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25 novembre 2013

Gare aux cambriolages!

Comme chaque année, le nombre de logements mis à sac augmente en automne. Un phénomène saisonnier qui touche principalement les villes et les grands axes de transit.

voleur en effraction
La meilleure parade pour éviter les monte-en-l’air: la prévention! (photo: Keystone)

Dix cambriolages en une nuit dans le district de Delémont (JU). Trois cafés et une épicerie vandalisés à Begnins (VD), il y a une dizaine de jours. Mais aussi une attaque à main armée dans un restaurant du Nord vaudois, quelques jours auparavant. Depuis le début du mois de novembre, la Suisse romande est le théâtre de nombreux incidents plus ou moins graves.

Comment expliquer cette vague de délits? «C’est un souci de l’automne. On sait qu’il y a une montée importante des cambriolages en octobre-novembre. Ce sont les mois les plus mauvais de l’année», répond Jean-Philippe Brandt, porte-parole de la police genevoise.

Les statistiques confirment la tendance

Alors que l’on compte, pour prendre l’exemple genevois, quelque 550 cambriolages par mois en moyenne, ils se montent à 728 (2013), voire 793 (2012) dès le mois d’octobre. Même constat pour le canton de Vaud, qui s’attend à voir grimper le nombre de vols par effraction pour le dernier trimestre. Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police vaudoise:

On connaît ce phénomène saisonnier. C’est ce qu’on appelle les cambrioleurs du crépuscule.»

Changement d’heure, nuit qui tombe plus tôt, les monte-en-l’air en profitent pour agir avant le retour des locataires. La meilleure parade? «La prévention! Il faut que les propriétaires, de villa ou d’appartement, rendent leur logement moins attrayant», martèle la police. Avant de se jeter sur les alarmes ou les barres de sécurité, il suffit parfois de simplement simuler une présence. En laissant la radio allumée ou une source de lumière. «On trouve des minuteries à la Migros, qu’il suffit de brancher sur une ampoule à basse consommation. C’est très efficace!», affirme Jean-Philippe Brandt.

«La Suisse est attrayante pour les cambrioleurs»

Olivier Guéniat, criminologue et commandant de la police jurassienne

Olivier Guéniat, commandant de la police jurassienne. (photo: Arkive.ch)

Avec un cambriolage toutes les huit minutes, la Suisse détient-elle le record européen?

Absolument pas. Le taux suisse est de 450 cambriolages pour 100 000 habitants en ce qui concerne les habitations. Selon les chiffres de 2010, les derniers à disposition, la Suisse est environ au septième rang européen.

S’agit-il toujours de cambriolages «touristiques» ou avons-nous affaire à une autre forme de criminalité?

Il y a d’une part des auteurs de cambriolages locaux, qui sont souvent des toxicomanes et qui recherchent avant tout de l’argent, des cigarettes ou des bijoux en or. Parallèlement, il y a des profils de délinquants qui viennent de loin, qu’ils soient Géorgiens, Roumains, Maghrébins ou originaires des Balkans. Ce sont les plus actifs en Suisse, car ils agissent en série. Ils n’ont en principe aucun statut en Suisse ou alors de requérants d’asile.

Pensez-vous, comme Martin Killias, que la Suisse est attrayante pour les bandes internationales en raison d’une législation en matière de criminalité trop laxiste?

Oui, je pense que la Suisse est attrayante, non seulement en raison de sa législation moins sévère que celle qui est pratiquée par les pays d’où proviennent les auteurs, mais surtout parce que la sécurisation des habitations est encore très peu développée. Rares sont les barres qui renforcent les portes des appartements ou les rideaux de fer devant les commerces et on peut souvent pénétrer facilement dans une entreprise qui n’est pas sous alarme. Mais je suis certain que cette naïveté va changer avec le temps.

Quelles solutions préconisez-vous?

Je pense qu’une seule mesure ne peut résoudre à elle seule la problématique criminelle. En matière de cambriolages, il faut que la Suisse investisse beaucoup sur les moyens d’identification des auteurs de délits, notamment par les traces (ADN et empreintes digitales, exploitation de photographies, etc.). Lorsque je constate que le taux d’identification est inférieur à 12%, je me dis qu’il y a un réel potentiel d’amélioration qui fera diminuer le taux de cambriolages. Les accords avec Schengen nous donnent d’ailleurs de nouvelles possibilités par l’accessibilité aux bases de données de l’espace européen.

Auteur: Patricia Brambilla