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8 mai 2017

Jamais sans mon «bullet journal»

Agenda, calendrier ou carnet de notes? Outil d’organisation déconnectécréé par un designer new-yorkais, le «bujo» rencontre de plus en plus d’adeptes, aussi en Suisse romande.

Myriam Avondet et son «bujo»
Myriam Avondet transmet avec plaisir son savoir-faire du système«bujo», qui luia grandement simplifié la vie.

Qui a dit que l’avènement des nouvelles technologies et de leurs outils ultraperfectionnés pour mieux gérer ses journées , agendas synchronisés et applications de planification en tête, avait sonné le glas des beaux carnets? Que le plaisir de griffonner sur du papier grainé, à la plume ou au crayon, était moribond?

Déferlant tout droit des Etats-Unis, la mode du «bullet journal», ou «bujo» pour les initiés, semble pourtant bel et bien faire un pied de nez à l’univers 2.0. Jamais entendu parler de ce nouveau système d’organisation 100% déconnecté? Suivez le guide!

1. Kézako?

Personnalisable à souhait, le «bullet journal» se trouve à la croisée des chemins entre l’agenda traditionnel, le journal intime, le calendrier et le carnet de notes. Il offre aussi la possibilité de créer des inventaires (tâches à accomplir, mais également livres à lire, villes à visiter, restaurants à découvrir, etc.), à compléter au gré de ses envies.

Un «bujo» décliné en version mensuelle.

«Moi qui ai toujours tenu des listes et qui adore les cahiers en tout genre, cela me permet de tout centraliser. Je suis beaucoup mieux organisée», souligne la Renanaise Myriam Avondet, 32 ans, qui a adopté le «bujo» depuis quelques mois déjà et dispense astuces et conseils sur un groupe Facebook d’adeptes romands.

Chacun peut composer son cahier comme il l’entend. Et c’est bien là tout l’intérêt.»

Quant à son nom si particulier, nous y reviendrons plus tard…

2. Choisir son carnet

Un «bujo» décliné en version hebdomadaire.

Inutile de débourser des mille et des cents pour se lancer: le «bullet journal» se construit sur un cahier vierge, quel qu’il soit. «Je conseillerais de ne pas trop investir d’argent au début, souligne notre spécialiste. Cela évite de se mettre la pression de redouter à chaque page de faire une rature.

Pour ma part, j’ai commencé avec un vieux carnet que j’avais à la maison.»

Remarquant que la méthode lui plaisait, elle s’est offert un Leuchtturm 1917, la Rolls Royce des adeptes du «bullet journal». «Il a l’avantage de comporter une table des matières ainsi que des pages déjà numérotées, ce qui s’avère très pratique par la suite.

Chacun est libre de choisir ce qui lui convient le mieux,

qu’il s’agisse d’une couverture souple ou rigide, de pages blanches, lignées, quadrillées, ou juste avec des points, une particularité des utilisateurs de bujo.»

3. Se lancer

Même si le «bullet journal» offre une grande liberté à ses utilisateurs, il faut respecter quelques notions de base. «Il est indispensable de commencer par un planning annuel (ou «future log», comme l’appellent les mordus du «bujo», ndlr), couvrant au moins les six premiers mois, précise Myriam Avondet. Cet agenda se créant au fur et à mesure, cela permet d’avoir dès le départ une vue d’ensemble sur l’avenir.»

Suivent les plannings mensuels et hebdomadaires, à compléter au début de chaque mois et semaine, en y notant progressivement ses rendez-vous et ses listes de tâches quotidiennes.

C’est évolutif: si mon système ne me convient plus, rien ne m’empêche d’en adopter un différent le mois suivant.

J’ai pris l’habitude par exemple de dessiner chaque jour le temps qu’il fait. Et j’indique l’intensité de mon rhume des foins, en griffonnant une ou plusieurs petites fleurs...» Voilà d’ailleurs une autre particularité du «bullet journal»: un système de symboles, lui aussi déclinable et personnalisable à l’infini.

4. Vous avez dit «bullet»?

Gros plan sur la double-page avec la planification des menus.
La planification des menus de Myriam Avondet risque de faire des adeptes …

En anglais, «bullet» signifie balle de revolver, mais aussi la puce, ce gros point utilisé en typographie pour isoler chaque élément d’une liste. Les adeptes du «bujo» ont imaginé toutes sortes de pictogrammes se référant à des catégories bien précises. «Les tâches à effectuer sont désignées d’un simple point, tracé d’une croix une fois qu’elles sont achevées. Les petits ronds vides correspondent aux rendez-vous. Chacun peut ensuite créer ses propres symboles selon ses besoins.

Pour ma part, j’ai adopté un code couleur afin de repérer plus facilement ce qui se réfère à moi, à mon mari et mon fils.»

Selon le nombre de pictogrammes choisis, il sera donc peut-être utile de créer au début de son journal une page de décodage… Et qu’en est-il d’une tâche qui n’aurait pas été accomplie au moment prévu? Ryder Carroll, le créateur du «bullet journal», a pensé à tout: il suffit d’y accoler une flèche vers la droite et de la reporter dans votre prochain planning hebdomadaire ou mensuel.

5. Personnaliser

Libre à chacun de composer au fur et à mesure les inventaires qui conviennent, des bonnes résolutions pour l’année aux idées de sorties en passant par une liste de citations qui mettent de bonne humeur. Et de prendre soin de noter l’emplacement de chacune de ces collections – pour utiliser le terme consacré – sur sa table des matières. Une des particularités du «bujo» de Myriam Avondet? Sa planification des repas de la semaine.

Mon système de post-it me permet d’inverser facilement les menus, c’est très pratique!»

Par ailleurs, si le «bullet journal» de Myriam Avondet est richement coloré et illustré – il faut dire qu’elle anime à Bussigny (VD) des ateliers pour développer sa créativité – il n’est nullement nécessaire d’avoir une âme d’artiste pour se lancer.

Le carnet de mon mari est beaucoup plus sobre et plus fonctionnel. Et il a opté pour un plus petit format, qu’il peut glisser dans sa poche.

Pour ma part, au-delà du côté organisationnel, je prends beaucoup de plaisir à décorer mon «bujo». Et cela me permet de garder une trace de mes journées…» 

Texte: Migros Magazine / Tania Araman

Auteur: Tania Araman

Photographe: François Schaer