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24 novembre 2014

Etes-vous plutôt jogging ou running?

Toujours plus vite, plus longtemps et plus loin… La recherche de la performance remplacera-t-elle le bon vieux footing d’hier?

une femme fait du running
Le running prendra-t-il le pas sur le bon vieux jogging? (photo: Gallery Stock/Joson)

Alors que vous trottinez à votre petit rythme le dimanche matin, poussé par un sentiment de culpabilité face au repas copieux et bien arrosé de la veille, voilà qu’un ovni vous double à la vitesse de la lumière. A peine le temps de jeter un œil à sa paire de baskets flashy ultrasouples, assortie de son maillot high-tech anti-transpirant… et bien sûr de son capteur de fréquences cardiaques relié à un smartphone, lui-même fixé au biceps.

Si autrefois la majorité des adeptes de course à pied pratiquait cette discipline d’abord pour se maintenir en forme, ils sont de plus en plus nombreux désormais à opter pour une forme plus intense. C’est ainsi que le jogging d’hier passe le relais à un autre style de course, souvent défini par ce nouvel anglicisme de «running». Les statistiques de Google prouvent la tendance: le mot «running» a été recherché cinq fois plus souvent que «jogging» les douze derniers mois en Suisse.

La distinction entre ces deux formes de course n’est pourtant pas si évidente à établir. Elle aurait plutôt à faire avec l’état d’esprit des sportifs: «Il y a d’un côté les personnes qui courent uniquement dans le but de se maintenir en forme, explique Gérald Gremion du Centre de médecine du sport du CHUV. Et de l’autre celles qui cherchent sans cesse à améliorer leurs performances.»

Des gains qui ont tendance à se tasser rapidement

Reste à savoir si cette course plus rapide permet d’accroître davantage son capital santé. «Si une personne ne pratique aucune activité physique et qu’elle se met à faire du jogging, le gain sera significatif», répond le médecin, également à la tête du Swiss Olympic Medical Center. Mais la courbe entre performance physique et gain pour la santé a tendance à rapidement se tasser.

A partir d’un niveau moyen, les bénéfices pour notre corps sont toujours plus difficiles à atteindre.»

Quant aux risques, ils concernent avant tout les personnes trop impatientes. «Dans notre société où tout va très vite, on pense pouvoir commencer la course à pied et six mois plus tard s’inscrire à un marathon! Or notre corps a besoin d’au minimum deux à trois ans d’entraînement avant de se lancer un tel défi.»

Si les problèmes cardiovasculaires sont des «exceptions», les blessures apparaissent le plus souvent au niveau des articulations.

La course à pied entraîne 2,5 à 8 blessures pour 1000 heures de pratique.»

Une activité qui reste donc très sûre, en comparaison avec le football, premier sport collectif en Suisse.

© Migros Magazine – Alexandre Willemin

Auteur: Alexandre Willemin