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6 juillet 2014

George R.R. Martin: «L'histoire de Game of Thrones est universelle»

George R. R. Martin, auteur du Trône de fer (Game of Thrones), est de passage cette semaine à Neuchâtel à l’occasion du Festival du film fantastique (NIFFF). La nouvelle superstar de la littérature «fantasy» revient sur sa gloire soudaine, sur la mort de certains personnages centraux et sur la pression de ses fans.

George R.R. Martin, auteur de Game of Thrones
George R.R. Martin est l'invité d'honneur du Festival du film fantastique de Neuchâtel.

George R. R. Martin, la quatrième saison du Trône de fer, diffusée aux Etats-Unis, vient de s'achever. En êtes-vous satisfait?

Très. Selon moi, elle compte parmi les meilleures. J'ai moi-même participé à l'écriture du deuxième épisode, une expérience qui m'a enchanté. Le neuvième épisode fait également partie des temps forts de la saison: il met en scène l'une des batailles les plus titanesques jamais tournées pour la télévision.

Vidéo: bande-annonce de la quatrième saison de Game of Thrones. Source: Youtube.

Certains de vos fans ont exprimé des critiques vis-à-vis de la série, qui ne suit pas toujours scrupuleusement le fil de vos romans. Les producteurs vous informent-ils de ces changements au préalable? Vous demandent-ils votre accord?

En tant que coproducteur, j'en suis évidemment averti. Mais je n'ai aucune influence sur l'évolution de l'intrigue. Certes, j'écris un épisode par saison, mais je n'ai pas le temps de m'investir davantage dans le projet. Chacun son rôle: moi, je suis l'auteur des livres, tandis que David Benioff et D. B. Weiss sont les créateurs de la série.

La plupart du temps, ils sont fidèles à la trame du récit, mais il leur arrive de prendre quelques libertés, ce qui ne me dérange pas.

Ces changements pourraient-ils avoir un impact sur les prochains volumes de votre saga?

Non. Je me suis lancé dans cette aventure en 1991, et depuis, je vis avec mes personnages et avec leur histoire. Pour moi, ils sont si réels qu'il est impossible de contrarier leur destinée. (rires)

Cela signifie aussi que les concepteurs de la série connaissent le dénouement de votre œuvre, n'est-ce pas? Sinon, leurs adaptations pourraient vous poser de sérieuses difficultés…

Je leur ai livré les principales ficelles, mais pas tous les détails. Il existe deux types d'écrivains: les architectes et les jardiniers. Les premiers planifient leur ouvrage de A à Z avant d'en rédiger une seule ligne, tandis que les seconds se contentent de semer quelques graines. J'appartiens plutôt à la seconde catégorie, même si aucun auteur ne peut être facilement classé dans l'un ou l'autre groupe. Je prévois le déroulé des événements dans les grandes lignes, je sais plus ou moins dans quelle direction je souhaite aller, mais l'acte d'écriture lui-même donne naissance à de nouvelles idées et à de nouveaux développements.

Vous arrive-t-il de vous surprendre vous-même?

Absolument. De nombreux romanciers ont un rapport quasi mystique à l'écriture. Celle-ci permet en effet de libérer des forces créatrices qui n'ont pas grand-chose à voir avec la partie analytique du cerveau, indispensable, elle, à la structuration de l'ouvrage. Je ne suis pas toujours totalement maître du processus. Parfois, les idées viennent du plus profond de moi-même. Je tâche alors de les creuser pour voir où elles me mènent. Quand j'aboutis à une impasse, je suis contraint de faire marche arrière. Ce n'est peut-être pas la manière la plus efficace de progresser, mais selon moi, c'est celle qui permet d'obtenir le meilleur résultat.

L'adaptation télévisée de Game of Thrones s'est fait connaître et apprécier dans le monde entier. Pourquoi compte-t-elle tant d'adeptes, bien au-delà des amateurs de littérature fantastique?

