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7 juillet 2013

Des flacons à la route: verre… idique!

Isabelle Kottelat se penche cette semaine sur le recyclage du verre.

Un kilo 
de verre 
usagé donne un kilo de 
verre recyclé.
Un kilo 
de verre 
usagé donne un kilo de 
verre recyclé.

Tout le monde sait aujourd’hui que la célèbre pantoufle de Cendrillon n’était à l’origine – c’est-à-dire avant Charles Perrault – pas découpée dans du verre, mais bien dans du vair, soit de la fourrure de petit écureuil. Mais ce n’est pas parce que le verre n’existait pas.

Il est presque aussi vieux que la terre, sous la forme d’obsidienne, cette roche volcanique dans les gris, vert foncé, rouge ou noir.

De la lave très épaisse et riche en silice. Normal. Vous saurez pourquoi plus bas. On en trouve encore en abondance dans les îles Canaries, en Islande, dans les îles Eoliennes ou en Sardaigne. Au Mexique ou au Japon aussi. C’est l’un des plus vieux matériaux utilisés par l’homme. Découper grossièrement des lames, pointes de flèche et bijoux durant la Préhistoire, passe encore: ce n’est pourtant pas avec ça qu’on coule nos flacons.

Les Phéniciens auraient par hasard découvert l’art d’élaborer le verre vers 3000 ans avant Jésus-Christ en utilisant des blocs de soude pour enflammer leurs foyers. Mélangés au sable (dont la silice est le premier constituant), ils se seraient transformés en la première pâte de verre, comme le racontera bien plus tard Pline l’Ancien dans son Historia Naturalis. Hypothèse discutée puisqu’il faut une cuisson à 1300 degrés pour obtenir du verre!

Quoi qu’il en soit, les premiers objets en verre datent de cette époque-là. Et la matière première pour fabriquer du verre reste encore aujourd’hui le sable. Vous voulez une recette plus précise? Voici la première, celle du roi assyrien Assurbanipal qui vécut 700 ans avant J.-C.: «Prends 60 parties de sable, 180 parties de cendres issues de plantes marines, 5 parties de craie et tu obtiens du verre!» Sinon, vous pouvez tout aussi bien vous lancer dans l’élevage de diatomée, une algue d’eau douce qui sait fabriquer de délicates coquilles de verre.

Moins poétique, notre époque vise l’économie: un kilo de verre usagé donne un kilo de verre recyclé. Il peut être refondu à l’infini et ne sert pas qu’à confectionner des flacons. En Suisse, près d’un tiers du verre usagé collecté remplace le gravier dans les travaux publics, nous apprend l’Office fédéral de l’environnement.

Auteur: Isabelle Kottelat