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18 novembre 2013

Ils militent pour un réseau routier digne de ce nom

Pour la grande majorité du monde politique comme de l’économie, refuser l’augmentation de la vignette à 100 francs reviendrait à freiner nombre de projets destinés à la route.

Le prix de la vignette autoroutière n’a pas changé depuis 1995.
Le prix de la vignette autoroutière n’a pas changé depuis 1995. Photo Keystone

L’augmentation est-elle trop brutale? Le passage de la vignette autoroutière à 100 francs défendu par la ministre des Transports Doris Leuthard devra passer l’épreuve du vote populaire avant d’entrer en vigueur. Le projet avait pourtant reçu l’aval du Parlement, gauche et droite ayant accepté l’idée de financer par ce biais la reprise de 400 kilomètres de routes cantonales par la Confédération, ainsi que divers projets de contournements de localités, comme ceux de La Chaux-de-Fonds, du Locle ou de Morges.

C’était compter sans un vaste et étonnant front d’opposition, démarrant du côté des Verts et de l’ATE – toujours soucieux de freiner le bétonnage du paysage et le transport privé – avant d’arriver à l’UDC et au TCS évoquant une augmentation «abusive» et finalement pas destinée aux seules autoroutes.

En attendant la votation du 24 novembre, le camp des pro-vignette redonne de la voix.

Elus de tous bords, mais aussi représentants de l’économie privée rappellent que sans cette nouvelle manne, le financement du nouveau réseau routier sera impossible.

De plus, même à 100 francs, circuler sur les autoroutes suisses restera bien meilleur marché qu’à l’étranger; et cela ne représentera toujours qu’une très faible proportion (moins de 1%!) du budget d’un automobiliste. Enfin, le prix de l’autocollant n’a pas évolué depuis… 1995.

«100% de l’argent de la vignette va à la route»

Nuria Gorrite, conseillère d’Etat vaudoise.
Nuria Gorrite, conseillère d’Etat vaudoise. Photo DR

Nuria Gorrite, conseillère d’Etat vaudoise.

Pourquoi faut-il accepter cette augmentation?

Nos concitoyens et nos entreprises ont besoin de routes nationales adaptées à leurs besoins et en bon état. L’argent supplémentaire généré par la hausse de la vignette servira à financer 400 km de routes dont la responsabilité passe à la Confédération, mais également à l’entretien et à l’aménagement de tout le réseau autoroutier. En Suisse romande, cela signifie changer des revêtements en bout de course, améliorer le fonctionnement de jonctions surchargées ou encore étudier des extensions de réseau.

Que répondre au comité référendaire lorsqu’il estime que cette augmentation serait insupportable pour les petits revenus et autres patrons de petites PME avec plusieurs véhicules?

Toute augmentation est douloureuse. Mais la vignette n’a pas changé de prix depuis près de vingt ans. Quant au poids sur les PME, je me contenterai de citer le conseiller national This Jenny (UDC) qui dirige une entreprise de 220 personnes dans le domaine de la construction: «dans une entreprise normale, cette hausse représente 0,03 à 0,04 pour mille du chiffre d’affaires.» Il considère, comme moi, que c’est un prix modeste pour l’entretien et la sécurité de nos réseaux routiers.

La comparaison avec le prix des autoroutes dans les pays voisins, ou le rappel que la vignette ne représente même pas 1% du budget d’un automobiliste, vous semblent-ils aptes à convaincre?

En effet, les autoroutes resteront bon marché. De plus, contrairement à plusieurs voisins qui ont privatisé leurs autoroutes, cet argent reste en mains publiques. Enfin, si nous avions adapté le coût de la vignette à l’inflation, elle coûterait aujourd’hui 64 francs. La hausse réelle est donc un prix modeste à payer pour des routes nationales efficaces.

Les référendaires déclarent en outre qu’une vignette autoroutière à 100 francs n’apporte aucune contre-valeur à l’automobiliste. Est-ce contestable?

Cette argumentation des opposants est regrettable. Le Conseil fédéral l’a dit et je le confirme: 100% de l’argent de la vignette va à la route. En échange de la hausse, les automobilistes verront l’état des routes s’améliorer, ce qui fluidifie le trafic. Mais des projets plus importants bénéficieront aussi de ce financement. Rien que dans le canton de Vaud, les exemples ne manquent pas. Il ne faut pas freiner l’élan actuel.

Auteur: Pierre Léderrey