Parmi toutes les séries diffusées par la chaîne HBO, Game of Thrones est celle qui attire le plus grand nombre de téléspectateurs. C'est aussi celle qui s'est le mieux vendue à l'étranger. L'intrigue n'est pas spécifiquement américaine, ce qui explique peut-être son succès international.

L'histoire est universelle: elle ne raconte pas le passé d'un territoire donné, mais celui d'un univers imaginaire dans lequel de nombreuses cultures peuvent reconnaître des éléments familiers.

En effet, presque tous les pays du monde ont été gouvernés, à une époque ou une autre, par des rois et des seigneurs qui se disputaient le pouvoir et se livraient des combats sans merci à la pointe de l'épée. De mon point de vue, il ne s'agit pas de savoir pourquoi la fantasy est si populaire, mais quel est le secret de sa longévité. Je suis pour ma part un fan absolu de ce genre littéraire, et ce, depuis ma plus tendre enfance. L'œuvre de J. R. R. Tolkien, que j'ai dévorée à l'âge de 12 ans, m'a particulièrement ému. Elle fait la part belle au romanesque, me transportant ainsi vers des contrées inconnues, sombres et dangereuses, à mille lieues de ma banale existence dans le New Jersey.

Les enfants sont amateurs de fantasy, cela ne fait aucun doute. Mais ils ne représentent qu'une petite partie de vos lecteurs.

Daenerys Targaryen, un personnage de Game of Thrones et l'un de ses trois dragons.
Daenerys Targaryen et l'un de ses trois dragons.

La fantasy, en tant que littérature, a toujours séduit les adultes. Mais les producteurs de cinéma et de télévision l'ont longtemps méprisée. Dans leur esprit, les histoires de dragons, c'est pour les gosses. Or ils ont tout faux: les dragons, êtres dangereux et destructeurs, possèdent une charge symbolique puissante qui permet de raconter bien plus que des contes pour enfants. Le succès du Trône de fer a démontré qu'il existait un marché important pour la fantasy destinée aux adultes.

Il est vrai que le fait d'ôter la vie à des personnages centraux de façon soudaine et inattendue, comme vous en avez l'habitude, est un ressort littéraire davantage apprécié des adultes. D'ailleurs, le public en redemande. Pensez-vous qu'à l'avenir, d'autres auteurs vous imiteront?

Eddard Stark meurt de façon inattendue dès la première saison de Game of Thrones.
Eddard Stark meurt de façon inattendue dès la première saison.

Je l'espère! Mais il faut dire que je n'ai rien inventé. Au début de Psychose, une femme, jouée par la vedette hollywoodienne Janet Leigh, dérobe une somme d'argent avant de prendre la fuite. Tout le monde pense qu'il s'agit de l'héroïne, et personne ne s'attend à ce qu'elle soit sauvagement assassinée au bout d'une demi-heure. Ce thriller d'Alfred Hitchcock est l'un des chefs-d'œuvre que j'ai mentionnés lorsque les organisateurs du NIFFF m'ont demandé de citer trois films qui m'avaient influencé. Tolkien, lui aussi, use de ce procédé dans Le Seigneur des anneaux en tuant le sage magicien Gandalf.

Mais celui-ci réapparaît un peu plus tard…

Oui, et cela m'a déplu. J'ai beau être un fervent admirateur de Tolkien, j'ai toujours pensé que Gandalf n'aurait jamais dû revenir d'entre les morts. D'autant que son absence a duré un certain temps – à l'époque, il avait fallu patienter une année entière avant de retrouver le personnage. Son trépas avait été un choc: il était celui qui détenait toutes les réponses. Qu'allaient faire les autres protagonistes sans lui? C'était comme s'ils se retrouvaient brusquement orphelins.

Hitchcock et Tolkien ont été de véritables modèles pour moi.

Pensez-vous que de jeunes auteurs puiseront à leur tour l'inspiration dans votre œuvre?

