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10 mai 2016

Festival de Cannes: l'envers du décor

Mercredi 11 mai, coup d'envoi de la 69ème édition du plus prestigieux des rendez-vous du 7ème art. Pour la première fois, Migros Magazine s'est glissé au cœur de l'événement. Suivez au jour le jour les impressions de notre journaliste.

Interview de Bérénice Bejo
Interview de Bérénice Bejo

Cannes, le 15 mai, 17h05

Cannes, pour moi, c'est terminé. Retour ce soir dans notre chère Helvétie. Mais le séjour se termine en beauté! Contre toute attente, j'ai réussi... à prendre un selfie avec une star! Si, si, je ne mens pas. La preuve, la voilà!

Selfie avec Ryan Gosling!
Selfie avec Ryan Gosling!

Vous le reconnaissez? Eh oui, il s'agit bien de Ryan Gosling! On va bien ensemble, non? Bon, j'ai l'air un peu plus contente que lui, je vous l'accorde. Et il y a son garde du corps qui est venu s'incruster sur la photo (il doit être un peu jaloux, le pauvre). En plus, on est assez éloigné l'un de l'autre... Que dire? Il est certainement timide, ce garçon. Faut que je regarde s'il n'a pas glissé son numéro de téléphone dans mon sac à main.

Ok, ok, je vous l'accorde, ce n'est pas le meilleur selfie de l'histoire des selfies... Mais vous en avez, vous, d'abord, un selfie avec Ryan Gosling? Non? Bon. Je dois avouer que j'ai eu de la chance: lorsque j'ai vu que la conférence de presse du film «The Nice Guys» était sur le point de s'achever, je suis allée me poster devant la sortie avec les autres groupies... euh, personnes intéressées par le long-métrage présenté, je veux dire. Ryan Gosling s'est gentiment prêté un moment au jeu des photos et des autographes et j'ai été la dernière à bénéficier d'un selfie...

Souvenirs de Cannes
Souvenirs de Cannes

Bref, avec cette cerise sur le gâteau, je peux quitter le Festival le cœur léger! Et avec le plein de souvenirs...

Et pour ne pas faillir à la tradition, voici le bilan de cette ultime journée:

  • Nombre de stars aperçues après une conférence de presse: 2 (Ryan Gosling et Russel Crowe - le pauvre, je ne l'ai pratiquement pas regardé...)
  • Nombre de stars croisées à moins d'un mètre: 2 (Bérénice Bejo et Ryan Gosling)
  • Nombre de selfie avec une star: 1 (vous voulez que je vous redonne son nom, ou vous avez compris qui c'était?)
  • Nombre d'interviews effectuées: 1 (avec Bérénice Bejo, intéressante et passionnée)
  • Nombre de films visionnés: 1 («Chouf», de Karim Dridi, sur les gangs de la drogue à Marseille: un bon film, mais assez dur)
  • Balade sur la Croisette: 0 (même s'il faisait beau, je n'ai pas eu le temps)
  • Question: comment je vais vivre sans mon badge moi? Je peux le porter aussi en Suisse, dites?

Allez, à l'année prochaine, j'espère!

Cannes, le 14 mai, 22h50

Bilan de cette quatrième journée:

  • Nombre de stars aperçues: 2 (Ken Loach – que j'ai fait plus qu'apercevoir – et Steven Spielberg)
  • Nombre de stars croisées à moins d'un mètre: 1 (Ken Loach, en interview)
  • Nombre de poignées de main échangées avec une star: 1 (toujours Ken Loach)
  • Nombre d'interviews effectuées: 1 (Ken Loach... au cas où vous ne l'auriez pas encore compris)
  • Descente des marches: 1 (celle de l'équipe du nouveau film de Steven Spielberg, «Le bon gros géant»)
  • Nombre de films visionnés: 1 («L'économie du couple», de Joachim Lafosse, avec Bérénice Bejo: puissant, sobre et merveilleusement bien interprété)
  • Balades sur la Croisette: 2 (une sous le soleil, une sous la pluie: décidément, ce n'est plus ce que c'était, le temps dans le sud de la France...)
  • Temps passé à attendre devant l'Hôtel Marriott la sortie d'une éventuelle star sans savoir laquelle parce que d'autres gens attendaient: 20 minutes (et finalement, je n'ai vu personne...)
  • Constat: zut, je repars déjà demain... Je commençais vraiment à me faire à la vie cannoise.
  • Question: la nuit, je rêve du festival. C'est grave, Docteur?

