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23 mars 2015

Interprète de poche

Les logiciels de traduction s’enrichissent de nouvelles fonctions très pratiques et se montrent de plus en plus performants. Mais ils sont encore loin d’égaler la qualité du travail d’un humain!

Google Traduction photo
Google Traduction permet de traduire un texte à travers l’objectif de son smartphone.

Si vous avez l’habitude qu’un «hot dog» se transforme en un «chien chaud» ou que «Hi honey!» se mue incompréhensiblement en «Salut, le miel!»… alors vous êtes un habitué de la traduction automatique. A partir d’un ordinateur ou sur un smartphone, ces logiciels sont de plus en plus sollicités et comptent aujourd’hui des fonctionnalités inédites très pratiques.

Il y a d’abord la nouvelle mouture de Google Traduction qui permet, à travers l’objectif de son smartphone, de traduire un texte. Très utile pour se repérer à Pékin grâce aux panneaux routiers ou pour commander dans un restaurant à Moscou! Le résultat est instantané et s’inscrit dans la langue choisie dans la même police et couleur que le texte original. Bluffant!

Microsoft n’est pas en reste dans ce courant d’innovations. Son célèbre logiciel de visiophonie Skype permet dorénavant de traduire de manière continue les propos de chacun des deux interlocuteurs (pour l’instant disponible uniquement en version bêta, pour l’anglais et l’espagnol). Comment ça fonctionne? Le système se charge d’abord de retranscrire les paroles par reconnaissance vocale. Le texte est ensuite traduit dans la langue désirée et apparaît sous forme de sous-titres sur l’écran ou est lu par une voix informatique.

Toujours le même point faible


Si ces nouveaux logiciels impressionnent par leur facilité d’utilisation, ils souffrent encore d’un point faible non négligeable: la précision des traductions qui reste très approximative. «Le résultat, aujourd’hui encore, n’est acceptable que s’il est suivi d’une étape de correction opérée par un humain», indique Pierrette Bouillon, professeur à la Faculté de traduction et d’interprétation à l’Université de Genève. N’essayez pas de rendre un travail de diplôme à votre professeur, traduit de manière automatique par Google Traduction!» Car le logiciel se contente en effet de rechercher sur internet des segments de textes les plus proches du morceau à traduire, et disponibles en version bilingue. Puis il opte pour le résultat qui a les meilleures probabilités d’être le plus juste. Ou le moins faux, devrait-on dire.


«Les technologies s’améliorent d’année en année, reconnaît la spécialistes en technologies de la traduction. Mais à un moment donné la qualité de ces outils plafonnera! Il s’agira alors de leur intégrer des règles linguistiques et de grammaire pour minimiser le nombre d’erreurs...» Que les interprètes se rassurent: le jour n’est pas encore venu où les machines les mettront au chômage!

Texte © Migros Magazine – Alexandre Willemin

Auteur: Alexandre Willemin