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29 septembre 2016

«Je sentais que j’étais faite pour ça»

Léna Vinciguerra, aspirante de police.

Ce qu’aime Léna Vinciguerra dans son métier? Fouiller, aider, et vivre 
l’imprévu.
Ce qu’aime Léna Vinciguerra dans son métier? Fouiller, aider, et vivre l’imprévu.

En rangers et pantalons bleu marine, Léna Vinciguerra a le regard franc et la poignée de main directe. A 29 ans, cette jeune femme de La Chaux-de-Fonds est en train d’effectuer son année d’aspirante à l’école de police de Colombier (NE). Avec le sourire. «C’est une chance de travailler à la police. On s’est retrouvé à 200 pour le recrutement et on n’est que quatre nanas à avoir été prises!»

Ce choix d’entrer dans la police ne s’est pas fait tout de suite. Même si l’idée était dans un coin de sa tête depuis pas mal de temps. Un diplôme de commerce en poche, elle part à 20 ans pour les Etats-Unis, histoire de mûrir et d’apprendre l’anglais. Revient et trouve un poste aux archives de l’hôpital de La Chaux-de-Fonds. Elle y passe quelques années, mais «n’y voit pas vraiment d’avenir» et l’école de police revient lui trotter dans la tête. «Je sentais que j’étais faite pour ça: chercher des infos, aider les gens, l’imprévu chaque jour.» Ses parents l’encouragent, son frère aîné s’inquiète un peu. Mais aujourd’hui Léna Vinciguerra est ravie de sa décision.

Travailler dans un milieu d’hommes ne lui fait pas peur.

Je m’entends bien avec eux. Il y a moins d’histoires, ça y va, on n’a pas trop le temps de réfléchir.»

Et puis, elle est persuadée que la présence d’une femme dans les interventions de police contribue à calmer le jeu. «J’essaie toujours d’être aimable, de favoriser la discussion. Mais s’il faut se durcir, je serai là», dit cette sportive au mental positif qui a troqué ses gants de boxe contre des chaussures de course. «Je fais du sport en fonction des saisons. Ça me permet d’évacuer.»

Désormais le lourd ceinturon avec tous ses accessoires, bâton, spray, pistolet, menottes, radio, etc. fait partie de sa vie. Une vie devenue beaucoup plus intense que toutes les séries télé. «NCIS, Les experts, ça donne une fausse image du métier. Du coup, je ne les regarde plus…» Les boucles d’oreilles et les talons hauts, elle les garde pour le privé. Pour l’heure, elle s’épanouit dans son quotidien d’adrénaline.

Allumer le feu bleu sur la voiture, c’est le truc qu’on attend tous.»

Texte © Migros Magazine – Patricia Brambilla

Auteur: Patricia Brambilla

Photographe: François Schaer