Je ne peux que le souhaiter. Les romanciers écrivent toujours les histoires qu'ils ont envie de lire. Quand je me plonge dans un récit, je veux être surpris. Si je sais dès le premier chapitre que le héros et l'héroïne se retrouveront à la fin, après avoir bravé un certain nombre de dangers, cela ne m'intéresse pas.

Pour être tenu en haleine, j'ai besoin de m'attacher aux personnages, et de ne pas savoir à l'avance ce qui va leur arriver. C'est ce que j'essaie de créer dans mes ouvrages.

Game of Thrones et d'autres séries sont la preuve qu'il existe un public pour les histoires et les personnages complexes. Avez-vous constaté une évolution depuis l'époque où vous écriviez pour la télévision?

Oui, mais cela tient essentiellement à l'univers de l'audiovisuel aux Etats-Unis. Pendant plusieurs décennies, les chaînes s'autocensuraient afin de n'offenser personne, et cette retenue se reflétait dans les programmes diffusés. Mais avec l'apparition du câble et des canaux payants, elles ont dû prendre davantage de risques pour appâter les téléspectateurs.

Du jour au lendemain, il est devenu possible de proposer des scénarios plus fouillés, d'afficher des opinions politiques et d'introduire la nudité.

Cette nouvelle liberté de ton a conduit à l'explosion de l'offre câblée, avec son lot de séries passionnantes. Nous vivons actuellement l'âge d'or de la télévision. Le public est peut-être aussi plus mature de nos jours. Je n'en suis pas si sûr. Pensez au cinéma: lui aussi a évolué, mais dans le mauvais sens. C'est désormais la mentalité «blockbuster» qui prédomine. Ce qui compte avant tout, c'est le côté spectaculaire, démesuré. Aujourd'hui, pour suivre des histoires plus humaines, il faut regarder la télévision. Et la série est un genre dont le public est particulièrement friand. Auparavant, chaque épisode racontait une histoire dans son intégralité, tandis que maintenant, il s'agit souvent, comme dans Le Trône de fer, d'arches narratives s'étalant sur toute une saison.

La politique et la religion jouent un rôle significatif dans Le Trône de fer. La série reflète-t-elle vos propres convictions?

Pas directement. Mon intention n'est pas de créer une quelconque allégorie. Mais il est évident que ma conception de la nature humaine, des systèmes politiques ou de la justice transparaissent dans mes écrits. Un artiste met toujours un peu de lui-même dans son œuvre.

Vous en êtes en ce moment au sixième volume, l'avant-dernier de la saga. Connaissez-vous sur le bout des doigts tous les personnages et toutes les intrigues, ou devez-vous parfois vérifier certains détails? On trouve un site de fans très complet sur Internet…

(rires) Je dois avouer qu'il m'arrive de le consulter. Même pour moi, il est difficile de ne pas perdre le fil. Ma meilleure source, c'est Elio García, un expert qui connaît le monde de Westeros mieux que moi. Je lui envoie de temps en temps un e-mail pour lui demander si j'ai déjà écrit quelque chose sur telle ou telle ville. Et il me répond sans faute: «Oui, trois fois, ici, ici et ici.»

Comment supportez-vous la pression des fans avides de lire la suite? Est-ce une source de stress pour vous?

J'essaie de faire avec, mais parfois, tout cela est un peu trop pesant. Bien sûr, c'est un problème que beaucoup d'auteurs aimeraient avoir. Je suis bien placé pour le savoir: j'écris depuis 1971, et j'ai connu suffisamment de périodes de vaches maigres! (rires) Mais malgré tout, j'aimerais que certains de mes lecteurs se montrent un peu moins impatients. Et je me passerais volontiers de ces questions incessantes et de ces e-mails furibonds. Vous n'imaginez pas la colère de quelques-uns, simplement parce que le livre n'a pas encore été publié! C'est peut-être une question de génération: aujourd'hui, les jeunes savent ce qu'ils veulent, et ils le veulent tout de suite.

