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19 décembre 2011

Et si l’on faisait un don à Noël?

Les fêtes de fin d’année débordent de bons sentiments. C’est également la période à laquelle les associations reçoivent le plus d’argent. Décryptage et mode d’emploi.

Un jeune homme tient des cadeaux dans ses bras.
En 2009, les Suisses ont donné près de 1,5 milliards aux organisations d'entraide. (Photo: Alberto Coto)

Que ce soit pour un cadeau de Noël en forme de don, un simple geste généreux ou une réaction spontanée à une catastrophe naturelle, les Suisses ont davantage le cœur sur le porte-monnaie en fin d’année. «Beaucoup d’associations et de projets d’entraide organisent des récoltes de dons à cette période. C’est durant les derniers mois de l’année qu’ils reçoivent une grande partie de leurs gains», observe Martina Ziegerer, directrice de Zewo, l’organe qui certifie la bonne gestion des fondations et leur octroie un label de qualité équivalent à la norme ISO pour les entreprises.

Lorsqu’on a décidé de donner de l’argent pour une bonne cause, il s’agit de savoir laquelle. Et les possibilités sont multiples: de l’aide aux paysans de montagne à la scolarisation d’enfants en Afrique, le panel s’élargit chaque jour. Et le nombre d’escrocs aussi. C’est pourquoi Zewo recommande de bien se renseigner avant: quels sont les projets en cours? La fondation possède-t-elle le label Zewo? Un coup d’œil aux rapports annuels, pour ceux qui ont le courage de les lire, donne aussi de précieux renseignements.

Les plus de 50 ans sont les plus généreux.

Qui sont les généreux donateurs, qui ont versé 1,5 milliard en 2009 (chiffres 2010 pas encore dévoilés, lire encadré)? «Presque chaque foyer verse régulièrement de l’argent: deux tiers de manière régulière et plus de 80% lors de grandes catastrophes, comme le tsunami en Asie. Les personnes de plus de 50 ans sont plus généreuses que les plus jeunes, et les femmes davantage que les hommes», glisse la spécialiste. La part des montants versés par les entreprises se situe autour de 5%, mais dépend également des grands événements.

Une partie du don attribuée au fonctionnement de l’organisation

Les ONG reçoivent une grande partie de leurs gains durant les derniers mois de l'année. (Photo: Istockphoto)
Les ONG reçoivent une grande partie de leurs gains durant les derniers mois de l'année. (Photo: Istockphoto)

Concrètement, pour un don de 100 francs, en moyenne, 78 francs vont pour le projet lui-même, 14 couvrent les coûts logistiques et les 8 francs restants servent à la recherche de fonds. Méfiez-vous donc si une association vous garantit que l’entier de la somme versée sera utilisé sur le terrain.

Avec la multiplication des plateformes informatiques, effectuer une bonne action est devenu un jeu d’enfant; aux guichets de la poste par exemple, les bulletins de versement de la Chaîne du bonheur invitent à un don spontané. Sur les sites internet des organisations, un onglet Paypal vous propose de verser immédiatement un montant libre.

Les dons par SMS sont aussi monnaie courante. Et, dernière arrivée, une application Iphone et Android, Swiss Charity, permet de choisir une association selon ses propres critères, d’en lire une description puis, d’un clic, d’apporter sa contribution. Attention néanmoins: les téléphones portables peuvent inciter à l’impulsivité et provoquer un don spontané pour une cause sans en vérifier son bien-fondé.

Depuis quelques années, l’Etat a mis sur pied la possibilité de défiscaliser les dons afin d’encourager les gens à effectuer cette démarche. Ainsi, depuis 2006, il est possible de déduire ses dons jusqu’à 20% de son revenu pour l’impôt fédéral direct, à l’exception des dons pour des œuvres culturelles. Cela représente, pour une personne ayant un revenu net annuel de 80 000 francs, 16 000 francs attribués à des organisations.

Les cantons ont suivi et permettent de déduire jusqu’à 20% du revenu pour les personnes privées en Valais et à Fribourg, ainsi qu’à Genève, Vaud et Berne (avec un montant minimal de 100 francs). Dans le Jura, on peut déduire jusqu’à 10%, à Neuchâtel 5%. A noter que le temps investi ne peut, lui, pas être comptabilisé.

Les préférences en matière de dons changent.

Si Noël reste la période faste pour les dons, les Suisses sont très sensibles aux catastrophes naturelles. En l’an 2000, 74,2 millions avaient été versés pour venir en aide au petit village sinistré de Gondo, 66 millions pour Haïti après le tremblement de terre du 12 janvier 2010. «Lors de catastrophes, la solidarité est particulièrement exacerbée. Mais pour le reste, les préférences en matière de dons changent d’année en année», souligne Martina Ziegerer.

Tout un chacun n’a pas forcément les moyens financiers de soutenir une cause. Le bénévolat, «l’autre don», se développe toujours plus. En Suisse, l’an dernier, 32,9% des gens ont donné de leur temps à une organisation, durant 13,7 heures par mois, selon l’Office fédéral de la statistique.

Auteur: Mélanie Haab