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19 août 2013

«L’anglais reste la langue étrangère numéro 1»

Eurocentres est l’un des principaux organisateurs de séjours linguistiques au monde. Michael Gerber, son directeur, nous livre ses réflexions sur l’importance de s’immerger dans d’autres cultures à l’heure d’un monde globalisé.

Michel Gerber lors de l'entretien dans son bureau
Michael Gerber, qui dirige la fondation Eurocentres depuis quinze ans, attache une grande importance au suivi individuel des étudiants.

En mars de cette année, Eurocentres a ouvert une deuxième école de langues à Londres. Ne devriez-vous pas plutôt vous orienter davantage vers le mandarin?

Je tiens d’abord à préciser que nous proposons également des cours à Pékin. Mais le fait est que l’anglais demeure la langue étrangère numéro 1, et cela n’est pas près de changer.

Qu’est-ce qui vous permet de l’affirmer?

Tout d’abord des raisons pratiques: l’anglais est une langue relativement facile à apprendre. Dans l’environnement mondialisé d’aujourd’hui, il reste essentiel pour pouvoir s’imposer à l’échelle internationale, surtout pour les PME et les multinationales telles que les banques et les grands groupes industriels. Il est en outre indispensable pour tout parcours universitaire.

Ne pensez-vous pas qu’à moyen terme, les Chinois feront prévaloir l’importance de leur langue du fait de leur poids économique croissant?

S’il s’agissait là du seul critère, les locuteurs du japonais seraient aujourd’hui bien plus nombreux, vu qu’il y a seulement quelques années, le pays était la deuxième puissance économique mondiale. Il faut aussi savoir qu’à l’intérieur même de la Chine, on parle plusieurs langues et d’innombrables dialectes. Cela n’est pas une question d’hégémonie culturelle mais un fait: l’anglais est tout simplement la lingua franca des temps modernes. D’ailleurs, nous avons beaucoup d’étudiants chinois qui souhaitent apprendre cette langue.

D’où viennent vos étudiants?

Quelque 30% d’entre eux sont originaires d’Europe, et autant d’Amérique latine et d’Asie. Le Moyen-Orient et le reste du monde représentent 10% de notre clientèle. Actuellement, nous comptons au total 10% de Suisses parmi nos étudiants.

Chaque année, environ 12 000 personnes d’une centaine de nationalités s’inscrivent à nos cours de langues.

En quoi Eurocentres se démarque-t-elle des autres écoles de langues?

Nous bénéficions de près de septante ans d’expérience et offrons aujourd’hui un savoir-faire unique. Nos experts ont apporté une contribution essentielle au développement du Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR), un système d’évaluation des compétences linguistiques. Ses règles ont été définies par le Conseil de l’Europe, auprès duquel nous exerçons régulièrement une fonction consultative. Nous venons d’ailleurs d’être à nouveau sollicités pour développer certains domaines du CECR.

Qu’est-ce qui différencie votre méthode d’enseignement des autres programmes dispensés par les écoles concurrentes?

Nous attachons plus d’importance que la plupart des autres écoles au suivi individuel des étudiants. En plus des cours, ces derniers reçoivent un soutien personnalisé. Ils discutent par exemple régulièrement des progrès réalisés avec leur enseignant. En fonction de leurs besoins, des mesures spécifiques leurs sont en outre proposées et des priorités leur sont fixées afin d’atteindre les objectifs pédagogiques. Cette méthode permet d’obtenir des résultats supérieurs à la moyenne. Bien entendu, nous utilisons également les technologies les plus modernes dans le cadre de la formation.

De quelle technologie parlez-vous?

Eurocentres défend la philosophie du Blended Learning qui combine cours traditionnels en classe et e-learning. Cette technologie s’est d’ailleurs pleinement développée avec my.eurocentres, notre nouvelle plateforme en ligne intelligente. Outre une classe virtuelle comprenant diverses offres d’e-learning, cet outil propose un suivi permanent des progrès réalisés et met à disposition des élèves des informations utiles d’ordre général ou portant sur les activités de l’école choisie .

Êtes-vous également présents sur les réseaux sociaux?

Oui. Les utilisateurs de la plateforme peuvent par exemple organiser des rencontres virtuelles et communiquer via Facebook. Avec my.eurocentres, le séjour linguistique commence avant même le début des cours et certaines fonctionnalités restent accessibles longtemps après la fin de la formation. Certains éléments de la plateforme sont en outre disponibles sous forme d’applications pour smartphones. Aucune offre similaire n’existe actuellement.

Elèves d'une école Eurocentres en pause.
Les élèves ont aussi droit à une pause de temps en temps!

Un séjour à l’étranger est à la fois chronophage et onéreux. Un cours intensif de plusieurs mois dans son propre pays n’est-il pas suffisant?

Après le gymnase, j’étais capable de traduire et d’expliquer un texte français complexe (Michael Gerber est de langue maternelle allemande, ndlr). Mais quand je me suis rendu en France quelque temps plus tard, je me suis rendu compte que j’étais incapable d’acheter du pain dans une boulangerie. Au terme de mes études, mes séjours linguistiques m’ont toutefois permis de trouver un emploi en Suisse romande.

Les connaissances scolaires ne suffisent donc pas?

Les étudiants des Eurocentres sont hébergés par des familles soigneusement sélectionnées et ont donc la possibilité de découvrir la culture du pays d’accueil, ce qui est primordial. Ils sont aussi amenés à côtoyer d’autres étudiants venus de tous les continents et bénéficient ainsi d’une ouverture exceptionnelle sur le monde.

Est-ce si important?

Oui, les étudiants se familiarisent ainsi avec les principaux traits des différentes nationalités. Or à l’ère de la mondialisation et de la libre circulation des personnes, ils ont de fortes chances d’être amenés à travailler avec des collègues étrangers. Eurocentres pose ainsi les bases d’une collaboration fructueuse.

Vous accueillez des étudiants issus d’une centaine de pays. Cela pose-t-il parfois certains problèmes?

Les Suisses, par exemple, ont parfois du mal à tolérer que les Brésiliens arrivent en retard. Mais généralement, au bout de quelques jours, ils comprennent qu’il ne s’agit pas là d’un manque de respect:

Les séjours linguistiques nous ouvrent toujours de nouveaux horizons.

Envisagez-vous d’ouvrir des écoles Eurocentres dans les pays émergents, par exemple au Brésil?

A l’heure actuelle, la question ne se pose pas car la demande est relativement faible pour le portugais. Je souhaite cependant offrir l’opportunité à un maximum de personnes d’apprendre une ou plusieurs langues étrangères.

Le réseau d’écoles va-t-il donc s’étoffer?

Il me tient à cœur de rendre notre offre accessible à un maximum de personnes. Nous prévoyons ainsi d’ouvrir des établissements proposant des cours d’anglais dans certains des pays dont sont originaires nos étudiants.

Auteur: Christoph Petermann

Photographe: Ueli Christoffel