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13 mars 2017

Faut-il mieux protéger les forces de l'ordre?

De récentes émeutes ont laissé plusieurs policiers sur le carreau. La tension monte entre casseurs organisés et agents. La justice est-elle trop clémente pour les fauteurs de troubles? Une pétition et deux initiatives ont été lancées pour durcir la loi.

police berne
Des affrontements ont opposé la police à des squatteurs à Berne le 22 février dernier (photos: Lukas Lehmann / Keystone).

Une vague de violences a accompagné l’ouverture du carnaval un peu partout en Suisse. Comme si l’occasion de faire la fête était aussi celle de renverser l’ordre établi. Et surtout de casser du flic.

Pour rappel, à Berne, une manifestation près du centre autonome de la Reithalle a dégénéré il y a quinze jours. Frondes, lasers dans les yeux, projectiles. Bilan: dix policiers blessés et 100 000 francs de dégâts.

Le même week-end, Bâle et Monthey étaient également les théâtres d’échauffourées contre les forces de l’ordre. Confettis et éclats de verre: plusieurs agents ont dû être hospitalisés.

La tendance est nette: les actes de violence contre la police ont triplé en quinze ans. Mais les sanctions contre les agresseurs n’ont pas changé: les personnes inter- pellées sont généralement relâchées quelques heures plus tard et ne risquent qu’une sanction pécuniaire.

«Il faut durcir la loi, les jours-amendes ne sont pas assez dissuasifs. Si l’Etat ne protège pas les policiers, qui peut le faire? La situation doit changer», lance Johanna Bundi Ryser, présidente de la Fédération suisse des fonctionnaires de police (FSFP), qui espère un vrai soutien politique.

Deux initiatives parlementaires des conseillers nationaux Marco Romano (PDC/TI) et Bernhard Guhl (PBD/AG) ont justement été lancées. Toutes deux vont dans le même sens et demandent une modification de l’art. 285 du code pénal: une peine de détention de trois jours au minimum contre les responsables. Est-ce suffisant? 


A votre avis

Robin, 19 ans, Lausanne

«Protéger la police? Bizarre, c’est à elle de faire régner la loi. Beaucoup de citoyens n’aiment pas la police, mais sans elle, ce serait le chaos. Il faudrait davantage d’effectifs policiers.»

Tiziana, 46 ans, Lausanne

«On devrait mieux protéger les policiers. La moindre erreur de leur part est montée en épingle sur les réseaux sociaux. On leur demande beaucoup et on ne leur donne pas assez.»

Damien, 32 ans, Lausanne «On oublie que les policiers sont aussi souvent pris à partie. Ils doivent rester zen même quand on leur fonce dessus. Ils méritent un peu plus d’attention. C’est un métier difficile!»

Auteur: Patricia Brambilla