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25 août 2014

Immersion en couleurs

Peintre du dehors, Laurent Willenegger ne se lasse pas d’arpenter la nature et de la traduire en aquarelle. Instantanés jurassiens à découvrir à travers une expo à Montricher (VD) et un livre assorti.

Laurent Willenegger devant une de ses toiles, dans son atelier
Laurent Willenegger: «Mon premier atelier, c’est dehors. Le deuxième, c’est ici chez moi, à Giez (VD). Quand je travaille, l’huile de lin parfume toute la maison! Par la fenêtre, je vois passer les oiseaux.»

Il fait glisser l’eau sur la feuille rugueuse puis, d’un coup de pinceau, fait surgir la ligne d’horizon, la masse ténébreuse de la forêt, les accrocs de la falaise. Question aquarelle, Laurent Willenegger a depuis longtemps dépassé les erreurs du débutant. En trente ans de métier, il ne se perd plus dans les détails, sait trouver l’équilibre de l’ensemble pour faire apparaître paysages, oiseaux en vol ou fleurs alpines.

Autodidacte qui n’a jamais lâché les pinceaux depuis un 1er prix de dessin décroché à l’école, il sait très vite que c’est la nature qui l’appelle. Cette nature inépuisable, avec ses traces, ses nids, ses bouquetins qui passent ou son hibou qui veille, qu’il a retranscrite pendant quinze ans pour le journal La Salamandre.

Je recherche l’immersion. Ce qu’on ramène à la maison, c’est souvent les miettes de ce qu’on a vécu.»

Laurent Willenegger est aussi un pisteur. Qui arpente, jumelles autour du cou, les Alpes ou les crêtes du Jura, été comme hiver, pour croquer l’inédit, saisir ce qui palpite.

La nature est mon atelier. Je fais mes dessins à l’extérieur, sur le vif, pour éviter que l’impression ne se dilue.»

Un pisteur qui vole désormais de ses propres ailes – «c’est difficile, mais je fais toujours ce qui me passionne» – et s’expose à Montricher.

«Sur les crêtes, dans les combes», expo du 31 août au 12 octobre 2014, galerie La Chaumière à Montricher. Infos sur: www.wildsideproductions.ch

Une journée avec Laurent Willenegger

Laurent Willenegger en randonnée.
Laurent Willenegger aime la lumière du matin.

06 h 30: poudre d’escampette
«Je me réveille tôt, j’aime la lumière du matin. Et je file dans la nature avec mon barda. Plus on sort, plus on a d’indices et d’envie de revenir. Je sens le vent, l’odeur du thym. Ça fait partie de la mise en condition pour peindre.»

Laurent Willenegger en train de peindre, assis sur les rochers.
Peindre la nature, c'est entrer dans son univers!

8 h 15: la nature en couleurs
«J’ai commencé à peindre par intérêt naturaliste, puis par goût artistique. Je me fiche de voir l’oiseau rare, je préfère entrer dans un univers. La nature sauvage me nourrit, m’apaise, me stimule, parce qu’elle est inépuisable.»

Les deux amis en train de boire un café dans le jardin.
Laurent Willenegger et Benoît Renevey sont sur la même longueur d'ondes!

11 h 00: passion commune
«Je passe souvent chez Benoît Renevey, photographe animalier. Gamin, je lui demandais conseil et puis on est devenus amis. On a fait des bivouacs ensemble, on s’échange des infos sur les oiseaux. On exerce le même métier, c’est juste la technique qui diffère.»

Chez l'imprimeur
Le livre «Sur les crêtes, dans les combes» est en cours de réalisation.

14 h 20: impression en cours
«Je suis le processus de fabrication de mon prochain livre «Sur les crêtes, dans les combes» (aux Editions Wildsideproductions). L’imprimerie est près de chez moi, à Grandson. Il me semble important de soutenir l’emploi et le savoir-faire régional.»

Laurent Willenegger en train de nettoyer une plaque de verre.
Une étape que Laurent Willenegger aime bien.

15 h 30: mise sous verre
«L’encadrement, c’est le bout du processus. Mon père fabrique les cadres en bois et je fais la mise sous verre. C’est une étape que j’aime bien, il faut choisir, signer les œuvres et les glisser dans le cadre. C’est comme leur mettre un vernis.»

Laurent Willenegger  en train de faire des pâtes avec ses fils.
Faire de bonnes pâtes demande autant de technique que peindre une belle aquarelle!

19 h 00: pâtes maison
«J’avais ce vieux rêve de faire mes pâtes moi-même. On a acheté une machine et on s’y est mis. Pendant un an, on a mangé des spaetzli, parce qu’on n’arrivait pas à la bonne consistance! Maintenant, on les prépare en famille. On les découpe rustiques, épaisses, c’est vite fait et c’est délicieux!»

Auteur: Patricia Brambilla