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15 septembre 2014

Entre sport et biodiversité

Trouver un équilibre entre pratique du golf et création de biotopes, c’est possible. Du moins sur les parcours Migros.

Golfparc Otelfingen
Sur le Golfparc d’Otelfingen (ZH), les biotopes jouxtent le parcours.

Le Golfparc Migros à Otelfingen (ZH) est encore baigné par la rosée matinale. Une balle voltige dans les airs, longeant un biotope en un grand arc de cercle, avant de manquer de peu le green. Un joueur lève les bras au ciel, dépité. A quelques mètres de là, un chat fait la chasse aux souris dans la prairie maigre. Au loin, un héron cendré est sur le point de s’envoler.

Le plaisir du golf dans un environnement intact: c’est ce que propose Migros sur les six terrains qu’elle exploite en Suisse. Dans le cadre de Génération M, l’enseigne a promis de créer au moins 2,5 millions de mètres carrés d’habitats naturels pour les espèces animales et végétales d’ici à fin 2015. Elle compte y parvenir notamment via la mise en œuvre de mesures favorisant l’écologie et la biodiversité au sein de ses golfs.

Les tas de pierres, un habitat pour les reptiles

A Otelfingen, le jardinier Patrick Montagne et son équipe sont responsables de l’entretien des 920 000 mètres carrés d’espaces verts. La superficie totale est compartimentée selon la «règle des trois tiers»: un tiers maximum pour le parcours, les allées et les bâtiments; un tiers au plus pour les zones intermédiaires composées de prairies extensives; un tiers minimum pour les étendues naturelles abritant des biotopes.

Conseiller en écologie, Günther Gelpke a supervisé l’agrandissement d’un des golfs Migros.
Conseiller en écologie, Günther Gelpke a supervisé l’agrandissement d’un des golfs Migros.

La voiturette conduite par le jardinier fait un petit tour avant de s’arrêter devant un pré. Günther Gelpke, conseiller en écologie, descend du siège passager. Lors de l’agrandissement du complexe, c’est lui qui a organisé la végétalisation des surfaces vertes. S’il ne compte pas parmi les amateurs de golf, le spécialiste se réjouit néanmoins que le projet ait été planifié et réalisé dans le respect de l’environnement. «Le sol est maigre, ce qui favorise la biodiversité», explique-t-il en déambulant dans la prairie extensive. Plusieurs tas de pierres offrent de plus un refuge aux reptiles et aux lézards.

Johann Züblin, responsable adjoint du développement durable à Migros, considère lui aussi que le parcours de golf d’Otelfingen profite à la nature: «Avant, le terrain était accaparé par l’agriculture intensive.» De ce point de vue, la nouvelle affectation du site a permis de créer un réseau de surfaces naturelles de plusieurs centaines de milliers de mètres carrés propice à la biodiversité.

Retour dans la voiturette. Les aires de départ et les greens, qui représentent 2% de la superficie totale, sont les zones auxquelles le jardinier accorde le plus d’attention. Elles sont soumises à des directives strictes: Patrick Montagne rédige un rapport chaque fois qu’il utilise un engrais et fournit chaque année plusieurs analyses sur l’eau d’infiltration aux autorités cantonales. Dans les espaces naturels, le recours aux fertilisants est par ailleurs proscrit.

Les rapaces semblent se sentir à l’aise sur les terrains de golf Migros.
Les rapaces semblent se sentir à l’aise sur les terrains de golf Migros.

Le conducteur fait une nouvelle halte devant l’une de ces surfaces vertes. Une grenouille effrayée s’enfuit. Günther Gelpke s’émerveille en apercevant des parnassies des marais. Il a cependant un regret: «Nous voulions obtenir une prairie humide; le résultat est bien trop sec, mais il est impossible de prévoir avec exactitude le développement de ce type de zones. Au moins, la biodiversité est bien là.»

Les golfeurs ne peuvent marcher sous aucun prétexte dans les zones préservées – pas même pour récupérer une balle. Sur le chemin du retour, la voiturette longe un ruisseau renaturé. Perchée sur un poteau de bois, une buse fond sur une petite souris. Coup gagnant pour le rapace!

Photographe: Tanja Demarmels