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9 février 2015

Et si on mettait l’alliance au pouce?

Dessin de deux alliances entrelacées qui s'embrassent
Portée à droite ou à gauche, une alliance reste le symbole d'une promesse solennelle.

«Avec cet anneau, je promets de t’aimer pour le meilleur et pour le pire.» Oui, certes. Mais à quel doigt passer l’anneau? A l’annulaire, bien sûr, celui qui, comme son nom l’indique, ne sert à rien d’autre. Et à gauche par chez nous, mais à droite dans les pays nordiques, germaniques. À droite souvent chez les protestants et à gauche chez les catholiques. Bon, au Moyen Âge, tout le monde le portait à droite. Et ce qui est marrant, c’est qu’il se passe à l’index chez les Hébreux et au pouce en Inde!

Les Grecs et les Romains pensaient que la veine de l’amour,vena amoris, rejoignait le cœur directement depuis l’annulaire gauche. D’où la logique d’y accrocher son alliance.

Mais la Bible disait le contraire: le côté droit est le bienfaisant. L’Eglise aime l’annulaire parce que c’est le troisième doigt (le pouce n’en serait pas vraiment un…) et que dans la cérémonie de mariage, le marié présente la bague à sa promise en annonçant «Au nom du Père» sur l’index, «au nom du Fils» sur le majeur, puis «et du Saint Esprit, Amen» sur l’annulaire.

L’explication des Asiatiques est plus mignonne: chaque doigt symbolise un être. Les pouces sont les parents, les index nos frères et sœurs, les majeurs nous-mêmes, les annulaires notre (nos?) partenaire(s), et les auriculaires nos enfants. Pour le prouver, un petit jeu: mettez vos mains paume contre paume. Pliez les majeurs vers l’intérieur, l’un contre l’autre. Essayez de séparer vos pouces. Facile. Vos parents ne sont pas faits pour passer toute leur vie avec vous. Puis les index. Idem. Les auriculaires: ça marche. Enfin, séparer les annulaires. Ah, ah! Impossible: les époux sont faits pour rester ensemble. Le taux de divorce reste incompréhensible!

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck