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26 mars 2012

Grand nettoyage de printemps

Après l’hiver, on se sent souvent tout raplapla, tout flagada… Il est peut-être temps de faire une bonne cure de détoxification afin de purifier notre organisme et de l’aider ainsi à démarrer la nouvelle saison d’un bon pied.

Jeune femme tatouée buvant une bouteille de  jus de carottes
Le curiste se contentera de 
menus végétariens et devra boire beaucoup (eau, 
jus de fruits et 
de légumes…). Photo: Keystone/LAIF/Nele Martensen

Les amoureux se bécotent sur les bancs publics, les pigeons et tourterelles roucoulent de plaisir, les boutons éclosent en mille fleurs… Pas de doute, le printemps est bel et bien de retour! C’est beau la vie! Sauf bien entendu pour celles et ceux qui, au sortir de l’hiver, se sentent encrassés comme de vieilles chaudières à cause d’une alimentation trop riche, d’un mode de vie sédentaire et d’une pollution de l’environnement en constante progression.

A ces personnes qui manquent d’entrain, sont flapies voire patraques – et à toutes les autres aussi du reste –, les thérapeutes branchés bien-être prescrivent généralement une bonne cure printanière. Patrick Leconte, nutritionniste qui exerce à Genève et Lausanne, ne fait pas exception: «Quand vous avez trop de toxines et un foie surchargé de travail, vous commencez à souffrir de petits, puis de gros problèmes de santé. Un programme détox peut vous remettre sur les rails.»

Des déchets qui s’accumulent

En fait, même s’il dispose d’outils performants pour faire son propre ménage, notre corps n’arrive pas à se purifier totalement: il a tendance à accumuler les déchets qu’il génère ou absorbe, et s’épuise ensuite à vouloir les évacuer. D’où l’intérêt d’un coup de pouce sous la forme d’un grand nettoyage annuel pour régénérer notre métabolisme et retrouver ainsi toute notre vitalité.

Oui, mais pourquoi se mettre au régime à cette saison justement? «Nous mangeons des aliments plus riches et plus denses en hiver, donc l’organisme se fatigue plus, explique Patrick Leconte. En faisant la cure au printemps, nous suivons le rythme circadien de la chronobiologie qui est basée sur le système hormonal.»

«Manger en fonction des besoins de l’organisme»

Pour les débutants qui seraient tentés par une détoxification maison, ce nutritionniste préconise une diète brève («Une semaine suffit.») qui consiste à «manger en fonction des besoins de l’organisme et non en fonction de ses envies». Donc, on oubliera alcool, café, sucre et on évitera sel (sous toutes ses formes), aliments à base de blé, viande, nourritures frites ou épicées, produits laitiers, œufs, fruits secs, graisses hydrogénées, édulcorants, additifs et conservateurs alimentaires.

C'est le moment d'acheter des fruits et légumes frais, de préférence bio et de saison! (Photo: Keystone/LAIF/Nele Martensen)
C'est le moment d'acheter des fruits et légumes frais, de préférence bio et de saison! (Photo: Keystone/LAIF/Nele Martensen)

En résumé, le curiste printanier devra se contenter de menus végétariens, de préférence bio et de saison. Et puis, il faudra aussi qu’il boive beaucoup de liquide (au moins deux litres par jour) afin d’éliminer les substances nocives. Particulièrement de l’eau, mais également des tisanes ainsi que des jus de légumes et de fruits, par exemple un bon verre d’un mélange carottes-pommes.

Celui-ci se gardera, en revanche, de booster sa détox avec un cocktail perso à base de vitamines ou de plantes et minéraux connus pour leurs vertus dépuratives. En effet, ce n’est pas parce que de tels produits sont en vente libre qu’ils sont sans effets secondaires. «Mieux vaut consulter un spécialiste qui vous concoctera un programme personnalisé beaucoup plus sûr et efficace», confirme notre interlocuteur, qui a une longue expérience de préparateur en pharmacie derrière lui.

On se sent plus léger et plus serein.

Enfin, pour qu’une diète de ce genre donne encore de meilleurs résultats, il faudrait la suivre durant une période de calme relatif, c’est-à-dire sans trop de stress, et y adjoindre une activité physique régulière. Car bouger stimule la circulation sanguine, dope l’oxygénation des organes et favorise l’élimination des toxines. Recommandations de la faculté: un quart d’heure de marche quotidienne au minimum pour les pantouflards, davantage pour les autres…

Et à l’issue de ce carême de mécréants, comment se sent-on? Patrick Leconte: «Plus léger et plus serein.» En redonnant un certain équilibre à notre métabolisme, on obtient des bénéfices – amélioration de la digestion et de la qualité du sommeil, meilleure hydratation de la peau, net regain d’énergie… – qui vont durer plus ou moins longtemps en fonction de notre hygiène de vie. «C’est un peu une reprise en main de son corps», résume notre thérapeute.

Auteur: Alain Portner

Photographe: François Wavre