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14 juillet 2014

Dormez bien!

Saviez-vous que? la chronique d'Isabelle Kottelat.

Illustration montrant un homme au lit
Illustration montrant un homme au lit

On amasse, on entasse et on planque tout sous le lit. C’est ce que faisaient nos grands-pères pour thésauriser leurs maigres économies. Un comportement aussi vieux que l’Antiquité. Puisque même le mot lit dérive du verbe «legere» qui signifie justement entasser, amasser. Bon, de la paille et des feuilles en l’occurrence, pour faire la couche un brin moelleuse. Les paillasses ancestrales n’étaient pas aussi douillettes que nos matelas.

Et on n’y faisait pas que dormir. Vous voyez où je veux en venir? Pas du tout. Jusqu’à il y a quelques siècles, en plus des galipettes, au lit, on y reçoit, on y mange, on y travaille! Enfin, chez les riches. Chez les pauvres, on y naît, on y dort, on y meurt. Chez les riches, les lits sont surélevés sur des pieds pour éviter la vermine et on en a plusieurs, en fonction des activités; chez les pauvres, on se contente de sacs de jutes bourrés de paille à même le sol.

Toutankhamon en emporte cinq dans la tombe – des lits, pas des sacs… Et aujourd’hui, on y passe quand même le tiers de son temps. Pas que pour dormir puisque les modes passent et reviennent: on y travaille aussi pas mal, via les écrans. Le siècle dernier, des grands de ce monde étaient déjà connus pour y régler leurs affaires professionnelles, comme Winston Churchill; Matisse y dessine, Colette y écrit et Proust y court à la recherche du temps perdu…

Et si les couches de nos ancêtres étaient courtes, ce n’est pas qu’ils étaient petits ou qu’ils dormaient assis. La thèse est controversée. Des ouvrages comme «La médecine et les médecins en France à l’époque de la Renaissance» parlent de position allongée. Et même de recommandations pour bien dormir et bien digérer durant la nuit: d’abord, pour le premier sommeil, sur le côté droit pour que la viande descende au fond de l’estomac, puis sur le côté gauche pour que le foie se repose…

© Migros Magazine - Isabelle Kottelat

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck