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25 septembre 2015

Jeb le blaireau et les barons de la drogue

C’est impératif. Je dois commencer par Jeb Bush, sa tête de marmotte… ou de loutre. Non, de belette. A moins que… de martre? (…) Mais oui, c’est ça: de blaireau! Jeb Bush, donc, devant 25 millions de téléspectateurs sur CNN, mou comme un stick de réglisse, qui déclare: «Ma mère n’est sûrement pas très contente que je le fasse ici mais j’admets avoir fumé de la Marijuana il y a quarante ans.»

C'est dans ce genre de petit dépanneur de quartier que la Spice ou K2 (Marijuana de synthèse) qui fait des ravage ces temps à New York, est distribuée, essentiellement à East Harlem. (Note: ce magasin n'est pas concerné)
C'est dans ce genre de petit dépanneur de quartier que la Spice ou K2 (Marijuana de synthèse) qui fait des ravages ces temps à New York, est distribuée, essentiellement à East Harlem. (Note: ce magasin n'est pas concerné)

Le tonnerre d’applaudissements qui a suivi saluait sa sincérité, sans doute, mais ne cache pas la division au sein même du parti républicain sur la façon d’empoigner le scabreux et redondant problème de drogue qui mine le pays. Coke, héro, crack, pain killer, beuh… Le clivage de société se présente ainsi: répression et incarcérations massives versus politique de réhabilitation et libéralisation des drogues douces (comme dans certains Etats).

Jeb Bush est traité d'hypocrite parce qu'il a avoué avoir fumé de la Marijuana plus jeune mais prône une politique très répressive.
Jeb Bush est traité d'hypocrite parce qu'il a avoué avoir fumé de la Marijuana plus jeune mais prône une politique très répressive.

Puisque j’ai fait le serment de m’intéresser, ici, aux innovations, aux modes et coutumes US, à ce que l’Amérique a sous le capot: ces dernières semaines la drogue qui a le vent en poupe et qui répand une grosse panique aux Etats-Unis à commencer par les trottoirs new-yorkais, c’est la Spice. On l’appelle également la K2, la Black Mamba ou d’autres noms aussi exotiques que son packaging façon chewing-gums ou cartes Pokémon.

C’est une Marijuana synthétique: des herbes imbibées de produits chimiques censés reproduire les effets du THC en les fumant.

La K2, qu’on trouve à East Harlem, sous le comptoir, dans les bodegas (épiceries de quartiers), pour 5$ le sachet, transforme les consommateurs en zombie et les met en danger de mort après une longue série d’effets secondaires, hallucinations, crises d’épilepsie, crises cardiaques, AVC. Note à maman Bush: inspirer - rien à voir avec ce que fumait Jeb - expirer.

La semaine dernière, la police a annoncé un coup de filet sur dix trafiquants après des raids dans une centaines de magasins et d’entrepôts. Un coup à 30 millions qui ne serait que la pointe de l’iceberg de ce marché florissant touchant, vu le prix du produit, essentiellement les sans-abri, les étudiants et les prisonniers.

La série de Netflix, "Narcos" retrace le parcours du baron colombien de la cocaïne Pablo Escobar.’
La série de Netflix, "Narcos" retrace le parcours du baron colombien de la cocaïne Pablo Escobar.’

En parlant de malfrats, à cheval entre la politique et le cinéma, précipitez-vous sur la série phare de Netflix «Narcos» qui retrace la vie du baron colombien de la cocaïne Pablo Escobar. Si vous survivez à la troublante ressemblance de l’acteur principal (Wagner Moura) avec «Marcel Patulacci, brigadier chef et agent de la paix avant tout» (Les Inconnus au commissariat), vous aurez un excellent éclairage des rapports de l’Amérique à la drogue grâce à la narration d’un agent de la DEA (Drug Enforcement Administration) et la valeur documentaire du récit.

Pour l’anecdote, à son apogée, Escobar gagnait 420 millions de dollars par semaine (oui, c’est ça, 60 millions par jour) alors que ses escadrons exportaient jusqu’à 15 tonnes de poudre blanche quotidiennement.

Il dépensait 2500$ par mois en élastique pour ses liasses de billets et a possédé jusqu’à 800 maisons au moment où il tenait 80% du marché mondial de la cocaïne. A côté de ça, Jeb est un ange. Ou un blaireau.

Auteur: Xavier Filliez

Photographe: Xavier Filliez