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13 août 2012

En selle en toute sécurité

Route ou trottoir? Casque ou non? Petit guide pour les premiers tours de roue de vos enfants après les changements de législation.

Le port du casque n’est pas obligatoire mais fortement conseillé. (Photo: Istockphoto)

C’est désormais officiel: il s’achète davantage de vélos que de voitures en Suisse. Triomphe de la mobilité douce? Presque. Parce que en réalité, selon Vélo Suisse, l’association suisse de fournisseurs de bicyclettes, plus d’un quart des deux-roues prendraient la poussière dans les garages et les caves. Et du côté des enfants? A l’heure de l’exhortation à la mobilité verte, et d’une gamme grandissante pour les petits cyclistes en herbe, on se dit qu’ils devraient être nombreux à se rendre à l’école – ou à l’entraînement, ou chez un copain – sur deux roues.

Un phénomène pour l’heure inexpliqué

L’enfant doit avoir acquis et compris les règles de base de la circulation avant d’être autorisé à rouler sur la route. (Photo: getty Images)
L’enfant doit avoir acquis et compris les règles de base de la circulation avant d’être autorisé à rouler sur la route. (Photo: getty Images)

Seconde désillusion. D’après l’Office fédéral de la statistique, la proportion de jeunes grimpant en selle pour se déplacer a même baissé de… 40% entre 1994 et 2005. Cela paraît incompréhensible. Au point d’ailleurs que l’OFROU (Office fédéral des routes) s’en inquiète et lance une étude pour comprendre le phénomène. On se réjouit d’en apprendre davantage, d’autant qu’en 2009 une étude de l’Association suisse des ingénieurs et experts en transports a dévoilé que près d’un enfant sur deux aimerait aller en classe à vélo, ou en tout cas de manière autonome. Et cette popularité, insistent ces experts actifs dans le privé comme dans le public, n’est pas suffisamment prise en compte dans l’aménagement du territoire et l’éducation au trafic. Du coup, les parents sont en droit de s’interroger: comment encadrer la pratique de la bicyclette chez l’enfant? Question d’autant plus pertinente lorsque l’on lit que certains établissements scolaires, comme le cycle d’orientation de Sarine-Ouest, à Avry-sur-Matran (FR), préfèrent déconseiller l’usage de la petite reine pour venir à l’école «en raison de la dangerosité du réseau routier régional».

Lorsque l’on se souvient aussi qu’il y a quelques semaines, le BPA (Bureau de prévention des accidents) a perdu la bataille du casque obligatoire chez les enfants: la Commission des transports du Conseil national a en effet renoncé à en imposer le port chez les moins de 14 ans, tout comme elle a supprimé un âge minimal (jusqu’alors il s’agissait d’attendre le début de la scolarité) permettant de circuler seul en selle.

Les capacités de l’enfant priment

En fait, l’idée est que ce sont les capacités de l’enfant qui priment, et non son année de naissance. Et que les premiers à pouvoir décider quand chérubin est prêt à s’élancer sur de (petites) routes pas trop fréquentées restent les parents.

Avec l’aide de Philippe Jaton, porte-parole de la police cantonale vaudoise, mais surtout longtemps actif dans la brigade cantonale de la circulation, reprenons: le premier petit vélo, sans pédales ou avec trois roues arrière, est à considérer davantage comme un jouet que comme un cycle. Il reste donc exclusivement sur le trottoir, où les piétons sont prioritaires (tout comme avec les trottinettes, rollers et autres skateboards d’ailleurs), ou dans les zones piétonnes et autres chemins dédiés. Il ne peut emprunter une piste cyclable, rouler dans une zone d’habitation à 30 km/h ou encore dans une zone de rencontre que s’il est accompagné d’un adulte.

En dessous de 8 à 10 ans, l’enfant ne paraît pas prêt à comprendre la complexité du trafic

Dès que l’enfant en est capable et qu’il s’agit d’une bicyclette équipée (freins, éclairage avant et arrière, catadioptres), il peut commencer à circuler sur la route. Mais à la condition expresse «qu’il ait appris les règles de circulation de base avec ses parents, qui l’auront accompagné et auront vérifié que ces compétences soient acquises». A l’image de l’enfant apprenant petit à petit comment traverser la route, l’autonomie doit se comprendre par étapes.

Charge également aux adultes de rappeler l’utilité du casque. De même en cas de fort trafic ou d’absence de piste cyclable, «l’enfant sera mieux sur le trottoir».

On rappellera également que le cycle doit être équipé d’un dispositif sonore, et d’éclairage à l’avant comme à l’arrière. Visibilité que l’on accentuera par la pose de dispositifs réfléchissants sur le vélo, le casque ou le sac à dos. Enfin, traverser une route sur un trottoir nécessite de mettre pied à terre. Et de redevenir, précisément, un piéton.

Auteur: Pierre Léderrey