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2 novembre 2015

L'as de la caméra volante

Pilote de drone, Eric Guyomard travaille aussi bien pour le cinéma, la télé, la pub que les entreprises. Il revendique sa passion pour ces engins accusés à tort, selon lui, d’atteinte à la protection des données.

Eric Guyomard photo
Eric Guyomard.

Un engin qui s’est banalisé

A la base photolithographe, «un métier qui n’existe plus», Eric Guyomard a aussi travaillé dans l’informatique. Jusqu’au jour où un ami lui annonce qu’il cherche des pilotes de drone pour sa nouvelle société. «Il m’a dit, je sais que tu pilotes bien les hélicoptères.» Modèle réduit s’entend, une passion qui le tient depuis l’enfance. Il y a quatre ans, il ouvre, à Savièse (VS), sa propre entreprise, «Drone- Solutions». Un engin qui depuis s’est fortement banalisé: «Des paysagistes l’utilisent, des journalistes aussi, ou monsieur et madame Tout-le-monde. Ils s’en servent à leur niveau, comme un amateur qui prend des photos avec un appareil automatique.»

Le regard aussi a changé. Eric Guyomard en veut aux médias, à «ces articles faciles qui présentent les drones comme une atteinte à la protection des données. Si vous voulez espionner votre voisin, achetez-vous une paire de jumelles, c’est beaucoup plus discret! Un drone, ça fait un boucan pas possible...»

Il travaille entre autres pour la RTS, sur des émissions comme, justement, Passe-moi les jumelles ou Un dîner à la ferme. Des multinationales, comme des offices du tourisme, des bureaux d’architectes ou de géomètres, ou des sociétés de production de publicités, figurent aussi parmi ses clients.

Une journée avec Eric Guyomard

8h: En marche «Trois fois par semaine environ je prends mes bâtons et je fais un peu de marche en montagne. Ce n’est pas vraiment une passion, juste un moment où l’on est avec soi-même, on regarde la nature, on vit le moment présent, sans téléphone.»

9h: Dans l’atelier «Ici je prépare les machines de la semaine, je charge les batteries, je fais les checks, les petits démarrages, pour contrôler que tout va bien avant de partir.»

10h: En route «La veille de départ en tournage je prépare le matériel, tout est paqueté, verrouillé, de manière à ce que le matin je n’aie plus qu’à charger la voiture et faire mes kilomètres. Là je pars pour tourner une pub à Biarritz avec un réalisateur américain et des filles qui font du skate. Un clip pour une grande marque française de téléphonie.»

11h: Sur le plateau «Sur le tournage je discute d’abord avec le réalisateur, pour savoir ce qu’il désire comme plans et l’on discute des lieux qu’il a repérés. Suivant la lumière et l’endroit, on tournera à telle ou telle heure. On discute aussi avec le cadreur. On peut bien sûr travailler sans, mais c’est difficile de frôler un bâtiment et en même temps réussir un joli cadrage.»

14h: En vol «Les gens pensent que le drone c’est toujours de la hauteur mais je fais aussi des plans très près du sol. Ça évite de mettre des rails par terre, on utilise beaucoup le drone pour les travellings, ça remplace aussi la grue. Le drone n’est rien d’autre qu’une caméra volante qui apporte du mouvement, de la localisation. Encore faut-il l’utiliser à bon escient et au bon moment. Des émissions presque entièrement tournées au drone, ça peut devenir lassant.»

17h: Une passion d’enfant «Je fais du modélisme depuis l’âge de 7 ans. Je fabriquais des maquettes d’avions ou de planeurs. Le milieu du modèle réduit est assez spécial, ce sont de grands enfants. J’ai tenu à une époque une boutique spécialisée et j’ai sponsorisé un jeune qui est devenu champion du monde.»

Texte © Migros Magazine – Laurent Nicolet

Auteur: Laurent Nicolet

Photographe: Isabelle Favre