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21 mai 2012

Il aime le blues sans l’avoir

Avec un ami, Thomas Lecuyer amène les douze mesures du Delta jusqu’à Crissier (VD). Un petit festival authentique et une belle histoire.

Thomas Lecuyer
Thomas Lecuyer a créé une manifestation familiale, accueillant sur deux soirs quelques centaines de personnes.

Les douze mesures des origines, gratouillées sur des guitares en bois hors d’âge, quelque part au fin fond du delta du Mississippi. De vieux musiciens noirs dont la notoriété publique fut souvent inversement proportionnelle à leur influence sur des stars blanches, d’Eric Clapton à Gary Moore. Bref, un «blues authentique, celui des racines. Une musique fondatrice à laquelle pourtant aucun des multiples festivals de la région ne rend pleinement hommage.»

Thomas Lecuyer et son copain Vincent Delsupexhe se sont mis en tête de façonner un festival à l’image de cette musique toujours portée par nombre de vieux survivants comme de nouveaux disciples. Première mesure: la Nuit des Publivores, pour laquelle Thomas Lecuyer seconde Hervé Bouzigon depuis quatorze ans, quitte le Jura après une inondation et vient installer ses archives dans le château de Crissier. «Le cadre est magnifique et la commune a la volonté de dynamiser les lieux. C’est ainsi qu’est née l’idée d’y créer un festival.»

Nous cherchons à nous installer sur la durée.

Une manifestation familiale, accueillant sur deux soirs quelques centaines de personnes. S’occupant désormais de la programmation de la salle du Lido à Lausanne, Thomas Lecuyer s’associe à un ami de longue date, Vincent Delsupexhe, grand écumeur de petits festivals américains. La première édition du Blues Rules Festival de Crissier a lieu en 2010 et trouve rapidement son public.

Durant le week-end de la Pentecôte, la manifestation soufflera donc ses trois bougies avec une formule toute simple mais follement séduisante: une seule petite scène sise dans un charmant jardin, de quoi grignoter et boire, en se régalant de notes électriques ou acoustiques. «Nous cherchons à nous installer sur la durée en trouvant le juste milieu entre un côté artisanal et les trop grosses machines», sourit Thomas Lecuyer. Un organisateur heureux, loin d’avoir le blues.


Une radio à lampes qui appartenait à ses grands-parents.
Une radio à lampes qui appartenait à ses grands-parents.

Un objet fétiche

Ma vieille radio à lampes de 1963. Elle fonctionne encore parfaitement et appartenait à mes grands-parents qui m’ont en partie élevé. C’est un joli souvenir d’eux, qui m’ont beaucoup apporté et appris à ne jamais baisser les bras.


Saint-Malo, où il retourne régulièrement. (Photo:  istockphoto).
Saint-Malo, où il retourne régulièrement. (Photo: istockphoto)

Un lieu de ressourcement

Saint-Malo. Je suis Breton d’origine, j’y retourne régulièrement, au moins une fois par année. Un endroit superbe, ouvert sur l’horizon, un port d’attache qui donne des envies de voyages.


Une capsule de bière qui le fait penser à ses meilleurs amis de l'époque.
Une capsule de bière qui le fait penser à ses meilleurs amis de l'époque.

Un porte-bonheur

Cette capsule de bière, toujours à mon porte-clés depuis dix-huit ans. Souvenir d’une dernière mousse dégustée à Lyon avec mes deux meilleurs amis de l’époque. Avant que la vie ne nous sépare, et que l’un d’eux décède.


Mon bar préféré

J’adore le Great Escape à Lausanne. C’est un peu mon stamm, j’y suis très souvent. On y mange d’excellents hamburgers.


Il collectionne tous les enregistrements en vinyles ou en CD de Ray Charles.
Il collectionne tous les enregistrements en vinyles ou en CD de Ray Charles.

Mon musicien préféré

Ray Charles. Je cultive une véritable passion pour sa musique, je collectionne tous ses enregistrements en vinyles ou en CD. Sinon la programmation du festival me fait découvrir plein d’artistes superbes, parce que le blues est très riche et je suis loin de tout connaître.

Auteur: Pierre Léderrey

Photographe: Christophe Chammartin