite chambre. A première vue, on pourrait croire qu’il s’agit d’une chambre d’enfant, tellement les jouets et autres peluches occupent le carrelage. Hamac suspendu entre deux minipalmiers en peluche, boules sonores, tuyau en plastique, tout est fait pour que l’animal puisse jouer librement. Sans oublier les nombreux bacs de litière -«le furet n’étant pas toujours très propre».

Le furet a besoin d’une grande surface d’habitation.

Oui, le furet furète à grande vitesse. Pendant ses quatre heures de veille par jour, il ne tient pas en place. Grimpe, explore, avale une croquette protéinée, court après le tube de malt, dont il raffole, joue avec ses congénères, poursuit la queue du chien. Et se cache. Mais d’ailleurs, où est Hermès? Avoir un furet, c’est aussi ça: passer son temps à chercher le petit museau putoisé, qui peut s’enfiler partout, derrière la machine à laver, dans le canapé, où «il va tout faire pour entrer et creuser des tunnels, sans ronger, mais en grattant!» ou sous les meubles. Quant aux plantes, aucune ne résiste à ses petites pattes turbulentes, du coup mieux vaut ne rien poser au sol, mais opter pour les pots en suspension.

«Il peut pincer assez fort jusqu’à percer un doigt»

Sûr que ce petit carnivore chafouin à l’odeur musquée est un véritable spectacle à lui tout seul. Un tempérament facétieux qui explique sa popularité, puisqu’il figure dans le trio de tête des animaux de compagnie les plus répandus, juste derrière le chien et le chat. Mais le furet, domestiqué depuis l’Antiquité pour ses instincts de chasse, longtemps utilisé pour sortir les lapins des terriers et débarrasser les granges des rongeurs, n’est pas le compagnon idéal des petits enfants. Pourquoi? Parce qu’il a tendance à mordre, surtout quand il est mal élevé. «Il peut pincer assez fort jusqu’à percer le doigt et surtout ne lâche plus. Il faut alors le passer sous le robinet pour qu’il lâche sa prise.»

Un furet, ça s’éduque et le plus tôt possible. Pas question de le laisser dominer la situation et encore moins vos phalanges. Un coup de dent, une ânerie de trop? Il convient alors de l’empoigner par la peau du cou et de lui dire, droit dans les yeux, un non sonore. «Il faut le tenir fermement par la nuque jusqu’à ce qu’il bâille, ce qui chez lui est un signe de soumission. Après, on peut le reposer.»

Soins des ongles indispensables!
Soins des ongles indispensables!

Sûr que loger un furet chez soi n’est pas une sinécure. Sans parler de tous les soins indispensables, comme lui nettoyer les oreilles tous les deux mois, le nourrir avec des croquettes appropriées, lui couper les ongles toutes les deux semaines, pour son bien-être et celui du canapé. Comme le dit Laélia Maumary en rigolant : «Avant j’avais une vie, maintenant j’ai des furets!» Mais malgré tout, elle ne s’en passerait pour rien au monde.

«Mieux vaut être bien informé»

Giovanni Peduto, responsable du Service vétérinaire du canton de Vaud.

Avez-vous beaucoup de demandes d’autorisation concernant les furets?

Nous comptons une quinzaine de demandes par année, un nombre relativement stable.

Est-ce facile d’obtenir une autorisation?

Dans l’ordonnance sur la protection des animaux, les furets sont considérés comme des animaux sauvages. Une autorisation est donc nécessaire pour les détenir. On tient compte du type (professionnel ou privé) et de la durée de la détention, de la formation de la personne responsable, de la provenance des animaux et de la dimension de la cage.

Des cours de formation seront-ils donnés aux propriétaires de furets?

Quiconque détient des furets à titre privé doit obtenir une attestation de compétences. Cette attestation peut être obtenue soit en suivant un cours de cinq heures au minimum, soit en effectuant un stage de trois semaines au moins.

Est-ce bien raisonnable d’avoir chez soi ce genre d’animal...?

Le furet est prisé par les personnes qui veulent un animal, mais ne disposent pas du temps nécessaire à consacrer aux sorties des animaux de compagnie traditionnels. Toutefois, l’adoption d’un furet mérite que la personne se soit vraiment informée sur ce que cela représente. Elle doit tenir compte des particularités de l’animal (longévité, odeur, propension à pincer, sensibilité à certaines maladies). Cette connaissance permet d’éviter que l’animal soit remis quelques jours après son adoption à un refuge ou pire, abandonné en pleine nature.

Auteur: Patricia Brambilla

Photographe: Loan Nguyen