Recevez-vous vraiment des e-mails enragés?

Oui, et des messages de même teneur sur mon blog. D'ailleurs, en ce moment, quelqu'un est sans doute en train d'écrire: «Que fais-tu là-bas alors que le livre n'est même pas terminé? Tu ferais mieux de rester chez toi et de travailler! Tu nous le dois bien!» (rires) C'est complètement fou. Et c'est un état d'esprit qui me dépasse.

Moi aussi, par le passé, il m'est arrivé d'attendre fiévreusement la suite d'une saga, mais je n'ai jamais écrit à un auteur pour le sommer de se dépêcher.

Je prenais mon mal en patience, et en attendant, je lisais autre chose. Les bons romans, ce n'est pas ce qui manque. Sans parler des films, et bien sûr de la vie réelle. Il y a donc de quoi s'occuper!

Pouvez-vous nous dire quand le prochain volume sera publié?

J'ai cessé de donner des dates, justement à cause de ce type de réactions. Car si le délai est repoussé, ce qui est presque systématiquement le cas, les critiques se mettent à pleuvoir: «Tu avais dit que le livre sortirait tel jour! Pourquoi nous as-tu menti?» Il sera prêt quand il sera prêt.

Ne craignez-vous pas que la série TV finisse par rattraper la saga?

J'essaie d'être plus rapide qu'elle, mais j'ai bien peur que ce ne soit peine perdue: les scénaristes rédigent des scripts de 60 pages, tandis que mes ouvrages en comptent 1500. Faites le calcul! Je disposais d'une avance conséquente, mais elle s'est vite évaporée. Et je ne peux pas y faire grand-chose: le plan de production de la série est évidemment inflexible. La cinquième saison est pour ainsi dire bouclée; le tournage débutera dans un mois environ. C'est comme une locomotive que rien ne peut arrêter!

Avec le succès de la série, vous êtes devenu une superstar à 60 ans passés. Comment le vivez-vous? Vous sentez-vous parfois dépassé par cette gloire soudaine?

Ce n'est rien de le dire! J'étais déjà connu auparavant, mais ma notoriété demeurait limitée. La série m'a fait passer du statut d'auteur à succès à celui de vedette littéraire, ce que je n'aurais jamais imaginé.

Bien sûr, la célébrité a ses bons côtés. Mais elle ne va pas non plus sans certains désagréments.

Avant, je pouvais sortir tranquillement dans la rue après avoir participé à une conférence d'écrivains sans que personne ne s'intéresse à moi. Ce n'est plus possible aujourd'hui. Sur mon trajet en direction de la Suisse, j'ai fait une halte à Paris, au cours de laquelle j'ai visité l'Arc de triomphe. Plusieurs personnes m'ont reconnu et m'ont arrêté pour prendre des photos. Et c'est le cas un peu partout: à l'aéroport, au restaurant… La plupart des gens sont très gentils, mais toute cette attention est difficile à gérer.

A 65 ans, qui plus est…

George R.R. Martin: «Il m'est arrivé de donner des lectures devant seulement six personnes – aujourd'hui, ce sont 3000 fans qui font le déplacement, et les séances de dédicaces sont épuisantes.»
George R.R. Martin: «Il m'est arrivé de donner des lectures devant seulement six personnes – aujourd'hui, ce sont 3000 fans qui font le déplacement, et les séances de dédicaces sont épuisantes.»

Mieux vaut connaître la célébrité sur le tard, quand on a déjà profité de la vie, et que l'on a longtemps été un parfait inconnu. Il m'est arrivé de donner des lectures devant seulement six personnes – aujourd'hui, ce sont 3000 fans qui font le déplacement, et les séances de dédicaces sont épuisantes. Mais dans ces moments-là, je repense aux salles quasi vides, et je me réjouis que ces milliers d'admirateurs soient venus. J'ai également conscience que la gloire est éphémère, et j'envisage le retour à l'anonymat avec sérénité. En revanche, je ne sais pas comment font les acteurs ou les musiciens qui sont propulsés sous le feu des projecteurs alors qu'ils ne sont encore que des gamins. A 18 ans, je n'aurais pas eu les épaules assez larges.

