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6 juin 2016

FiiO, et la musique nomade devient hi-fi

Essai du dernier-né de la marque chinoise, le X5 seconde génération. S’il ne procure aucune claque esthétique, il séduit par des performances auditives haut de gamme pour un prix encore intéressant.

Le FiiO X5 de deuxième génération séduit davantage pour ses 
qualités auditives qu’esthétiques. (Photo: DR)

On nous a fait croire avec le CD que la qualité audio était meilleure qu’avec le vinyle. Ce que tout le monde savait inexact. Avec les formats de compression numérique, c’est naturellement bien pire encore.» Dixit Jean-Michel Jarre, le pionnier-gourou de la musique électronique qui signe un retour fracassant avec son double album au générique somptueux.

Pour les ingénieurs du son, gagner de l’espace mémoire en réduisant drastiquement les données sonores ressemble à un jeu de massacre. Evidemment, dans un train avec un smartphone et un casque bon marché, la qualité suffira à beaucoup. Pour les autres, la riposte s’organise. Depuis le Pono de Neil Young, les «baladeurs audiophiles» et sites proposant de la musique en «Hi-Res» comme Quobuz se multiplient.

La firme chinoise FiiO marque des points avec une gamme de DAP (Digital Audio Player) permettant la lecture de fichiers non compressés de qualité à un prix plus ou moins démocratique. L’objet du test est donc la deuxième génération du FiiO X5, sorti il y a deux ans et qui avait marqué les esprits en tant que baladeur audio HD de qualité avec un excellent rapport qualité-prix. Seuls gros hics épinglés par beaucoup: une trop grande présence des basses et un look de tank de série B, un peu comme si FiiO avait voulu sortir une version moche d’un vieil Ipod.

L’allure générale n’est toujours pas très élancée et l’engin pèse son poids, mais la robe en aluminium (couleurs titane, doré ou noir) et la molette centrale redessinée font leur petit effet. Et on pourra toujours se dire que l’aspect massif et le poids de ce pavé rectangulaire rassurent sur sa solidité. Les menus ont été améliorés, mais pour un engin dédié au plaisir musical, les principales évolutions se doivent d’être invisibles et auditives.

On pourrait dérouler le bagage technique, évoquer la désormais double horloge de synchronisation numérique, la paire d’oscillateurs ou la sortie numérique coaxiale.

Mais à l’écoute, quel intérêt par rapport à votre smartphone, voire votre vieil Ipod? Faisons simple: c’est évident dès le moment où vous encodez vos morceaux dans un format sans compression. Apple propose le bien nommé Apple Lossless Audio Codec (ALAC), il en existe d’autres comme le FLAC ou le WMA chez Windows. Il faut naturellement une bonne bande passante et de la place en termes de mémoire.

Pas de souci de ce côté-là, le FiiO X5 MK2 accepte deux cartes micros USB jusqu’à 128 gigas. De même, il est très facilement accepté comme un disque dur externe par n’importe quel Mac ou PC. Il existe même une procédure pour qu’il soit directement reconnu dans Itunes. Et, dès le moment où vous possédez un bon casque, entendre de la musique où chaque instrument est enfin détaillé, où la sensation d’espace et de profondeur s’avère bien supérieure. Sans trop de basses, cette fois.

Amplitude et profondeur

Cependant, un bon baladeur audio HD fait même la différence avec de la musique stockée dans un format pas trop destructeur, par exemple du eAAC+ chez Apple. Pour au moins une bonne raison: un excellent DAC (Digital Analog Converter). En gros, ce qui permet de convertir le signal digital (la musique stockée) en signal analogique (ce que diffuse votre casque) grâce à un amplificateur de casque très performant. Par rapport au son un peu désincarné et froid délivré par un smartphone, voilà le retour de l’amplitude et de la profondeur des basses. Un peu comme si vous passiez, à volume égal, d’un concert de flûte traversière au milieu d’un champ à une vraie salle acoustique.

En mode domestique, la sortie line out/coaxiale donne également d’excellents résultats lorsque le FiiO est relié à un bon amplificateur et de bonnes enceintes.

FiiO X5 2nd gen, Fr. 359.– sur digitec.ch

Auteur: Pierre Léderrey