Archives
23 septembre 2013

Ensemble contre le cancer

Championne olympique, Edith Wolf-Hunkeler se mobilise en faveur de la lutte contre le cancer du sein. Avec d’autres athlètes, elle lance un appel à la solidarité avec les femmes touchées par la maladie.

Edith Wolf-Hunkeler en course dans son fauteuil roulant
Edith Wolf-Hunkeler a de l’énergie à revendre non seulement en sport, mais aussi pour apporter son soutien aux personnes touchées par la maladie.

Etre victime d’un coup du sort: voici une situation que connaît trop bien Edit Wolf-Hunkeler. Devenue paraplégique il y a dix-neuf ans à la suite d’un accident, la femme âgée de 41 ans se déplace depuis en fauteuil roulant. «Une telle expérience vous rend forcément plus sensible au malheur des autres», confie-t-elle. Ainsi, lorsque la Ligue suisse contre le cancer lui a demandé de participer à l’édition 2013 de la campagne de lutte contre le cancer du sein, elle a accepté sans hésiter.

Le 13 octobre, la sportive accompagnera donc une marche de solidarité organisée à Winterthour. «Cet événement me tient très à cœur, assure-t-elle. S’il m’offre l’occasion d’aider ne serait-ce qu’une seule femme, je serais ravie de me joindre au cortège.» L’athlète se réjouit à la perspective de rencontres intéressantes et de discussions enrichissantes et s’attend à passer une journée très agréable. Elle est également convaincue que cette manifestation permettra d’éveiller quelques consciences. C’est justement l’un des buts de la marche.

La Ligue entend sensibiliser les femmes au cancer du sein afin de favoriser un suivi régulier, surtout dès la cinquantaine. Le dépistage précoce d’une tumeur maligne augmente en effet les chances de survie. Cette année encore, tout au long du mois d’octobre, l’association à but non lucratif invite le public à s’intéresser à cette maladie au moyen de diverses activités et prône la solidarité à travers la devise «Unis pour le tour du monde». L’idée est la suivante: il s’agit de former un ruban rose virtuel faisant le tour de la Terre, avec la contribution de toutes et de tous. Il est très facile de participer (lire l’encadré ci-contre). Chacun des kilomètres parcourus permet d’allonger un peu plus le ruban géant.

Une initiative soutenant à la fois les personnes saines et atteintes

Cet événement permettra peut-être aussi à certaines de découvrir le plaisir de l’activité physique: l’occasion de faire d’une pierre deux coups, car comme l’explique la Ligue, le sport réduit le risque de cancer du sein. Chez la femme, ce type de tumeur demeure le plus fréquent. En Suisse, la maladie frappe chaque année quelque 5500 femmes et une quarantaine d’hommes, entraînant 1300 décès. Le cancer du sein a touché une tante d’Edith Wolf-Hunkeler et emporté l’une de ses collègues de travail. «Sa mort m’a fait réfléchir, explique-t-elle. Depuis, je suis réellement consciente des risques. Je palpe mes seins plus souvent et j’effectue régulièrement des tests de dépistage. Mais le plus important, c’est de profiter de la vie!»

L’athlète sait de quoi elle parle, malgré son handicap. «Je peux dire que je suis heureuse, tout simplement, glisse-t-elle. Je sais apprécier ce que j’ai.» Son bonheur réconforte les gens, surtout ceux à qui la vie n’a pas fait de cadeaux. «Vous me donnez du courage», lui disent-ils, ou encore: «Si vous y êtes arrivée, je peux m’en sortir aussi!» La sportive est toujours très touchée par ces témoignages d’amitié, mais se refuse à donner des conseils: «Nous sommes tous différents, et chaque parcours personnel est unique», estime-t-elle. Toujours prête à tendre la main, elle apporte son soutien dans l’adversité. Et, quand il n’y a plus d’espoir, elle accompagne le malade jusqu’à la fin.

Edith respire la joie de vivre. Il y a trois ans, elle a donné naissance à sa fille, Elin. Avec sa famille, elle habite la région lucernoise, où elle s’occupe de son foyer et s’entraîne régulièrement. Bien qu’elle ait déjà presque tout gagné, remportant plusieurs fois les Championnats d’Europe et du monde ainsi que les Jeux olympiques, elle continue de se fixer de nouveaux objectifs et a bien l’intention de monter pour la sixième fois sur la plus haute marche du podium lors du marathon de New York. Et en 2016, aux Jeux de Rio de Janeiro, il faudra compter avec elle.

L’athlète parcourt chaque jour plusieurs kilomètres, «avec ou sans Elin, précise-t-elle. L’essentiel, c’est que je sois dehors. En tant que sportive, c’est très important pour moi.» Mais le 13 octobre, c’est sans sa fille qu’elle participera à la grande marche. «Ce jour-là, Elin sera en tête-à-tête avec son papa», dit-elle en souriant.

Auteur: Yvette Hettinger