Vous recevez certainement de nombreuses invitations de la part de festivals. Pourquoi avoir choisi le NIFFF?

Je suis en effet très sollicité, de sorte que je dois me décider longtemps à l'avance. D'ailleurs, en ce moment, je prépare déjà l'année 2018. Le NIFFF m'a contacté il y a environ quatre ans, et j'ai accepté la proposition, car il s'agissait d'un festival de cinéma – un type d'événement auquel je suis rarement convié. En outre, je n'étais encore jamais allé en Suisse, et j'adore voyager. J'ai donc sauté sur l'occasion de visiter un beau pays dans le cadre d'une manifestation exceptionnelle.

Ferez-vous un peu de tourisme? Que savez-vous de la Suisse?

J'ai prévu de rester une dizaine de jours, j'aurai donc un peu de temps pour moi. Mais je ne pourrai pas trop m'éloigner, car il est prévu que j'intervienne à plusieurs reprises pendant le festival. J'ai hâte de m'installer dans le train pour contempler tous ces jolis paysages. Quant aux endroits où je compte me rendre, je préfère les garder pour moi. Sinon, je suis prêt à parier qu'une petite troupe de fans m'y attendra de pied ferme! (rires) Je connais quelques éléments sur l'histoire de la Suisse, mais bien moins que sur celle de la France ou de l'Allemagne. Je sais qu'on y parle trois langues, et j'espère que les gens comprennent aussi l'anglais. En tout cas, ce séjour sera forcément très instructif.

Avec tout cela, pouvez-vous encore vous accorder des moments de détente?

Oui. Je lis, je regarde la télévision et je collectionne des chevaliers miniature de toutes les époques. Et je suis depuis peu l'heureux propriétaire d'un petit cinéma d'art et d'essai à Santa Fe, le Jean Cocteau, qui compte 125 places. Il est resté fermé pendant sept ans avant que je le rachète et le rouvre. Nous y projetons des films, mais organisons aussi des concerts et d'autres manifestations. J'en ai bien sûr confié la direction à un gérant, mais je m'y rends régulièrement, cela fait partie de mes loisirs.

Aurez-vous du mal à faire vos adieux à Westeros, aux Stark et aux Lannister quand vous aurez mis un point final au septième tome?

Tyrion Lannister, l'un des personnages principaux de Game of Thrones.
Tyrion Lannister, l'un des personnages principaux de Game of Thrones.

Ce sera un déchirement, mais dans un sens, je me sentirai aussi soulagé. Surtout si la fin est à la hauteur de mes ambitions: j'aurai alors réussi à créer une œuvre magistrale, dont les générations futures pourront profiter. Mais c'est avec une grande tristesse que je quitterai ces personnages qui m'ont accompagné pendant si longtemps. Quoique d'ici là, la plupart d'entre eux seront déjà morts… (rires) Je compte aussi écrire de nouvelles histoires sur Westeros, mais à des époques différentes, avec d'autres protagonistes. Je n'ai pas l'intention de tirer un trait sur cet univers.

Avez-vous déjà des projets en tête? Vos prochains ouvrages seront-ils aussi épiques?

Des idées, j'en ai des centaines. Mais je ne me lancerai plus jamais dans une saga aussi monumentale. J'aurai déjà mis plus de vingt ans à parachever celle-ci! J'ai envie de rédiger quelques romans plus courts. Et aussi des nouvelles, comme au début de ma carrière. Certes, cela ne rapporte pas beaucoup d'argent, mais après Le trône de fer, je suis tranquille de ce côté-là. Je peux me permettre d'écrire ce que je veux.

© Migros Magazine - Ralf Kaminski