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24 février 2014

Facebook ou Twitter, faut-il choisir?

Préférer l’un des deux principaux réseaux sociaux s’apparente bientôt à une question métaphysique, propre à scinder l’humanité en deux camps irréconciliables. Témoignages et résumé du match.

Dessin d'un homme s'appuyant contre arbre regorgeant d'oiseaux chantant et donc les bulles sont replies de logos des divers réseaux sociaux
Un choix unilatéral s'impose-t-il vraiment?

Twitter ou Facebook, Facebook ou Twitter? Dans la jungle narcissique et bavarde des réseaux dits sociaux, le choix peut sembler délicat. Sauf à considérer que tout cela, c’est blanc bonnet ou bonnet blanc. Que, d’ailleurs, rien n’oblige à choisir. Que l’un peut renvoyer à l’autre, tout comme l’autre à l’un. Un facétieux twitto (n.d.l.r: utilisateur de Twitter)se moquait récemment du réseau Facebook, qu’il qualifiait «d’endroit idéal pour lire une deuxième fois les tweets».

Sauf que l’inverse se révèle tout aussi exact, la twittosphère grouillant de liens menant à une page Facebook. Pire ou mieux, c’est selon, Twitter teste en ce moment une nouvelle interface qui ressemblerait furieusement à celle de Facebook.

Il n’empêche: opter pour l’un ou pour l’autre pourrait bien être révélateur d’une mentalité, d’un rapport au temps et à la communication, très différents. Sans parler d’un penchant naturel pour l’emphase ou au contraire la concision.

Une propagation virale de l’info au risque de tout mélanger

Souvenons-nous de ce mémorable commentaire twitté en août 2012, en pleine déchéance du cycliste Armstrong, après des pages et des pages d’analyses et de récits poignants: «On va bientôt apprendre qu’il n’a pas marché sur la lune et n’a jamais joué de la trompette». La question Twitter ou Facebook rejoint la longue cohorte des grands dilemmes métaphysiques: pomme ou poire? Blonde ou brune? Avec ou sans glaçons?

Et eux, comment réseautent-ils?

1. Etes-vous plutôt Facebook ou Twitter?

2. A quoi ça vous sert?

3. Combien de temps y passez-vous par jour?

4. Utilisez-vous d’autres réseaux sociaux?

Quentin Mouron, écrivain: «Facebook est plus intime...»

Portrait de Quentin Mouron
Quentin Mouron, écrivain

1. Plutôt Facebook, qui me plus semble plus intime et qui permet de traiter et montrer plus de sujets. On peut certes écrire de très belles choses en 140 signes mais je suis quand même plus à l’aise quand j’ai davantage de place à disposition. Mon dernier livre traitait des réseaux sociaux et Facebook permet d’observer les gens, qui dévoilent beaucoup d’eux-mêmes, sans aller jusqu’à dire qu’ils se donnent en spectacle. Je vais aussi un peu sur Twitter, que je trouve plus mécanique, plus impersonnel.
2. J’utilise Facebook par exemple pour partager un livre que je suis en train de lire ou un groupe que j’ai découvert. Aussi comme plate-forme de promotion pour mes ouvrages. Je m’en sers un peu comme d’une place publique où tout le monde est accepté. Twitter vient après, en soutien, pour renvoyer à ma page Facebook. J’ai dû commencer en 2008, au gymnase, parce que deux ou trois camarades s’y étaient mis. Plus donc par suivisme au début que par réelle conviction.
3. Les réseaux sociaux prennent vite du temps. Je n’en suis pas encore à devoir me discipliner: pendant la journée j’ai heureusement assez d’autres choses à faire. Disons que j’y passe en moyenne une demi-heure en soirée.
4. Non, à part Instagram, et surtout à titre privé pour partager des photos de soirée.

Voir aussi le site internet de Quentin Mauron

Liliane Maury Pasquier, conseillère aux Etats (PS/GE): «Entretenir un seul réseau social»

Portrait de Liliane Maury Pasquier
Liliane Maury Pasquier, conseillère aux Etats (PS/GE)

1. Uniquement Facebook. Mais il s’agit surtout d’une question d’opportunité. Quand j’ai commencé, il y a sept ou huit ans, Twitter n’en était qu’à ses balbutiements, tandis que Facebook était déjà bien implanté. Plus tard, j’ai envisagé d’ouvrir un compte Twitter, mais entretenir un seul réseau social prend déjà suffisamment de temps. Et le public de Facebook correspond davantage à celui que je vise.
2. Il s’agit principalement d’une plate-forme pour mes activités politiques. D’ailleurs, je me suis inscrite sur Facebook lors de ma campagne électorale, sur les conseils de mes enfants. Ils me disaient que ça valait la peine, qu’il fallait que je sente ce monde-là. Mais il m’arrive aussi de parler d’un coup de cœur pour une pièce de théâtre ou pour une chanson.
3. Je me suis fixé comme règle d’y aller au moins une fois par semaine, davantage si le temps me le permet. Mais je ne poste pas systématiquement quelque chose.
4. Non, principalement par manque de temps.

