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16 novembre 2014

François Perraudin, au cœur d'un Valais habité

Loin du folklore et des clichés, François Perraudin a parcouru la plaine du Rhône. Pour un livre et un film racontant les passions valaisannes.

François Perraudin a plusieurs cordes à son arc: guide, skieur, photographe, vidéaste, journaliste spécialisé dans les métiers de montagne et auteur de plusieurs livres.
François Perraudin a plusieurs cordes à son arc: guide, skieur, photographe, vidéaste, journaliste spécialisé dans les métiers de montagne et auteur de plusieurs livres.

Ce titre, «Valais Passions», lui trottait dans la tête depuis longtemps. Guide, skieur, photographe, vidéaste, journaliste spécialisé dans les métiers de montagne, auteur de plusieurs livres, notamment sur la Haute Route, le Bagnard François Perraudin quitte cette fois les sommets enneigés pour une tout autre aventure. C’est en réalisant un mandat pour la promotion économique – une banque d’images sur les entreprises valaisannes – que l’idée lui est venue. Descendre le Valais à pied, de Gletsch à Saint-Gingolph durant six semaines, suivre cette plaine du Rhône, lui jusqu’alors plus au fait des vallées latérales.

A l’arrivée, un livre et un film, et les portraits d’une cinquantaine de passionnés à la tête d’entreprises, d’établissements ou d’institutions, à travers lesquels se dessinent, au-delà des clichés et du folklore, les contours d’un «Valais habité». Englobant aussi bien l’industrie, les technologies que l’agriculture, la culture, la viticulture, l’environnement ou le tourisme. «Ce qui m’intéressait, raconte-t-il, ce n’étaient pas tellement les processus économiques, pas non plus les aspects techniques, mais plutôt l’humain, la question posée à chacun: qu’est-ce qui vous anime?»

Une journée dans la vie de François Perraudin

8h méditation

François Perraudin en train de méditer en position du lotus.

«C’est mon rituel du matin, trente minutes d’immobilité où j’essaie de faire le vide. La machine humaine est faite pour penser et elle pense dès qu’elle est réveillée. Il importe donc de prendre du recul, de ne pas accorder trop d’importance aux constructions psychologiques, aux univers fictifs qu’on peut se bâtir, et où l’on noircit ou embellit trop les choses.»

9h Au bureau

François Perraudin à son bureau

«Plus le bureau est petit, moins on a de cheni! L’ordinateur, j’y passe beaucoup de temps, pour les textes bien sûr. Mais le plus impressionnant, c’est tout ce qu’on peut faire en cinéma avec une petite bécane.»

11 h Une profession

Une paire de skis.

«Je suis venu à la montagne par les skis. Je ne fais pas d’héliporté, de la rando, plutôt de la Haute Route, des week-ends cool. J’ai la chance d’avoir de la clientèle dans tout le canton. J’emporte chaque fois ma caméra, c’est comme ça que naissent des idées, des projets, comme le livre sur la Haute Route.»

14h L'art de la rencontre

François Perraudin et sa caméra.

«Souvent on ne passe pas assez de temps avec les gens, on se dit, allez bon, on se boit un café un de ces jours, et en réalité on ne se voit jamais. Pour le livre, c’étaient des rencontres d’au moins une demi-journée. Les gens aiment bien parler de leurs passions, mais ils se dévoilent rarement tout de suite, cela vient avec le temps, avec le partage.»

17h L'apéro à Fully

François Perraudin avec Benoît Dorsaz, vigneron.

«Benoît Dorsaz est très bon pédagogue, il explique très bien son travail de vigneron. Ce qui m’intéressait pour le livre, c’était l’arrière du décors, toutes les opérations d’encavage qu’on connaît mal. Sans être en bio, il en reste très proche. Les labels ne sont pas significatifs, ce qui l’est, c’est la qualité de ses vins.»

Le livre

la couverture du livre valais passions de françois perraudin

«La plaine du Rhône est très urbanisée certes, mais 70% des Valaisans y vivent et la population a augmenté d’un quart. Il faut bien loger tous ces gens. Le Valais n’est plus essentiellement agricole et viticole. L’agriculture et la viticulture, même si elles imprègnent encore l’image du canton, ne génèrent plus ensemble que 1,7% du PIB valaisan.»

Le temps qui passe

Une horloge de la clinique de réadaptation suva à sion en valais.

«Le fait de parcourir le Valais à pied apporte une autre valeur: le temps. Il faudrait pouvoir photographier le temps. Comment faire? J’ai pris cette image à la Suva, la clinique de réadaptation, c’est un pensionnaire qui a fabriqué cette horloge. Pour moi cela évoque les gens qui prennent le temps en mains...»

© Migros Magazine – Laurent Nicolet

Auteur: Laurent Nicolet