Archives
28 novembre 2016

Jeux vidéo violents: Berne serre la vis aux mineurs

Les jeunes sont mal protégés dans notre pays contre les contenus médiatiques inappropriés. En cause: l’absence d’harmonisation nationale en matière de contrôles des magasins et donc de sanctions. Le Conseil fédéral veut y remédier et planche sur une législation contraignante au niveau suisse.

Quels sont les deux jeux en tête des ventes depuis le début du mois sur Xbox One et PS4? Call of Duty Infinite Warfare, nouvelle mouture de la célèbre série de combat futuriste, et Battlefield 1, son concurrent situant cette fois l’action durant la Première Guerre mondiale. Quelle est l’une des plus belles surprises vidéoludiques de cette fin d’année sur les deux consoles next-gen de Microsoft et Sony? Titanfall II où des soldats d’élite s’allient à des robots géants pour en découdre. Evidemment, le meilleur atout de ces jeux violents reste le «online» où force est de constater qu’une bonne partie des joueurs n’a pas les 18 ans en principe requis.

Cette situation appartiendra bientôt au passé. Le Conseil fédéral vient d’annoncer qu’il désirait tourner la vis sous la forme d’une loi contraignante au niveau national qui devrait être prête pour la fin de l’année prochaine. Avec la volonté de mieux protéger les mineurs des contenus médiatiques inappropriés. En matière de films, la disparité des législations cantonales plus ou moins permissives semble donc avoir fait long feu. L’existence d’une législation signifiera également à terme des contrôles et des sanctions pour les contrevenants. Ce qui paraît tout à fait envisageable du côté des exploitants de salles obscures. Concernant internet, par définition international, il paraît clair que Berne compte avant tout sur le soutien des acteurs du web. L’idée étant que «la protection des jeunes face aux médias» soit au moins au niveau de ce que préconise l’Union européenne, qui prévoit de renforcer par exemple la réglementation concernant les services audiovisuels à la demande.

De vraies contraintes

Du côté des manettes et des jeux vidéo, les associations comme la SIEA (Swiss Interactive Entertainment Association) saluent cette initiative qui permettra de ne plus seulement œuvrer sur une base volontaire mais autorisera de vraies contraintes juridiques auprès des détaillants comme des importateurs. Pour l’heure, sauf en matière pornographique, les contrevenants ne risquent quelque chose que dans le seul canton de Vaud. Et encore, puisque les contrôles se montrent très sporadiques.

En principe, pourtant, l’ensemble des acteurs de cette industrie en pleine croissance (elle a généré près de 230 millions de chiffre d’affaires en Suisse en 2015) se sont engagés à respecter la fameuse norme PEGI figurant sur tout emballage de jeu, également reconnue au niveau européen et désormais étendue au «online». Visiblement, cette autorégulation ne suffit pas, même si son efficacité a été démontrée: en 2013, une enquête de Bon à Savoir et de l’émission On en parle de la RTS avait révélé que seuls 12% des magasins testés avaient effectivement vendu un jeu vidéo réservé aux plus de 18 ans à une personne visiblement mineure.

Texte: © Migros magazine | Pierre Léderrey

Auteur: Pierre Léderrey