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27 janvier 2014

FAIF: Migros s'engage pour un réseau ferroviaire performant

Migros, le plus important client de CFF Cargo, est tributaire d’un système ferroviaire performant. Toutefois, un réseau routier bien développé est tout aussi central. Bernhard Metzger, responsable transport à Migros, nous en dit plus.

transfer d un container migros sur un wagon cargo
Une synergie
 indispensable:
 les réseaux
 ferroviaire 
et routier doivent se compléter. (Photo: SBB CFF FFS)
portrait de Bernhard Metzger sur fond neutre
Bernhard Metzger est le responsable de la Direction Logistique Transport Migros.

En Suisse, le chemin de fer joue un rôle central. Cependant, l’entretien et l’aménagement d’un système de plus en plus sollicité s’avèrent très coûteux. Le Conseil fédéral entend garantir un investissement suffisant dans ce secteur via un fonds dédié. Le 9 février, la population helvétique se prononcera sur le projet de financement et d’aménagement de l’infrastructure ferroviaire (FAIF).

Bernhard Metzger, quelle est l’importance de la votation du FAIF aux yeux de Migros?

Nous sommes depuis des années le plus gros client de CFF Cargo. L’an dernier, nous avons fait transporter 1 million de tonnes de marchandises par le rail, ce qui représente plus de 75 000 wagons. Nous sommes attachés à la qualité du réseau ferroviaire et donc pour la mise en œuvre du FAIF. Mais l’intitulé «Financement et aménagement de l’infrastructure ferroviaire» est quelque peu trompeur.

Dans quelle mesure?

L’aménagement n’est pas l’unique objectif du FAIF. Dans un premier temps, il s’agit d’assurer l’entretien du réseau existant. Sur les 6,4 milliards de francs alloués au fonds de financement de l’infrastructure d’ici à 2025, 60% seront consacrés à l’entretien, et seulement autour d’un quart à l’aménagement. La Suisse possède un système ferroviaire de premier ordre dont elle doit prendre soin. Le FAIF permet d’apporter cette garantie.

En 2013, les retards et les dysfonctionnements dans le transport de passagers se sont multipliés. Cette tendance s’est-elle également fait sentir dans le transport de marchandises?

Les trains de fret circulent essentiellement de nuit. Ils sont certes soumis à des horaires, mais ces derniers sont moins précis et donc moins sensibles aux perturbations que ceux du transport de voyageurs. Mais même dans ce secteur, nous nous heurtons à certaines limites.

Viendrait-on à bout de ces difficultés en aménageant le réseau?

On supprimerait par ce biais un certain nombre de goulots d’étranglement. Selon la Confédération, la construction d’une double voie sur la ligne Neuchâtel-Bienne pourrait permettre d’éliminer chaque année 100­ 000 trajets de poids lourds, un chiffre encourageant. Reste à savoir si ce transfert de la route au rail sera effectivement concrétisé.

La branche logistique fait-elle preuve de mauvaise volonté en la matière?

Pas du tout. Mais le chemin de fer ne peut pas satisfaire à lui seul tous les besoins de transport. Cette impossibilité tient d’une part à l’infrastructure, d’autre part aux coûts et aux restrictions temporelles. Actuellement, la majeure partie du fret passe par la route, et cela ne va pas changer du jour au lendemain.

Quelles sont donc, selon vous, les transformations à privilégier?

Nous avons besoin de réseaux ferroviaire et routier performants. Des moyens suffisants doivent être débloqués, à l’image du FAIF, pour assurer l’entretien des infrastructures ainsi que l’aménagement des routes. Le Conseil fédéral en a pris conscience et travaille à la mise en place d’un fonds pour les routes nationales et le trafic d’agglomération (FORTA).

Auteur: Andreas Dürrenberger