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16 février 2015

Haut les masques!

Un bon nombre de masques que portent les fifres et tambours du carnaval de Bâle sont fabriqués artisanalement à… La Chaux-de-Fonds, dans l’atelier «Dildi Larve» que pilote Michel Margot.

Michel Margot dans son atelier, assis au milieu de ses créations
Michel Margot: «J’exerce un métier où l’on peut s’évader, où il y a encore une grande place pour la créativité. Les faiseurs de masques sont un peu comme les faucheurs de marguerites, ils défrichent un terrain de liberté où tout n’est pas délimité!»

Lundi prochain à 4 heures du matin, lorsque le carnaval de Bâle s’ébranlera, Michel Margot pourra enfin souffler un peu… Parce que le «Morgenstreich», qui ouvre traditionnellement cette manifestation, marquera symboliquement, pour lui et ses employées, la fin d’un marathon entamé voilà six mois, le temps nécessaire pour honorer les commandes passées par quelque 120 cliques locales.

«Cela doit faire environ quarante-cinq ans que nous fabriquons des masques de carnaval, essentiellement pour Bâle», précise le fer de lance de «Dildi Larve». Cette PME, qui a un pied à La Chaux-de-Fonds (l’atelier) et l’autre dans la cité rhénane
(le magasin), partage ce marché de niche avec une dizaine de concurrents:

Il y a 15 000 personnes qui font le cortège avec un masque neuf et la moitié environ est réalisée par des pros comme nous.»

Et dire que tout a commencé le jour où le petit Michel est revenu de l’école avec un hippocampe en plâtre sous le bras! «Mon père, qui était décorateur, voulait en façonner un grand pour le mettre en vitrine.»

Comme il ne savait pas comment s’y prendre, il est allé demander conseil à Dildi, la tante de son épouse qui faisait commerce de masques à Bâle. «Elle envisageait justement d’arrêter et elle a demandé à mes parents s’ils voulaient reprendre l’affaire, voilà!» Lui a rejoint l’entreprise familiale à 20 ans et ne l’a plus quittée…

Une journée avec Michel Margot

Travail sur le masque encore brut
Naissance d'un masque

7 h 00: genèse
«Les cliques décident du thème et moi je propose les options techniques pour le traiter. Après, c’est dans le modelage que je m’éclate le plus! Je gomme les défauts mais pas trop de manière à ce que les masques aient l’air vivants.»

Les collègues en train de passer la pause café assis à table.
La pause café est un moment convivial.

9 h 00: pause café
«C’est le seul moment de la journée où l’on se voit tous. C’est convivial, on fait des gags, on taille des bavettes histoire de parler d’autres choses que de masques!»

Une employée en train de faire les finitions d'un masque.
L'esprit d'équipe règne dans l'atelier.

10 h 00: au diapsaon
«Ici à l’atelier, c’est comme dans un orchestre, chacun connaît sa partition. Moi je suis le chef, celui qui donne le «la», mais je ne mène pas pour autant mes employées à la baguette.»

Michel Margot en train de décharger des cartons du camion.
Michel Margot est beaucoup en route pour livrer ses trésors

13 h 00: export
«Chaque année, je fais à peu près 25 allers et retours entre l’atelier et le magasin. Il y a parfois des réactions hallucinantes lorsqu’on livre le masque fini, il arrive même que des clients pleurent!»

Essai du masque sur la personne qui le portera.
Des masques très personnels

17 h 00: sur mesure
«Nos masques sont adaptés en fonction de la physionomie et des besoins spécifiques de chaque client. On assure ainsi un suivi personnalisé et individuel jusqu’à la livraison finale.»

Texte: © Migros Magazine | Alain Portner

Auteur: Alain Portner

Photographe: Stephan Bohrer