P.S. Vous avez vu, je n'ai même pas parlé des badges cette fois...

Cannes, le 14 mai, 15h45

Le Carlton à Cannes (FR).
Le Carlton à Cannes (FR).

Au programme aujourd'hui, interview avec Ken Loach! Au-delà de ma satisfaction professionnelle de journaliste, étant une grande admiratrice de l'homme et de son œuvre, je ne suis pas peu fière! C'est donc d'un pas énergique que je m'engage sur la Croisette, sous un soleil retrouvé. Direction: le Carlton!

Oui, bon, l'interview a lieu dans un hôtel derrière le Carlton, mais dit comme ça, ça en jette plus! Quoique l'hôtel en question est lui aussi assez cossu. Dans le parc attenant, l'équipe du film est dispersée, répondant aux questions des journalistes télé. Après m'être annoncée (et avoir découvert l'endroit où aura lieu l'interview , une charmante terrasse), j'observe Ken Loach qui, à l'issu d'un entretien, aide à remettre en place chaises et canapés. Vous en connaissez beaucoup, vous, des stars qui feraient ça? Mon estime pour l'homme, déjà bien élevée, ne cesse d'augmenter.

Le parc dans lequel Ken Loach rencontre les journalistes.
Le parc dans lequel Ken Loach rencontre les journalistes.

Je vais m'installer avec mes confrères (tchèque, grecque, belge, portugais, italien et j'en passe) à la place qui nous est dédiée. Rapidement - et surtout ponctuellement (mon côté suisse ne peut s'empêcher de le remarquer) - l'attaché de presse arrive avec Ken Loach. Qui nous salue tous - nous sommes dix - d'un gentil sourire et d'une franche poignée de main. (J'ai touché une star, j'ai touché une star, j'ai touché une star!!!!)

L'interview peut commencer. C'est à qui posera sa question en premier. Mais, courtois, nous essayons de ne pas trop nous interrompre. Et quand je prends enfin la parole, IL me regarde droit dans les yeux pour me répondre. Non pas que je sois troublée par l'homme (il a 80 ans quand même), mais c'est quand même Ken Loach! Forcément, son cinéma étant très ancré à gauche, la discussion prend souvent une tournure politique. Ses réponses sont passionnantes, engagées, pertinentes. Je suis séduite!

Interview de Ken Loach.
Interview de Ken Loach.

Mais déjà le temps qui nous est imparti (30 minutes, pas une de plus, le prochain groupe de journalistes attend son tour) est écoulé. Ken Loach prend congé de nous. Reste le souvenir... et l'enregistrement, en espérant que je ne me sois pas plantée avec la technique!

Cannes, le 13 mai, 22h45

Bilan de cette troisième journée:

  • Nombre de stars aperçues: 4 (Ken Loach, Fabrice Luchini, Juliette Binoche et Valeria Bruni-Tedeschi)
  • Nombre de stars croisées à moins de cinq mètres de moi: 1 (toujours Ken Loach: j'étais au deuxième rang à la conférence de presse, donc tout près. Si, si, ça compte! Et je le verrai de plus près encore demain lors de l'interview! Il y aura quelques journalistes avec moi, mais quand même! )
  • Nombre d'interviews décrochées: 0 (mais bon, j'en ai déjà deux de prévues, c'est pas mal, non?)
  • Nombre de films visionnés: 0 (je me suis faite refouler à la projection de "L'économie du couple", un film avec Bérénice Bejo, que je vais rencontrer dimanche. Séance de rattrapage demain)
  • Balade sur la Croisette: 0 (il faisait pas tant beau aujourd'hui)
  • Montée des marches: 1 (celle de l'équipe de Ken Loach, que j'ai vu sortir de la voiture, puis remonter dans la voiture parce qu'il était arrivé trop tôt, et revenir dix minutes plus tard...)
  • Descente des marches (ben oui, il faut bien qu'elles redescendent après la projection du film, les stars): 1 (celle de l'équipe du film "Ma Loute", avec Fabrice Luchini, Juliette Binoche et Valeria Bruni-Tedeschi)
  • Temps passé juchée sur une échelle pour admirer lesdites montée et descente des marches: 1 heure (sans tomber!)
  • Constat: je me rends compte qu'en croisant des gens dans la rue ou dans le Palais des Festivals, je ne regarde pas leur tête mais la couleur de leur badge (une obsession, je vous dis...)

