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14 novembre 2016

Gris en bas, bleu en haut

Si tu habites le Plateau suisse, tu connais bien ce phénomène, fréquent durant la saison froide: la formation d’un épais brouillard appelé «stratus».

Illustration du stratus entre les Alpes et le Jura
Le brouillard élevé est très fréquent entre les Alpes et le Jura.

L’épaisseur de la couche d’air froid varie entre quelques centaines de mètres et un kilomètre. Dans la plupart des cas, la météo est idéale au-dessus de la limite de brouillard: le soleil brille, les températures sont généralement douces, et on voit loin par-delà l’impressionnante mer de nuages.

Coincé entre les Alpes et le Jura

Mais au fait, à quoi est due l’apparition de cette couverture grise? Normalement, plus on monte, plus l’air est froid. Mais au cours des longues nuits d’automne et d’hiver sans nuage, la température des couches d’air inférieures baisse bien plus que celle des couches supérieures, près des montagnes.

La masse la plus froide s’accumule sur le Plateau telle une mer, que les rayons du soleil, faibles en cette période de l’année, ne parviennent plus à réchauffer durant la journée. On appelle cette situation inhabituelle (froid en bas, chaud en haut) «inversion de température».

Sur le Plateau suisse, ces inversions sont tout à fait remarquables. Située entre les Alpes d’une part et le Jura d’autre part, cette région présente une forme de cuvette, dans laquelle l’air froid reste littéralement emprisonné, entraînant l’apparition du stratus. Cette particularité géologique fait du Plateau l’une des zones d’Europe où ce phénomène est le plus fréquemment observé.

La formation du stratus est encore favorisée en hiver lorsque souffle un vent froid de nord-est (la bise). L’exception confirmant la règle, si cette bise est très forte et très sèche, le stratus disparaît.

Texte: © Migros Magazine / Viviane Menétrey

Auteur: Daniel Schifferle

Illustrations: Jan Kruse