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26 mars 2012

Ça roule pour Migros

L’an dernier encore, le distributeur a misé pleinement sur le transport par le rail. Migros reste ainsi de loin le principal client de CFF Cargo. Quant à ses camions, ils sont toujours plus respectueux de l’environnement.

wagons cargo dans la campagne
En 2011, 80'000 wagons ont circulé pou rle compte de la Migros. (Photo: Keystone)

Avant de garnir les rayons des magasins Migros, les bouteilles d’eau minérale Aproz, les jouets, les crèmes solaires, les balançoires de jardin ou les téléviseurs à écran plat ont souvent fait un voyage en train de marchandises. Pour le distributeur en effet, l’écologie est prioritaire; c’est pourquoi il réalise autant que possible ses transports par le rail.

Aproz Sources Minérales SA est 
directement reliée au réseau CFF. (Photo: Christophe Chammartin)
Aproz Sources Minérales SA est 
directement reliée au réseau CFF. (Photo: Christophe Chammartin)

En 2011 encore, Migros a été de loin le principal client de CFF Cargo. L’an passé, quelque 80 000 wagons ont roulé pour le compte de Migros. Ils ont transporté 1,3 million de tonnes de marchandises au total. «Ces chiffres correspondent en gros à ceux de 2010, précise Bernhard Metzger, responsable de la logistique des transports à la Fédération des coopératives Migros et membre de la direction. Avec les transports ferroviaires, nous avons pratiquement atteint le maximum de ce qui est réalisable. Nos efforts visent maintenant à nous maintenir à ce haut niveau.»

Une meilleure logistique pour éviter les déplacements à vide

Si une livraison ne peut plus se faire par le rail, Migros cherche aussitôt une alternative compatible avec l’environnement. Ainsi, lorsque la SNCF a cessé d’acheminer pour le compte de Nestlé Waters l’eau minérale de Vittel, en Lorraine, jusqu’en Suisse il y a tout juste deux ans, Migros a dû se résoudre à un transport par camion, mais uniquement à titre provisoire. «Entre-temps, nous avons négocié avec un opérateur ferroviaire privé luxembourgeois qui reprendra le transport de l’eau minérale Vittel pour notre compte, et ce, à partir de la deuxième moitié de 2012», annonce Bernhard Metzger.

Cette position de leader dans le transport ferroviaire, Migros ne l’a pas conquise du jour au lendemain, mais elle est le fruit d’un demi-siècle d’efforts. Entre 1959 et 1961 déjà, l’entreprise du groupe M-Industrie Aproz Sources Minérales faisait construire son propre embranchement ferroviaire. Celui-ci comprenait même un pont au-dessus du Rhône.

Au cours des décennies suivantes, Migros a tout mis en œuvre pour s’assurer la meilleure connexion possible au réseau des CFF. A chaque fois qu’elle construisait ou reprenait une nouvelle entreprise industrielle, sa priorité allait à la réalisation d’un raccordement ferroviaire.

Dans le même temps, Migros s’emploie à minimiser les trajets par camion. En 2011, elle a réussi à réduire le nombre de kilomètres parcourus par véhicule d’environ 1% tout en augmentant le volume de marchandises transportées par camion. «Ce pourcentage peut paraître dérisoire, explique Bernhard Metzger. Mais en chiffres absolus, cela correspond à rien de moins qu’une distance totale d’un demi-million de kilomètres!» Cette réduction n’a pu être réalisée que grâce à un logiciel de logistique toujours plus sophistiqué qui dirige les flux de marchandises de telle manière que les camions fassent le moins de trajets à vide possible.

«Renoncer complètement aux camions est impossible, poursuit Bernhard Metzger. Après tout, chaque magasin Migros ne peut pas avoir son propre embranchement ferroviaire.» Même à l’avenir, la distribution fine des marchandises ne pourra se faire que par la route. Il est donc d’autant plus important d’utiliser des véhicules aussi modernes qu’écologiques.

Migros dispose d’une flotte de cinq cents camions, auxquels s’ajoutent autant de véhicules appartenant à d’autres entreprises mais qui roulent pour le compte du distributeur. A noter qu’à partir de la seconde moitié de 2012, Migros n’autorisera les trajets interrégionaux qu’aux nouveaux véhicules répondant aux normes d’émissions les plus strictes (Euro 5 et Euro 6).

Des cours d’écoconduite pour les chauffeurs

A Zurich, des véhicules roulent grâce à un gaz provenant de la fermentation de déchets. (Photo:LDD)

Un bon camion n’étant rien sans un bon conducteur, Migros propose régulièrement des cours de perfectionnement à ses chauffeurs. Ils y apprennent une méthode de conduite plus fluide et donc plus respectueuse de l’environnement.

Par ailleurs, il faut mentionner un projet exemplaire de la société coopérative Migros Zurich: plusieurs de ses camions ont été aménagés pour rouler au biogaz. Ce carburant écologique ne provient pas de pays lointains, il est produit à Klingnau, en Argovie, à partir de restes alimentaires et d’autres déchets organiques. A l’avenir, Migros Zurich compte élargir son parc de camions roulant au biogaz, alors que d’autres coopératives étudient à leur tour l’usage de ces véhicules.

Les camions conventionnels peuvent par ailleurs aussi s’avérer plus respectueux de l’environnement moyennant quelques mesures intelligentes: Migros équipe par exemple ses véhicules d’éléments aérodynamiques afin d’atténuer la résistance de l’air et réduire ainsi la consommation de carburant. Il est donc faux de penser que l’aérodynamisme est réservé aux bolides de sport. Même les poids lourds en bénéficient de nos jours.

Par la mer plutôt que par les airs

Migros n’importe qu’une toute petite part de ses produits par voie aérienne. Dans les domaines alimentaire et non alimentaire, la proportion du fret aérien a diminué de 10% en 2011. Ainsi, le transport par avion ne représente plus que 0,6% des importations. Plus que jamais, Migros mise donc sur les navires de charge, plus respectueux de l’environnement. L’an passé, le distributeur a par ailleurs testé des routes maritimes plus courtes. Ainsi, les marchandises provenant d’Extrême-Orient ont été déchargées dans des ports italiens plutôt que dans ceux d’Europe du Nord, ce qui permet d’éviter le détour par Gibraltar. Par ailleurs, les villes portuaires telles que Gênes, La Spezia ou Savone sont deux fois plus proches de la Suisse que les ports nord-européens, d’où un raccourcissement du transport routier ou ferroviaire et une amélioration du bilan CO2.

Auteur: Michael West