Cannes, le 13 mai, 16h40

Ce matin, grande surprise, seuls quelques journalistes patientaient sagement pour la conférence de presse du film de Ken Loach «I, Daniel Blake». Moi qui m'y étais justement prise à l'avance pour éviter toute déconvenue – et qui était persuadée d'avoir enfin compris le système – j'étais presque déçue! C'est qu'au fil des jours – il me semble que cela fait une semaine que je suis là! – j'en suis venue à apprécier ces moments d'attente, à comparer mes expériences du festival avec mes confrères de Russie, d'Italie, d'Asie, d'Australie. A râler contre les organisateurs qui décidément, auraient pu prévoir une salle plus grande. A parler 7ème art.

Sur la Croisette, tous les moyens sont bons pour obtenir une invitation.
Sur la Croisette, tous les moyens sont bons pour obtenir une invitation.

Voilà d'ailleurs un aspect bien plaisant de l'aventure: les rencontres. Hier soir, j'ai croisé la route de Julie, une jeune étudiante française en cinéma. Elle fait partie de cette faune un peu à part qui peuple le parvis du Palais des Festivals. Cherchant, à grand renfort de pancartes, à obtenir une invitation pour une projection. Souvent vêtus de leurs plus beaux atours au cas où cette dernière aurait lieu dans le prestigieux Grand Théâtre Lumière. Pour Julie, la quête s'est avérée fructueuse. Après avoir poireauté une heure seulement – et sans, contrairement à certains, danser parmi les voitures pour attirer l'attention – elle a décroché le Graal: une place pour la séance de film «Howards End», en présence de l'actrice Vanessa Regdrave.

La queue pour assister à la vision de presse du film de Ken Loach, "I, Daniel Blake"
La queue pour assister à la vision de presse du film de Ken Loach, "I, Daniel Blake".

Elle a eu de la chance. Car même en tant que journaliste, on ne sait jamais trop à quoi à s'attendre. Si jusqu'à maintenant j'ai pu assister à toutes les séances qui m'importaient, ce n'était parfois pas gagné d'avance. Comme hier lorsque je me suis retrouvée sur un strapontin pour voir «I, Daniel Blake», alors que j'occupais une place de rêve – au centre et devant – le matin-même pour «Money Monster». Pourtant, la conférence de presse du second a attiré bien plus de monde que celle du premier. Bref, les voies des dieux de Cannes sont impénétrables.

Cannes, le 12 mai, 23h58

Bilan de cette deuxième journée:

  • Nombre de stars aperçues AVANT une conférence de presse: 3 (Jodie Foster, Julia Roberts et, bien entendu, George Clooney!)
  • Nombre de stars croisées à moins de cinq mètres (enfin, peut-être six ou sept) de moi: 2 (le réalisateur anglais James Ivory et la magnifique et mythique Vanessa Redgrave lors de la projection du classique "Howards End" en version remasterisée)
  • Nombre d'interviews décrochées: 1 (rendez-vous ce samedi avec le réalisateur Ken Loach!)
  • Nombre de films visionnés: 3 (l'excellent "Money Monster", l'émouvant "I, Daniel Blake", de Ken Loach justement - qui m'a arraché une larme ou deux - et "Howards End", un bijou)
  • Balade sur la Croisette: 1 (sous le soleil et dans le vent)
  • Constat: à Cannes, il ne faut pas être allergique aux files d'attente... (davantage plus tard à ce sujet)
  • Question qui me taraude depuis hier: les stars ont-elles aussi besoin d'un badge pour entrer dans le Palais des Festivals? Et si on ne les reconnaissait pas? (Oui, je sais, je suis un peu obsédée par cette histoire de badge...)

Cannes, le 12 mai, 15h45

Looking for George

Défi du jour: rencontrer George Clooney. «Money Monster», le nouveau film de Jodie Foster dans lequel il officie, est en effet au programme au Festival en ce jeudi 12 mai.