Voir aussi le site internet de Liliane Maury Pasquier

Darius Rochebin, journaliste Radio télévision suisse (RTS): «Un formidable accélérateur»

Portrait de Darius Rochebin
Darius Rochebin, journaliste Radio télévision suisse

1. Les deux! Facebook touche un public très large, les grands-mères aussi bien que les étudiants, toutes les classes sociales. C’est précieux quand nous cherchons un témoignage pour le 19h30. Twitter touche moins de monde, mais c’est un lien en direct avec le public. J’y suis attentif aussi pendant le journal. Plusieurs fois, j’ai pu répercuter une question ou amener une correction grâce à un tweet.
2. C’est un formidable accélérateur, dans tous les domaines. Pour sentir l’air du temps et repérer des tendances, des infos ou des vidéos marquantes. Pour le journaliste, c’est une mine d’informations. Idem pour la vie privée. Quand j’adresse des condoléances ou des félicitations pour un mariage, quand je redemande un numéro de portable etc., tout se fait plus vite.
3. Difficile à dire, les réseaux sociaux finissent par se fondre dans le quotidien. Et il faudrait aussi calculer le temps gagné: tous les petits problèmes qui se règlent en 20 secondes par un message Facebook.
4. Pas pour l’instant. Il faut du temps pour installer son réseau. Je me rappelle avoir commencé pendant un voyage à Venise. J’ai toute de suite adoré, mais aussi ressenti le paradoxe: avoir le nez sur son smartphone, alors qu’il fallait profiter chaque minute de la beauté d’une ville réelle.

Stéphanie Zwicky, comédienne, chroniqueuse et blogueuse de mode: «Je suis connectée en permanence»

Portrait de Stéphanie Zwicky
Stéphanie Zwicky

1. J’alimente mes comptes Facebook, Twitter et Instagram en parallèle, le but étant d’attraper la lectrice là où elle se trouve et d’être accessible au plus grand nombre de personnes.
2. J’ai ouvert mon compte Facebook en 2007 pour promouvoir mon travail dans le monde de la mode. Encore aujourd’hui, je ne l’utilise qu’à des fins professionnelles, je n’ai pas de page privée. Comme les photos sont accessibles directement, sans avoir à cliquer nulle part, il s’agit d’un relais indispensable pour mon blog. Mon activité sur mes comptes Instagram et Twitter – auxquels je me suis mise plus tardivement – est plus personnelle, plus variée. Il m’arrive de retweeter des infos sur des personnes que je suis.
3. Je suis connectée en permanence avec mon téléphone portable, c’est indispensable dans mon travail. Je ne peux pas me permettre d’aller sur les réseaux sociaux qu’une seule fois par jour. En tant que blogueuse, je dois me tenir informée des nouvelles tendances pour être prête à les relayer, et pouvoir réagir si on me pose une question.
4. Tous les soirs, je vais sur Pinterest (ndlr: un réseau de partage de photos) afin de trouver des sources d’inspiration. Je me remplis la tête de nouvelles idées.

Voir aussi le blog de Stéphanie Zwicky, Big Beauty

Des réseaux à la pelle

Facebook et Twitter n’ont qu’à bien se tenir: la concurrence s’annonce de plus en plus rude! Petit tour d’horizon des réseaux qui cartonnent.

L’option Google
Soucieux d’offrir à ses utilisateurs son propre réseau social, le géant Google a lancé en 2011 Google+ permettant de partager textes, photos et vidéos et de s’abonner à des flux de nouvelles.

Un Facebook plus intime
Partager son quotidien... Oui, mais uniquement avec ceux dont vous êtes le plus proche. Avec sa limite à 150 contacts, Path (lien en anglais) permet un plus grand respect de votre vie privée.

Image publicitaire de Pheed montrant la tête un homme  vu de dos, se tenant ses mains tatoutées derrière la tête, et le nom Pheed.
Image publicitaire de Pheed

Le nouveau Twitter
Avec une interface ressemblant beaucoup à celle de Twitter, Pheed (lien en anglais) est l’un des réseaux de prédilection des jeunes pour partager humeur, photos, sons et vidéos.
Dans la même lignée: remportant un joli succès, les applications Vine (lien en anglais) et Vidd permettent également le partage de vidéos.

A vos questions!
Vous ne reconnaissez pas un acteur sur votre petit écran? Prenez-le en photo et posez votre question sur Jelly (lien en anglais): un de vos contacts aura peut-être une réponse... Et à votre tour, éclairez la lanterne d’autres utilisateurs sur des thèmes qui vous sont plus familiers. Dans le même style: Ask (lien en anglais) vous encourage à poser des questions indiscrètes à vos contacts, et Getmerated (lien en anglais) permet de soumettre ses photos à l’évaluation d’autres utilisateurs.

Ce message s’autodétruira...
Envoyez instantanément vos photos et vidéos les plus délirantes à vos amis via Snapchat! (lien en anglais). Leur durée de vie: 10 secondes max. A priori donc, aucune inquiétude de les voir exposées à la vue de tous à votre insu... En terme de messagerie instantanée, What's App, qui vient d'être rachetée par Facebook, est l’application de référence et Line (lien en anglais) permet aussi d’envoyer textes, photos, sons et vidéos à vos contacts.

Image publicitaire Urturn avec une femme posant contre un mur et un moblie affichant la même scène.
Image publicitaire Urturn

100% helvète
Développé par une start-up lausannoise, Urturn fait la part belle à l’expressivité en permettant à ses utilisateurs de personnaliser à l’infini leurs photos, en créant des collages et en y ajoutant des légendes et de la musique.

Pour vous y retrouver
Pour jongler entre tous vos réseaux sociaux, Flipboard (lien en anglais) réunit en une seule interface les contenus de Facebook, Twitter et autres...

Sans oublier bien sûr
Plus anciens mais toujours aussi populaires, Instagram (lien en anglais) permet de prendre rapidement des photos et de les partager, et aussi de leur appliquer des filtres et de commenter les clichés d’autres utilisateurs. Flickr reste une plate-forme très prisée par les photographes amateurs et pro, et dans un registre moins ludique, Linkedin s’avère indispensable pour qui veut cultiver son réseau professionnel.

© Migros Magazine – Tania Araman et Laurent Nicolet

Auteur: Tania Araman et Laurent Nicolet

Photographe: François Wavre, Loan Nguyen, Jeremy Bierer, Christian Lindemann (illustration)