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29 février 2016

Jeux vidéo: la fin du support physique?

Aux oubliettes le bon vieux CD ou autres cartouches de jeux? Après avoir déjà conquis une majorité de joueurs sur PC, la dématérialisation poursuit son offensive sur le marché des consoles.

Et si la prochaine console de Nintendo ne disposait plus de lecteur optique? La rumeur a fait les gros titres de la presse spécialisée le mois dernier, suite à un nouveau brevet déposé par la marque nippone. La nouvelle machine, qui devrait sortir en fin d’année, ne pourrait donc lire que des jeux dématérialisés, c’est-à-dire téléchargés sur un portail en ligne.

Un tel système prévaut déjà pour les jeux sur tablettes et smartphones. Un marché qui a atteint en 2015 un chiffre d’affaires record de 25,1 milliards de dollars. Mais ce sont les ventes numériques sur PC qui représentent, avec 32 milliards l’année dernière, la plus grosse part de jeux dématérialisés. Sur consoles en revanche, on n’en est encore qu’aux balbutiements, avec un marché total de 4 milliards.

Les jeux dématérialisés, une évolution inéluctable? «C’est une période charnière, où se côtoient encore les deux types de marchés, explique Thomas Crausaz, responsable de la section Game of art à l’Ecole professionnelle des arts contemporains (EPAC) à Saxon (VS). Un jour, forcément, cela basculera du côté du tout numérique.»

Avantages et inconvénients

Car ce nouveau marché offre certains avantages: les catalogues sont très fournis, avec des jeux récents comme anciens, disponibles en tout temps et depuis son domicile. Et au niveau des prix? «Un jeu en ligne devrait logiquement coûter moins cher à l’achat, même si assurer les téléchargements représente un coût non négligeable, poursuit-il. A l’heure actuelle, les supports physiques pour les jeux sur consoles restent pourtant moins chers que sur les plateformes de téléchargement.»

Pour autant, tous les joueurs ne sont pas convaincus par la dématérialisation. Une des craintes serait notamment que les serveurs de ces plateformes online ne décident un jour de fermer définitivement. Et que l’on perde ainsi tous ses achats... «Le risque est minime, vu le succès de ces portails, à l’image de Steam sur PC, rassure Thomas Crausaz. Et puis, le système amène d’autres avantages: si c’est notre PC qui tombe en rade, on peut télécharger gratuitement une nouvelle fois tout le contenu que nous y avions déjà acquis!»

Du côté des inconvénients, il faut encore mentionner l’impossibilité de prêter les jeux achetés online à un ami. Mais également, à terme, la disparition des points de vente physiques de jeux vidéo.

A contre-courant de cette tendance croissante vers la dématérialisation, un nouveau type de produit envahit les rayons de jeux vidéo: la figurine. Tout le monde s’y met: Skylanders, Disney Infinity, Amiibo de Nintendo ou encore Lego Minifigures. Une stratégie pour fidéliser le consommateur et le faire dépenser au final une plus grosse somme? Probablement… Mais peut-être aussi la preuve que l’attachement émotionnel aux objets tangibles ne risque pas de disparaître de sitôt.

Texte © Migros Magazine – Alexandre Willemin

Auteur: Alexandre Willemin