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22 juin 2015

En vacances, laissez souffler vos enfants

Beaucoup de pédagogues militent pour que la période des congés se déroule loin des préoccupations scolaires. Cela favorise le repos des petits comme des grands sans exclure l’enrichissement personnel.

Un jeune homme en train de lire à l'ombre sur une plage
En choisissant eux-mêmes un roman, les enfants peuvent plus facilement prendre goût à la lecture, même en vacances. (Photo: Plainpicture)

Si, chez nos voisins français, 60% des enfants disent s’astreindre à des devoirs de vacances avec leurs parents, ils le font avec tellement peu d’assiduité que, pour beaucoup de psychologues, l’exercice est plutôt contre-productif.

Portrait de Georges Pasquier
Georges Pasquier (photo: Laurent de Senarclens)

Tel est aussi l’avis de Georges Pasquier, président du Syndicat des enseignants romands et lui-même au bénéfice non seulement d’une longue pratique de professeur, mais aussi de père et, désormais, de grand-père, avec quatre petits-enfants.

Les enfants arrivent souvent épuisés par la fin de l’année scolaire et par la chaleur, ils ont besoin d’un temps de repos.

Je fais partie de ceux qui pensent qu’il faut scolairement les laisser tranquilles pendant les vacances, à moins d’une quelconque nécessité.»

Redéfinir la relation parents-enfants

Les vacances doivent ainsi être synonymes de détente. On veillera donc à lâcher la pression au niveau des horaires.

Mais doivent-elles pour autant devenir synonymes de désert intellectuel? «Pas forcément. Il existe d’autres modes d’apprentissage, qui passent par les découvertes, le jeu, le voyage»

Hors d’un quotidien toujours stressant et chargé, la relation entre parents et enfants peut ainsi se vivre autrement. Bref, on vit autre chose à un autre rythme, en s’éveillant à d’autres expériences offrant un enrichissement très complémentaire à celui de l’école.

Les vacances constituent alors le moment privilégié de la transmission familiale, comme un contrepoint à la socialisation de l’école.»

Doper l’intellect par d’autres moyens

A Paris, Fabienne Ramond, conseillère pédagogique et auteur de «Comprendre et aider les enfants en difficulté», paru aux Ed. Dunod, va dans le même sens: «Je m’efforce d’expliquer aux parents que de laisser souffler les enfants ne signifie pas démissionner.» D’autant que l’on peut doper l’intellect, encourager au mouvement, initier à des activités culturelles, bref,

apporter à l’enfant de nouvelles compétences tout aussi importantes que les notions scolaires.

Et cela est aussi très utile pour l’estime de soi, la culture générale ou le travail de la mémoire.»

Mais que dire alors aux parents qui s’inquiètent de la capacité de leur progéniture à reprendre pied à la rentrée? «Qu’il faut lui faire confiance et que les ruptures de rythme restent importantes pour un jeune en plein développement. Il faut savoir relâcher la pression.»

Evidemment, si la demande de demeurer dans un semblant d’horaire ou de tâches scolaires vient de l’enfant lui-même, c’est autre chose.

A ce moment-là, c’est respecter sa liberté que de l’aider en ce sens.»

Auteur: Pierre Léderrey