Première déception: la presse suisse n'a obtenu aucune interview avec l'équipe du film. Je n'aurai donc pas le plaisir de m'asseoir à la même table que lui. Un brin dépitée, je m'attarde devant un Nespresso Café. Sait-on jamais... Bredouille (comme c'est étonnant...), je cours me glisser dans la salle où ils projettent le film: au moins, je le verrai sur grand écran!

En attendant George devant le Café Nespresso
En attendant George devant le Café Nespresso.

Et il le crève, l'écran! D'ailleurs, il n'est pas le seul: le film est drôle, haletant. Oserais-je même avouer que, sans la présence de Clooney, je l'aurais (presque) tout autant apprécié?

Mais revenons aux choses sérieuses! Une fois la séance terminée, je reprends mon but de la journée: LE voir en vrai. Tous mes espoirs reposent à présent sur la conférence de presse. Certes, je serai entourée de centaines de journalistes, mais je suis d'accord de partager... Je tremble à l'idée que, affluence de journalistes oblige, mon petit badge jaune ne me suffise pas à obtenir une place en ce lieu sacré. D'autant que la queue est encore plus dense qu'hier pour la présentation du jury. Le suspense est à son comble...

Avec cette queue, c'est mal parti pour accéder à la conférence de presse.
Avec cette queue, c'est mal parti pour accéder à la conférence de presse.

En attendant le verdict, je discute avec un confrère, russe cette fois-ci: Egor a 20 ans et c'est aussi sa première fois à Cannes. Je suis un peu jalouse, il a un badge bleu, c'est-à-dire un cran au-dessus de moi (il vient de la télé, c'est pour ça...). Lui, c'est Steven Spielberg qu'il rêve de rencontrer. Il commence par contre à perdre un peu espoir quant à notre accès à la conférence de presse de «Money Monster». Même si je tente de le (me) rassurer, je n'y crois plus guère moi-même...

Le couperet vient de tomber: c'est complet! Enfer et damnation. Ne me reste plus qu'à m'agglutiner avec le reste des journalistes malchanceux devant l'entrée de la salle afin de voir passer l'équipe du film. Derrière moi, un photographe semble avoir décidé d'utiliser mon oreille pour caler son objectif. Heu... vous dites si je vous gêne!

Ça aurait été mieux en vrai, non?
Ça aurait été mieux en vrai, non?

Voilà Jodie Foster! Et Julia Roberts! Et George Clooney!!! Non, je ne m'évanouirai pas... D'ailleurs, je n'aurai pas le temps, ils sont déjà partis. Snif! Juste le temps de tourner un minifilm que je chérirai jusqu'à la fin de mes jours... Ne me reste plus qu'à me rabattre sur la diffusion de la conférence de presse au Wifi Café. Quant à George, peut-être le croiserai-je par hasard dans Cannes et le convaincrai-je de prendre un selfie avec moi. On y croit!

Cannes, le 11 mai, 22h30

Bilan de cette première journée:

  • Nombre de stars aperçues lors d'une conférence de presse: 9 (les membres du jury)
  • Nombre de stars croisées à moins de cinq mètres de moi: 0 (mais je ne désespère pas!)
  • Nombre d'interviews décrochées: 1 (rendez-vous ce dimanche avec Bérénice Bejo!)
  • Nombre de films visionnés: 1 (Café Society, le nouveau Woody Allen: toujours un régal...)
  • Nombre de contrôles à l'entrée du Palais des Festivals: 4 (sécurité oblige)
  • Balade sur la Croisette: 0 (pas encore eu le temps: au fait, c'est peut-être là que je rencontrerai des stars...)
  • Dilemme: 1 (faut-il suivre la montée des marches tranquillement sur grand écran depuis la salle de presse ou se mêler à la foule pour vraiment vivre l'événement (quitte à ne rien voir du tout?)
  • Principal constat: ce n'est pas parce qu'on a un badge presse qu'on a les meilleures places...
  • Bilan: Cannes en live, c'est cool mais épuisant, excitant mais parfois frustrant, magique mais bordélique.
  • Highlight prévu pour demain: la conférence de presse du nouveau film de Jodie Foster... avec George Clooney (encore faut-il que j'y ai accès – lire le post précédent sur la hiérarchie des badges)!
Montée des marches: tous les moyens sont bons pour apercevoir les stars.
Montée des marches: tous les moyens sont bons pour apercevoir les stars.

