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1 octobre 2012

Et si la réussite scolaire dépendait aussi des parents?

Avoir du succès à l’école est un enjeu de plus en plus lourd. Sur les épaules de l’enfant, mais aussi sur celles des parents. Les conseils d’Isabel Pérez, enseignante et responsable d’IP Coaching à Lausanne.

enfant réfléchissant
Le rôle des parents est de donner confiance à leur enfant et non de lui mettre la pression. (Photo: Keystone)

Bien sûr, ce serait un raccourci d’affirmer que les parents sont responsables de la réussite, ou de l’échec, scolaire de leurs enfants. N’empêche. L’attitude parentale n’est pas sans incidence et il va de soi qu’une maman ou un papa «qui arrivent à donner confiance, à donner un cadre et à soutenir, peuvent augmenter les chances de leur enfant», avance Isabel Pérez, responsable d’ IP Coaching et soutien scolaire à Lausanne et auteure du livre Mon enfant réussit sa scolarité (Ed. Favre).

Trop tôt pour parler de métier à un enfant. - Isabel Pérez, coach

A l’inverse, un comportement inadapté risque fort de faire des dégâts. Une des erreurs les plus courantes? Isabel Pérez répond sans hésiter: la pression trop grande mise sur l’enfant. «Dans cette époque de crise, où il est difficile de trouver du travail, les parents souvent inquiets pensent que les diplômes sont les garants d’un bon salaire. Et se font parfois trop insistants.» Se mettent à guetter les notes et à ressasser le même refrain: l’importance de réussir pour décrocher un bon métier. Un argument qui ne fait pas toujours mouche: «Parler du métier, c’est loin et pas toujours accessible pour un enfant. Ce n’est pas assez proche de sa réalité.»

Encourager la motivation

Parmi les attitudes constructives, mieux vaut encourager la motivation – à ne pas confondre avec la performance – de l’enfant. Qui, à l’approche des écueils, tend parfois à baisser les bras et mettre sa curiosité en berne. Quelques indices ne trompent pas: bobos imaginés ou maladies véritables, comme les récurrents maux de ventre, conflits quotidiens autour des devoirs, remarques des enseignants et notes en chute libre sont autant de signaux d’alerte. «Il faut chercher pourquoi il y a une perte de motivation. Est-ce dû à un changement de classe, d’enseignant? Y a-t-il eu un événement (divorce, maladie, etc.) qui a cassé le rythme de l’apprentissage?»

Reste alors à faire retrouver à l’enfant une motivation positive et intérieure. Autrement dit, une bonne raison d’aller à l’école et surtout le plaisir d’apprendre. «Il y a souvent un levier à chercher avec l’enfant, qui va faire le déclic. Certains, par exemple, fonctionnent très bien au challenge.»

La corvée des devoirs

De même, le rôle de parents ne se borne pas à une révision stricte des devoirs, lesquels ont vite tendance à tourner à la foire d’empoigne. Que faire? Idéalement, amener l’enfant à une autonomie cadrée. Ce qui signifie ne pas faire les devoirs à la place de l’enfant ni créer de dépendance, mais rester à disposition et contrôler que les tâches du lendemain soient faites. «Jusqu’au gymnase, les enfants ont besoin qu’il y ait une bouée de secours. Mais dès 11-12 ans, ils doivent faire leurs leçons tout seuls.»

Inutile d’être trop intrusif –«Quand les parents corrigent tout, les enseignants ne voient pas où l’élève a des lacunes» – et de céder au bachotage, en complétant chaque devoir par des exercices supplémentaires. «Mieux vaut reprendre ce qui a été fait à l’école, ce qui n’a pas été compris, plutôt que d’entasser de nouvelles fiches.»

Isabel Pérez
«Certains enfants fonctionnent bien au challenge» Isabel Pérez, coach.

Certains enfants fonctionnent bien au challenge. - Isabel Pérez, coach

Concrètement, Isabel Pérez préconise les devoirs faits dans la chambre, et non au salon ou dans la cuisine. Une façon d’amener l’enfant à se prendre en charge et à réfléchir par lui-même. C’est aussi l’occasion de lui aménager un coin bureau, avec du bon matériel et des livres de référence. Et d’éviter que l’enfant, plus tard, ne fasse ses devoirs couché sur son lit ou devant la TV.

Parmi les nouveaux outils, l’utilisation du dictaphone est une piste intéressante pour les révisions de vocabulaire, de même que certains sites internet qui permettent à l’enfant d’étudier seul et de manière plus ludique ( www.gomaths.ch ou biceps.ch pour les maths et www.fralleng.ch pour l’allemand).

Quant aux cahiers de vacances, même si une étude américaine a montré que les nombreuses semaines de temps libre, sans activité cérébrale, étaient contre-productives pour le développement intellectuel, Isabel Pérez plaide pour une vraie pause. «Les révisions, cahiers de vacances non corrigés et bourrés de fautes, ça donne bonne conscience aux parents, mais ça sert à quoi? Mieux vaut choisir des livres à la bibliothèque qui lui feront plaisir.» Un conseil assez sage pour éviter aussi que la relation parent-enfant ne tourne qu’autour de l’école.

Auteur: Patricia Brambilla