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6 février 2017

Il a racheté son journal

Pour sauver le «Journal de Morges», dont il est le rédacteur en chef depuis dix ans, Cédric Jotterand n’a pas hésité à puiser dans ses propres économies et à mobiliser des investisseurs locaux. Un véritable pari sur l’avenir qu’il a bien l’intention de gagner.

Cédric Jotterand continue de croire en l’avenir du «Journal de Morges»qu’il dirige depuis 2007.

La foi dans l’information locale

A l’heure où d’aucuns annoncent la fin programmée de la presse papier, Cédric Jotterand continue de croire en l’avenir de l’hebdomadaire qu’il dirige depuis 2007. L’été dernier, le rédacteur en chef du Journal de Morges a mis la main au porte-monnaie familial pour éviter que ne disparaisse le titre phare du district vaudois de 16 000 habitants né en 1894.

«Mais rien n’aurait été possible sans m’entourer d’investisseurs croyant en notre ancrage local et en notre avenir, souligne le quadragénaire désormais à la tête d’une petite PME de onze personnes. Un journal comme le nôtre constitue un lien fort entre les autorités politiques et la population, entre les entreprises régionales et leur bassin de clients. C’est pourquoi près des deux tiers des 62 communes ont aussi accepté de soutenir notre reprise d’indépendance.»

A vendre depuis 2014 par le groupe Tamedia décidé à rationaliser son portefeuille de titres, le Journal de Morges n’avait pas trouvé preneur. Le groupe zurichois a donc accepté le paiement de la moitié de la somme désirée pour le titre. «Nous avons maintenant cinq ans pour dégager l’autre moitié par notre travail. C’est un pari, mais pas un pari risqué, car je suis certain que nous allons y arriver. Parce que nous connaissons les gens d’ici et les gens nous connaissent.» La mission du journal n’a ainsi pas varié: parler de la vie du district.

Une journée avec Cédric Jotterand

10h00 Séance de rédaction «Ces réunions avec mon équipe sont évidemment importantes. Mes collaborateurs habitent tous dans la région, et lors des séances, ils amènent plein de sujets avec eux.»

12h00 La pause au bureau«Comme la plupart d’entre nous, je mange au bureau à midi. Soit j’amène un repas de la maison, soit je vais acheter quelque chose en ville.»

13h00 En déplacement«Ce petit vélo électrique pliable est très pratique pour rouler dans le centre de Morges. Je l’utilise pour me rendre à mes rendez-vous.»

Montre connectée «Je suis tout le temps connecté et, à la maison, ma femme et mes deux enfants (16 et 14 ans) m’en font parfois le reproche.»

14h00 Visite des clients«Pour un journal régional comme le nôtre, les rendez-vous avec nos clients sont bien sûr très importants. Là, je rencontre Blaise Hermann, propriétaire d’une œnothèque morgienne et vice-président des vins de la commune.»

17h00 Prochain numéro«Le chemin de fer reste l’outil essentiel pour avoir une vue d’ensemble du prochain numéro.»

18h00 L’heure du sport«J’ai fait beaucoup de foot et après une déchirure des ligaments il y a six ans, je me suis mis à la course à pied. J’ai participé à plusieurs semi-marathons, comme à Venise et à Morat-Fribourg.»

Texte: © Migros Magazine | Pierre Léderrey

Auteur: Pierre Léderrey

Photographe: François Wavre