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6 août 2012

Jeux olympiques sur le divan

Les Jeux olympiques, c’est aussi le terrain de jeu de nombreux psys.

Dessin: un cheval et son jocky allongés sur un divan
Jamais sans mon psy !

Aux Jeux olympiques, il y a des jeux. Et des sportifs. Bon, jusque-là, tout le monde suit. Mais ce que savent peu d’entre nous, c’est que les athlètes ne partent pas tout seuls au front. Ils sont régulièrement accompagnés… d’accompagnants. Certes. Mais depuis peu aussi de psychologues. Si, si! Les grandes nations sportives comme les Etats-Unis, l’Australie ou la Norvège ont depuis longtemps pris l’habitude d’emporter un psy dans leurs bagages. Quant à la délégation suisse, c’est depuis les Jeux d’hiver de 2006, à Turin, qu’elle se déplace avec son psy perso.

Mais que diable peut bien faire un spécialiste des souffrances de l’âme dans un stade ou sur des pistes de ski? Les sportifs ont-ils une franche tendance au blues? Presque.

Aujourd’hui, ils subissent une si forte pression: l’exigence du succès, la gestion de la défaite. Le psychologue du sport est là en appui pour des questions de motivation, de préparation mentale, de concentration. Eradiquer les doutes. Et face à des journalistes toujours plus voraces, c’est important aussi que les athlètes soient bien préparés. D’après Romana Feldmann, membre du comité de l’Association suisse de psychologie du sport, le psychologue olympique sert bien sûr également en cas de crise. Individuelle d’un participant qui n’a plus la force de continuer, qu’il faut aider à retrouver confiance. De crises collectives entre tout ce petit monde fait de sportifs, d’entraîneurs, de physiothérapeutes, etc., qui vivent immanquablement quelques soucis de communication. Et la cohabitation de sportifs de différentes disciplines qui ne va pas toujours de soi. Bénéfice secondaire non négligeable: s’il éclate une situation d’urgence (maladie, mort), un professionnel peut intervenir immédiatement, comme ce fut le cas pour l’accident mortel d’un lugeur lors des Jeux de Vancouver en 2010.

Et comment faisaient-ils avant l’ère des psys? Eh bien, ils ne faisaient pas. Ou seulement un peu: c’était le job des coachs. Et il fallait parfois faire appel à des psys locaux en cas de crises.

Donc à Londres, en ce moment, c’est bourré de sportifs et de psys. Du sport divan, quoi...

Auteur: Isabelle Kottelat

Photographe: Konrad Beck