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29 mars 2016

Evian, une balade en eau douce

Aujourd’hui comme à l’époque de sa splendeur, la localité haut-savoyarde s’apprécie en lien étroit avec le lac Léman dont elle est restée l’un des joyaux.

Située à quelques 
encablures de la frontière, Evian-les-Bains offre ravissement et bien-être.
Située à quelques encablures de la frontière, Evian-les-Bains offre ravissement et bien-être.

Choisir si possible une journée ensoleillée. Et impérativement prendre un bateau de la Compagnie générale de navigation du lac Léman (CGN). L’arrivée à Evian-les-Bains (F) s’apparente à un enchantement que d’autres destinations très touristiques de Haute-Savoie, comme Annecy, peuvent légitimement lui envier. Le surnom qu’elle aime se donner de «Perle du Léman», pour mémoire le plus grand lac d’Europe occidentale, prend tout son sens en contemplant l’amphithéâtre de la petite cité baignée par les eaux et adossée aux contreforts des Alpes.

Du début de son essor, tout est une histoire d’eaux. A commencer par la plus célèbre des eaux minérales aujourd’hui embouteillée dans la – vraisemblablement – plus grande usine spécialisée du monde située dans la commune voisine de Publier. «Son espace visite, fermé depuis plusieurs années, a été entièrement repensé et devrait rouvrir en 2017», explique notre guide Frédérique Alléon de l’Office du tourisme d’Evian.

Mais l’on peut tout aussi bien se contenter, comme nous, d’aller voir la source Cachat à l’avenue des Sources. Parmi les nombreuses sources qui émergeaient à Evian, celle-ci porte le nom du propriétaire du jardin dans lequel, en 1790, un comte auvergnat fuyant la Révolution (Evian faisait alors partie du duché de Savoie) se désaltéra à une fontaine lors d’une promenade.

Souffrant de calculs rénaux, le comte Jean Charles de Laizer constate une amélioration de sa santé alors qu’il en boit régulièrement.

Des médecins en prescrivent la consommation, le brave monsieur Cachat commence à vendre son eau, bientôt aidé par des banquiers genevois et lyonnais. La longue histoire de l’eau d’Evian commence avec le succès que l’on sait. Aujour­d’hui encore, l’eau coule de la fontaine en permanence à 11,6 degrés et les Evianais viennent y remplir leurs bouteilles.

Une rue piétonne animée

On peut ensuite descendre la ruelle du Griffon de Cachat – «le griffon étant le lieu de captage d’une source», comme nous l’apprend notre guide – et se retrouver au cœur de la rue piétonne (rue Nationale), où se trouvent nombre de boutiques et où se tient un marché d’été très animé chaque mardi et vendredi matin. Edifiée en 1903 par l’architecte Jean Hebrard, la buvette Cachat est un chef-d’œuvre de l’Art nouveau abritant de mai à septembre une exposition sur les produits de la marque Evian, racontant notamment son histoire et son développement.

Avec ses larges bâtisses de part et d’autre, la rue Nationale n’a qu’un gros défaut: le soleil n’y pénètre que fort peu. Et ce matin, il faut arriver en son dernier tiers pour trouver la seule terrasse offrant de déguster un café au soleil, celle du Muratore, vieille brasserie bien connue de l’endroit.

La visite historique est facilitée par un itinéraire balisé au sol par d’élégantes gouttes qu’il suffit de suivre. L’eau, encore. «En plus des plans-guides disponibles à l’office du tourisme, nous travaillons sur une application» , précise Frédérique Alléon.

Parmi les monuments immanquables, il y a la Villa Lumière. Ancienne résidence d’été de la famille lyonnaise du même nom, cette belle villa de style classique abrite l’Hôtel de Ville depuis 1927. L’intérieur, tout en dorures, moulures et parquets précieux, plaira aux amateurs de style chargé. Tout comme le Palais Lumière, avec son imposante façade blanche face au lac. Edifié à l’aube du XXe siècle, l’endroit abrita les thermes jusqu’au tournant des années 80 avant de devenir un espace culturel et de congrès une fois racheté et rénové par la Ville.

Pour une ville d’à peine 9000 habitants, Evian-les-Bains impressionne par l’importance de ses monuments historiques. Mais c’est assurément au rythme de la flânerie que la cité lacustre se découvre le mieux. A commencer par une indispensable balade au bord du Léman, arpentant tout ou partie d’un circuit allant du centre nautique au port de plaisance, très fréquenté en belle saison par de nombreux amateurs de navigation.

© Migros Magazine - Pierre Léderrey

Auteur: Pierre Léderrey