Cannes, le 11 mai, 15h40

Première conférence de presse au Palais des Festivals. Même avec mon badge récupéré ce matin à mon arrivée à Cannes - mais au fait, il se cache où le soleil? - c'était pas gagné d'avance! Ainsi qu'un confrère français me l'explique dans la file d'attente devant la salle de presse, nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne. La couleur jaune de mon précieux sésame indique que je me trouve... en bas de l'échelle! Comme l'accès aux événements s'effectue par un système de priorité, il est fort possible que je reste sur le carreau!

Voilà qu'on appelle justement les badges bleus: mon confrère, plus chanceux, disparaît derrière la porte. Et moi alors? Siouplé, Monsieur de la sécurité, vous me faites entrer? Yes! Ils viennent d'autoriser l'accès à dix personnes supplémentaires: j'en fais partie! Je vais enfin pouvoir voir des stars!

Il s'agit en fait de la présentation des membres du jury. Parmi eux, Vanessa Paradis, Kirsten Dunst, Donald Sutherland - dont l'humour fait mouche à chaque fois qu'il prend la parole - et Mads Mikkelsen, cet acteur danois au charme inquiétant.... Bref, du beau monde! Me voilà dans l'ambiance... Et même si je me perds encore dans les méandres du Palais des Festivals - 10 minutes pour trouver les toilettes - je commence à me sentir chez moi!

Bon, je cours voir le dernier Woody Allen...

L'affiche du Festival de Cannes édition 2016. (© FDC / Lagency / Taste (Paris) / Ingrid Bergman © David Seymour / Estate of David Seymour / Magnum Photos)
L'affiche du Festival de Cannes édition 2016. (© FDC / Lagency / Taste (Paris) / Ingrid Bergman © David Seymour / Estate of David Seymour / Magnum Photos)

Lausanne, le 10 mai 2016, 16h30

Demain, je m’envole pour Cannes! Des années que j’en rêve… Fouler le tapis rouge aux côtés des plus grandes stars, gravir élégamment les marches, passer mes journées à regarder des films en avant-première, interviewer Woody Allen ou Pedro Almodovar (et pourquoi pas les deux?), siroter un cocktail avec George Clooney/Javier Bardem/Brad Pitt (ne rien biffer) sous le soleil de la Croisette…

Heu… On se calme, et surtout on arrête de divaguer! Premièrement, j’y vais pour travailler. Si, si. Et je compte bien aborder cette expérience avec un grand professionnalisme (et ne pas défaillir si je rencontre effectivement George Clooney). Deuxièmement, se frayer un chemin dans l’univers impitoyable du Festival de Cannes , même pour une journaliste, c’est moins facile qu’il n’y paraît. Décrocher un entretien en tête à tête avec une star? Mission impossible! A moins, certainement, de travailler pour une prestigieuse chaîne de télé. Pour la presse ordinaire, c’est en groupe que nous pouvons espérer rencontrer Steven Spielberg ou Julia Roberts. Et encore. Il s’agit d’abord de contacter l’attaché de presse du film représenté (presse internationale bien sûr: si vous appelez le responsable de la presse française, vous risquez fort de vous faire envoyer sur les roses…), de patienter jusqu'à ce qu’il veuille bien vous communiquer le nom du distributeur suisse, de manifester votre intérêt auprès de ce dernier, de prier pour que les interviews tombent pendant votre présence à Cannes, et d'attendre, attendre, attendre une éventuelle confirmation… Qui pour l’heure n’est pas arrivée. Mais je ne perds pas espoir!

Autre déception: la cérémonie d’ouverture n’est pas accessible aux journalistes. Ou du moins pas à tous. En tout cas pas à moi. Je n’aurai qu’à la suivre depuis la salle de presse. M’en fiche: de toute façon, ce sera toujours mieux que sur la télé de mon salon, na! Qui a besoin de voir en vrai la nouvelle robe de Marion Cottillard ou de Juliette Binoche? Et puis, plutôt que de poser toujours les mêmes questions à des acteurs blasés, ce sera infiniment mieux de vous raconter les tribulations d’une journaliste à Cannes. Non?

Texte © Migros Magazine – Tania Araman

Auteur: Tania Araman