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21 mai 2012

En petite reine avec un petit roi ou une princesse

Faire du vélo avec un petiot, ça peut être vraiment fun et rigolo. A condition d’opter pour un moyen de transport adapté à l’âge du passager et sécurisé aussi. Sièges, remorques et «tandems» sous la loupe!

Petite fille dans une remorque de vélo
Selon les spécialistes de la sécurité, la remorque représente le moyen le plus sûr 
de transporter un enfant à vélo. (Photo: Getty Images/Aurora/Harrison Shull)

Les jeunes parents, qui ne souhaitent pas suivre un régime sans selle, peuvent quand même partager avec leur progéniture les joies simples d’une petite virée à bicyclette. Oui, mais quel moyen de transport devraient-ils adopter pour véhiculer junior à la fois confortablement et en toute sécurité? Le point sur les avantages et les inconvénients des trois systèmes – sièges, remorques et «tandems» – que l’on trouve le plus couramment sur le marché…

Chers parents, comme vous le voyez, il est possible de rouler avec votre progéniture d’une manière relativement confortable et sûre. Inutile donc de mettre un frein à vos activités cyclistes. Par contre, il serait bon d’y mettre un peu la pédale douce. C’est-à-dire d’oublier pour un temps performance et compétition, tout simplement parce que ces modes de transport pour enfants sont avant tout conçus pour effectuer de courts trajets ou flâner sur des routes peu fréquentées.

De bons mollets ou un vélo adapté

Enfin, pour que le plaisir soit aussi au rendez-vous, pour que vous puissiez avaler sans trop vous essouffler dos d’âne et pentes escarpées, il vaudrait mieux que vous possédiez de bons mollets ainsi qu’une bécane vous permettant d’enrouler de petits braquets. Ou alors, à défaut, un vélo mû par la fée électricité…

Les remorques (dès 1 an)

Prendre un ou deux enfants en remorque, c’est – d’après des crash-tests et de l’avis également des spécialistes de la prévention routière – «le must pour la sécurité» (pour le porte-monnaie, c’est évidemment une autre affaire!).

Aussi stables que visibles, ces «carrosses» ne se renversent que rarement en cas de chute ou d’accident. Ils protègent aussi mieux les enfants des collisions frontales ou latérales, ainsi que des… intempéries.

En revanche, ils pèchent un peu par leur poids, leur encombrement et leur manque de maniabilité. Impossible, en effet, de se faufiler partout avec ces engins. Donc, il est préférable de choisir au préalable son itinéraire et d’éviter aussi de rouler avec ces remorques là où il y a trop de trafic, notamment parce que ça risquerait de faire tousser les petits passagers qui ont leur nez juste à la hauteur des pots d’échappement.

Le siège est le moins onéreux de tous les moyens de transport existants. (Photo: Getty Images/Ghislain & Marie David de Lossy)
Le siège est le moins onéreux de tous les moyens de transport existants. (Photo: Getty Images/Ghislain & Marie David de Lossy)

Les sièges (dès 1 an)

Principal atout de cet accessoire qui se décline en moult modèles: son prix. En effet, c’est sans conteste le moins onéreux de tous les moyens de transport existants, mais pas le plus sûr si l’on en croit les experts en sécurité routière et mobilité douce (bpa, ATE, Pro Velo). Fixé à l’avant, le siège peut gêner le cycliste dans son pédalage. En cas de chute, ce dernier risque même de tomber sur sa progéniture… Donc, il vaut mieux choisir un trône qui se monte à l’arrière de la petite reine. Les plus: cet équipement offre une grande liberté de mouvement; le conducteur et son passager peuvent communiquer aisément. Les moins: un garnement agité est capable de déstabiliser sa monture; la probabilité que l’enfant se blesse lors d’une collision est importante, puisqu’il n’est protégé que partiellement.

Jugé «relativement sûr», ce mode de transport offre un grand confort d’utilisation. (Photo:Keystone/Westend61/Robert Niedring)
Jugé «relativement sûr», ce mode de transport offre un grand confort d’utilisation. (Photo:Keystone/Westend61/Robert Niedring)

Les «tandems» (dès 4 ans)

Quand les petits passagers deviennent trop grands, mais qu’ils ne sont pas encore tout à fait mûrs pour chevaucher seuls une bécane, il reste la solution du «tandem» adulte-enfant. Schématiquement, on arrime à l’aide d’un bras articulé un vélo d’enfant (avec ou sans roue avant) à l’arrière d’un vélo standard.

Jugé «relativement sûr», ce mode de transport offre un grand confort d’utilisation. De plus, en étant actif et en pédalant, junior se familiarise avec la pratique de la bicyclette et apprend le b.a.-ba de la circulation. Evidemment, ces «éléments remorqués articulés» comme on les appelle présentent aussi quelques défauts: un galopin qui gigote risque de mettre tout l’équipage en danger et les freinages d’urgence sur ces sortes de tandems peuvent s’avérer parfois périlleux.

Conseils de sécurité

  • «Les têtes intelligentes se protègent»: comme les cyclistes ne sont pas des imbéciles, ils se coifferont d’un casque et veilleront à ce que leurs petits passagers fassent de même.
  • «Mieux vaut un petit clic qu’un grand choc»: ce slogan-là s’adresse évidemment aux utilisateurs de sièges et de remorques qui attacheront leurs mômes avant de démarrer.
  • Bébé à bord? Les médecins déconseillent de transporter un enfant de moins de 1 an à bicyclette. Le bpa encourage vivement de suivre cette recommandation, même si certaines marques de remorques prévoient un siège spécial pour les bambins.
  • Passager clandestin: la loi autorise de véhiculer à vélo trois petiots au maximum, deux en remorque et le dernier bien calé dans son siège.
  • Biclou au clou: avant de jouer les «taxi driver», il faut s’assurer que sa monture est en parfait état de marche (fourche stable, cadre robuste, freins efficaces…).
  • Avec les options? Une béquille solide à deux branches facilite l’embarquement des passagers; un rétroviseur fixé au guidon permet de garder un œil sur les enfants durant le trajet.

Auteur: Alain Portner