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4 mai 2015

Jean-Luc Barbezat recto verso

Loin de son rôle de simplet, l’humoriste est aussi metteur en scène. Regardez les spectacles de ses collègues: vous trouverez son nom (presque) partout.

Jean-Luc Barbezat photo
Pour ses collègues humoristes, Jean-Luc Barbezat se transforme à la fois en psy, en complice et en critique.

Barbezat, c’est déjà lequel? Le brun ou le blond?» Dorénavant, cette question lancinante n’aura plus lieu d’être. Parce qu’on saura enfin comment différencier les deux: Jean-Luc Barbezat, c’est le blond. Et celui qui, bien loin de son image de doux nigaud, met discrètement en scène une grande partie de ses collègues humoristes. Brigitte Rosset, Frédéric Recrosio, Karim Slama, Pierre Aucaigne, Marc Donnet-Monay, Yann Lambiel, Sandrine Viglino: autant d’artistes qui – avec bien d’autres – comptent régulièrement sur lui pour les conseiller dans la mise en place de leur prochain spectacle. «Ils viennent chercher un complice, un psy, un critique, un partenaire, un confident…» Et lui, il se met au service de chacun. Certaines fois pour un simple coup de main, d’autres fois sur du long terme.

Une question de confiance

Mais n’allez pas penser qu’on remarque partout la «patte Barbezat». «Il s’agit d’apprivoiser chacun, et la technique est toujours différente, souligne le metteur en scène. On n’approche pas Aucaigne, qui fonctionne à la fulgurance et à l’instinct, comme on approche Brigitte Rosset ou Recrosio, plus réfléchis, et aussi plus structurés.» Par ailleurs, il va sans dire que le type de mise en scène pour un Frédéric Recrosio, justement, qui, «assis à une table, confie ses réflexions», n’est pas la même que pour un Lambiel, «qui incarne une multitude de personnages». Ensuite, tout est question de confiance. Et de respect réciproque. «J’essaie de prendre ce qui est bien chez chacun et de le mettre en évidence. En réalité, je fais souvent plus du coaching que de la mise en scène.»

Multiples casquettes

En parallèle, Jean-Luc Barbezat a enfilé la casquette de directeur artistique du Montreux Comedy Festival depuis le début de l’année. Et continue à travailler avec Benjamin Cuche, copain d’enfance devenu frère de scène: «Sans Cuche, je pense que je ne vaux pas grand-chose. C’est dur pour un humoriste d’être seul face au public. Nous, on a toujours été ensemble et nos galères sont nos meilleurs souvenirs. Si on les avait vécues seuls, on aurait fait une dépression», plaisante-t-il. Le comédien avoue toutefois que, malgré le plaisir de jouer sur scène, c’est la reconnaissance de ses pairs qui lui est le plus précieuse. Et aussi le bonheur de créer des événements théâtraux hors normes.

Le prochain spectacle

C’est ainsi que son compère et lui planchent actuellement sur un «Grand Bazar de Cuche et Barbezat»: un spectacle d’un genre nouveau, prévu pour l’an prochain, qui intégrera des numéros de cirque et music-hall et fonctionnera davantage sur le visuel. «On jouera notre rôle de réunificateurs et de traits d’union entre les artistes.» Car son truc à lui, c’est de «décloisonner l’humour», mélanger les genres et favoriser les rencontres.

Mais les projets abondent: cet automne, il accompagnera Yann Lambiel dans la création de son nouveau show et mettra en scène un spectacle sur (ou «contre» s’amuse-t-il) les religions, produit par Jean-Luc Nordmann et écrit par Laurent Flütsch et Thierry Meury. Et en 2016, il intégrera aussi «Machines de cirque», un nouveau cirque québécois qui fait le buzz outre-Atlantique – accompagné de son pote de toujours, bien sûr.

Texte © Migros Magazine – Véronique Kipfer

Auteur: Véronique Kipfer

Photographe: Christophe Chammartin