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27 février 2012

«Engageons-nous vis-à-vis de la jeunesse»

Génération M regroupe plus de trente promesses faites à des enfants et des adolescents de toute la Suisse. Herbert Bolliger, président de la Direction générale Migros, nous en dit plus sur ce signal clair en faveur du développement durable.

Herbert Bolliger, président de la Direction générale Migros
Agir aujourd'hui pour le monde de demain: telle est la volonté d'Herbert Bolliger, président de la Direction générale Migros, avec le projet Génération M. (Photo: Paolo Foschini)

Qu’est-ce que Génération M?

C’est le trait d’union entre les divers engagements de Migros dans le domaine du développement durable. Les thèmes touchent presque toutes les facettes du quotidien: santé, consommation, emploi, environnement et société. Sous cet intitulé, nous voulons présenter tout ce que notre entreprise réalise pour le monde de demain.

C’est donc une liste des initiatives du distributeur?

Génération M ne se résume pas à une liste, car nous sommes avant tout actifs. Nous voulons encourager la consommation durable à travers nos produits et favoriser la santé de la population avec nos divers Fitnessparcs. Nous nous engageons vis-à-vis de la jeunesse d’aujourd’hui, la génération M justement, à réaliser des projets ambitieux dans ces domaines.

Cet engagement de Migros vis-à-vis du développement durable ne date pas d’hier. Qu’est-ce que Génération M apporte de plus?

Jusqu’ici nous avons toujours commencé par agir avant de communiquer sur nos initiatives. En témoignent de nombreuses actions comme le Pour-cent culturel, la réduction des émissions de CO2 ou la promotion des installations solaires. Aujourd’hui nous estimons qu’il est important d’être plus transparents en ce qui concerne notre stratégie de développement durable, comme nous le sommes déjà pour nos objectifs économiques. Avec Génération M, nous voulons expliciter clairement nos buts pour ces prochaines années.

Croyez-vous vraiment que les enfants vont s’intéresser aux promesses de Migros?

J’en suis convaincu, car il ne faut pas les sous-estimer. Même si les enfants ne comprennent pas tous les thèmes dans les moindres détails, ils en saisissent le principe et le soutiennent, à savoir: nous devons agir aujourd’hui, pour assurer notre qualité de vie de demain. Le point central dans Génération M est de toucher l’ensemble de la population.

Comment le concevez-vous dans la pratique?

Nous sommes conscients du fait que notre succès dépend du soutien que nos clients voudront bien accorder à notre engagement. C’est pourquoi nous lançons un appel à la population suisse pour l’inciter à prêter encore davantage d’attention aux questions d’environnement, de responsabilité sociétale et de santé lors de ses achats.

Et comment comptez-vous atteindre ces personnes?

Nous voulons favoriser l’échange, encourager l’initiative individuelle et nous adresser à tout le monde. C’est pourquoi nous misons beaucoup sur internet pour cette campagne, car ce canal nous offre à tous de meilleures possibilités de communication et d’échange. Nous souhaitons que tout un chacun réfléchisse à ce qu’il peut faire pour le monde de demain et échange ses expériences. Migros veut s’impliquer activement dans cette discussion, en acceptant aussi les critiques. Les avis pertinents des consommateurs, tout comme ceux des spécialistes, nous aident à progresser.

Migros commence sa campagne avec plus de trente promesses, auxquelles doivent s’en ajouter d’autres. Lesquelles vous tiennent le plus à cœur?

Ces nombreuses promesses montrent bien la variété de nos initiatives. Par exemple, je trouve courageux de la part de Migros de vouloir réduire la consommation d’énergie d’environ 10% jusqu’en 2020, et de diminuer de 20% supplémentaires ses émissions de CO2. Cet engagement montre à quel point nous prenons la question de la protection du climat au sérieux.

Une de ces promesses engage Migros à réduire de 10% l’impact environnemental de ses deux cent cinquante produits les plus vendus. Est-ce réaliste?

Nous sommes redoutablement efficaces quand nous avons un objectif devant nous. En ce qui concerne les emballages, nous avons déjà bien progressé dans cette initiative lancée il y a une année. Nous sommes ainsi parvenus à économiser mille tonnes de matériau et à en remplacer cinq cents par des éléments recyclés. L’engagement de M-Industrie est précieux à cet égard.

Durant ces trois prochaines années, Migros veut à nouveau offrir à 3300 jeunes la possibilité d’effectuer un apprentissage. Cet engagement est-il aussi réalisable?

Bien sûr. Cette promesse, nous la concevons comme notre contribution spécifique au système de formation exemplaire dont profite la Suisse. Je suis fier du fait que nous puissions donner à autant de jeunes la chance de bénéficier d’un bon départ dans leur vie professionnelle. En retour, Migros profite de la présence de cette relève, qui apporte du sang neuf à l’entreprise.

Plusieurs de ces promesses concernent aussi la production durable de matières premières. Quels progrès Migros peut-elle concrètement accomplir dans ce secteur?

Il nous importe d’améliorer encore plus la qualité des cultures conventionnelles, en particulier dans le secteur alimentaire. Il est de notre responsabilité de proposer des standards écologiques et sociaux pour l’ensemble de l’assortiment Migros, et ce, même si ces améliorations ne concernent pas forcément tous les produits. Nous sommes spécialement actifs dans les domaines du café, du cacao ou encore du coton. Nous nous efforçons, avec les partenaires compétents, d’imposer de bonnes conditions de travail, une utilisation responsable de l’eau ainsi qu’un emploi restreint des pesticides.

La santé est un thème central de Génération M, est-ce nouveau pour Migros?

Non, pas du tout. Nos centres de fitness apportent aujourd’hui déjà une contribution significative à la santé et nous disposons de bonnes compétences en matière de nutrition. Nous favorisons par ailleurs la course à pied, la lutte suisse et le ski, au moyen de toute une série de programmes, destinés notamment à donner le goût du sport aux enfants. En ce qui concerne notre assortiment, nous travaillons par exemple actuellement à diminuer la teneur en sucre de différents yogourts. Nous développons également notre offre dans le domaine de la restauration rapide à l’emporter avec le développement de produits plus légers et sains. Pour ne citer que quelques exemples.

Génération M nous oblige à nous dépasser.

Une entreprise qui importe autant de produits de Chine peut-elle légitimement se dire durable?

Oui. Sans l’Asie, nous ne serions pas en mesure de proposer une offre concurrentielle dans les rayons de l’électronique, des jouets ou des textiles. C’est notre devoir de nous développer commercialement en veillant autant que possible aux aspects sociaux et environnementaux. C’est pourquoi nous avons élaboré un code de conduite à l’usage de nos fournisseurs et que nous les aidons à le mettre en œuvre. Il faut de plus relever le fait que 98% des produits que nous importons d’Extrême-Orient et d’outre-mer sont acheminés par bateau.

Qu’attendez-vous concrètement de Génération M?

Notre fondateur Gottlieb Duttweiler a misé dès le début sur le développement durable. Ce thème n’est donc pas nouveau. Toutefois, il ne s’agit pas de nous reposer sur nos lauriers. Génération M donne une nouvelle force à notre engagement, relie nos différentes initiatives et nous oblige constamment à nous dépasser.

Auteur: Patrick Marcellin