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23 juin 2014

Happy apicultrice

Rose Aubry a été la première femme à être admise au sein du comité central de la Société romande d’apiculture. Cette Neuchâteloise lève le voile sur ses chères abeilles.

Rose Aubry en tenue d'apicultrice
Rose Aubry: «Je pense abeille, je respire abeille, je rêve abeille… Bref, je vis abeille! Si on suivait l’exemple de ces insectes sociaux, qui tirent tous à la même corde, il y aurait sans doute moins de conflits, moins de guerres.»

Ce ne sont pas les apiculteurs qui viennent aux abeilles, mais les abeilles qui viennent aux apiculteurs!» Rose Aubry cite le philosophe-apiculteur Yvon Achard (page en anglais et en français) pour expliquer comment elle a commencé à se piquer d’apiculture.

«C’était le hobby de mon mari et c’est devenu ma passion», ajoute-t-elle plus prosaïquement. Une passion qui dure depuis quarante-cinq ans.

A La Chaux-de-Fonds, ce couple règne sur trente-quatre colonies et donc des milliers et des milliers d’ouvrières ailées et zélées. «Ce sont de minuscules créatures, mais qui ont un énorme impact sur notre environnement.» Une butineuse passe.

En fait, nous les apiculteurs, nous sommes un service public: nos abeilles pollinisent gratuitement les végétaux partout et pour tout le monde!»

Avec un enthousiasme pareil et un prénom floral comme le sien, pas étonnant que cette Neuchâteloise de caractère soit devenue vice-présidente de la Société romande d’apiculture.

J’étais la première femme à entrer au comité central.»

Ça a pas mal fait parler dans les ruchers il y a dix ans, dans cet univers alors encore à 99% masculin. «J’ai dû me battre triplement pour prouver que j’étais l’égale des hommes!»

Rose Aubry retourne auprès de ses protégées, là où assurément elle ne risque pas d’attraper le bourdon…

Une journée avec Rose Aubry lève le voile sur ses chères abeilles.

Rose Aubry en train de faire une tartine de miel.
Bien sûr, une tartine de miel est idéale pour débuter la journée!

6 h 30: Dame tartine
«Je suis une lève-tôt, je fonctionne comme les abeilles qui ­n’attendent pas le soir pour aller butiner. Après avoir lu mes mails, ma journée commence immuablement par une tartine, de miel de préférence.»

Rose Aubry examine une ruche
Rose Aubry prend grand soin de ses abeilles.

9 h 30: diagnostic
«A notre arrivée au pavillon, nous allons systématiquement jeter un coup d’œil aux colonies pour voir si elles se portent bien, si elles progressent… C’est à nous apiculteurs de prendre soin des abeilles, de les respecter.»

Un essaim suspendu à une branche d'arbre
Le varroa n'est pas le seul ennemi de l'abeille.

10 h 00: essaimage
«Malgré le varroa, malgré l’agriculture extensive, la situation de nos ruches semble s’améliorer un peu. Mais attention, le pire ennemi de l’abeille, ça peut être l’apiculteur lui-même lorsqu’il n’est animé que par le seul appât du gain!»

Rose Aubry colle une étiquette sur un pot de miel.
Chaque miel est différent.

16 h 00: étiquetage
«Chaque miel a son caractère, sa finesse. Nous, nous sommes très puristes: on ne le brasse pas et on ne le chauffe pas de ­manière à ce qu’il reste le plus naturel possible, à ce qu’il ressemble au miel de notre enfance.»

Les Aubry partagent une fondue.
Une fondue bien méritée!

18 h 30: pause caquelon
«Nous avons toujours tout partagé avec mon mari. Que ce soit la fondue ou le travail au rucher. En fait, nous suivons l’exemple des abeilles qui sont complémentaires et qui font aussi tout en commun.»

Auteur: Alain Portner

Photographe: Prune Simon-Vermot