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8 juillet 2013

Gazus Gagnebin, créateur de décors de théâtre

Passionné de théâtre depuis l’adolescence, cet éternel Morgien a créé en 2001 son atelier Arrière-Scènes, entre art et artisanat.

Gazus Gagnebin dans son atelier.
Gazus Gagnebin dans son atelier.

Ici, tout le monde l’appelle Gazus. «C’était le prénom de mon père, et mon nom d’artiste quand je faisais du one man show», sourit cet éternel Morgien de 48 ans. Son grand atelier de décors de théâtre, à un jet de pierre de la gare, abritait autrefois le chantier naval familial, «et je suis même revenu habiter juste en face, là où j’ai passé toute mon enfance». Jean-Denis Gagnebin-DeBons aime ses racines, et son amour pour le théâtre et le métier de saltimbanque n’y change rien.

En 2001, il se lance en indépendant, proposant ses services aux petites compagnies, aux théâtres.

Ce sont souvent les metteurs en scène ou les scénographes qui me contactent. Ils me fournissent des plans ou évoquent leur projet de spectacle. On en discute et je fournis un devis.

Souvent, les troupes à petit budget doivent revoir certaines idées à la baisse, renoncer à certains artifices. «Mais on finit toujours par trouver une solution.»

Qui ne correspond bien sûr pas toujours à quelques grandes réalisations, comme cet impressionnant jeu de parois avec neuf portes parfaitement fonctionnelles que l’artisan a réalisé en début d’année pour «La Puce à l’oreille», grand classique du vaudeville.

Une journée dans la vie de Gazus Gagnebin

8h: les copains d’abord

Le tea-room Fornerod à Morges. (photo DR)
Le tea-room Fornerod à Morges. (photo DR)

Il y a le conservateur du Musée Farel, un vendeur de voyages, un autre de vins, un tapissier-décorateur... On se voit régulièrement avec cette équipe de copains morgiens. Et chaque vendredi matin, on se retrouve chez Fornerod pour le café.

9h: des équerres pour ne pas planter les décors

Gazus Gagnebin dans son atelier de Morges.
Gazus Gagnebin dans son atelier de Morges.

Certains sont parfois tellement volumineux que je n’ai pas pu les monter en entier dans l’atelier. Comme pour «Don Giovanni», joué il y a quelques saisons à Mézières.

Ma cloueuse-agrafeuse et moi

Une cloueuse-agrafeuse.

Le premier outil que je me suis acheté lorsque je me suis mis à mon compte. C’est un métier qui me donne pas mal de liberté et de créativité. Mais évidemment, ça se paie… et même si j’estime ne pas avoir à me plaindre, je gagne moins bien ma vie que si je travaillais dans un grand théâtre.

15h: un coup d'oeil sur plans

Des plans de décors de théâtre.
Des plans de décors de théâtre.

Ce sont mes outils de base: un crayon, une règle et un mètre, et une calculatrice pour les mettre à l’échelle 1: 1. «Ce sont souvent les metteurs en scène ou les scénographes qui me contactent, me fournissent des plans ou évoquent leur projet de spectacle.» Parfois, les troupes à petit budget doivent revoir certaines idées à la baisse, renoncer à certains artifices.

De la couleur sur l’établi

Ça paraît étrange, mais j’ai horreur des crayons gris. Du coup, je vais régulièrement faire des provisions de porte-mines en ville.

18h: à bicyclette

Un vélo rouge. (photo: Forgiss - Fotolia)
Photo: Forgiss - Fotolia

Dès qu’il est à Morges, Gazus Gagnebin saute sur son vélo, un city bike d’occasion rouge, pour se balader en ville ou se rendre au théâtre des Trois P’tits Tours où il travaille souvent.

19h: l’art de la lumière

Au début des années 90 et durant quatre ans, il a été photographe de studio, ce qui lui a appris l’art de l’éclairage, qu’il pratique toujours en soirée dans plusieurs théâtres vaudois qui font régulièrement appel à lui.

20h30: polyvalence au rendez-vous

Pendant onze ans, il a aussi été directeur technique du Petit Théâtre à Lausanne, durant l’époque quasi mythique du fonctionnement à trois directeurs. «J’ai tout appris durant cette période. On faisait beaucoup de décors nous-mêmes, et je me suis formé sur le tas.»

Auteur: Pierre Léderrey

Photographe: Mathieu Rod, Fotolia,