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10 août 2015

Une gardienne qui a du chien

Joanne Radelet sait soigner zèbres et chameaux, fait faire des tours de magie aux poules et danse avec sa chienne. Portrait d’une gardienne d’animaux pleine de fougue.

Joanne Radelet et sa chienne Wasabi.
Joanne Radelet et sa chienne Wasabi.

Poules, chats, chiens, rats, mais aussi chameaux, zèbres, poneys: exotiques ou non, les animaux n’ont plus de secrets pour Joanne Radelet. C’est qu’à 20 ans, la jeune gardienne d’animaux possède déjà un solide bagage professionnel. «Ma famille a toujours été passionnée d’animaux, explique-t-elle. C’est donc tout naturellement que j’ai voulu travailler dans ce domaine. A la fin de ma scolarité obligatoire, j’ai enchaîné les petits stages en chenils, vivariums et aquariums.» Elle a ensuite trouvé une place dans un véritable paradis: le parc animalier de Bel-Air au Landeron (NE). Tenu par Sarah Quiquerez, une passionnée des bêtes, le lieu accueille plus de 200 animaux de plus de 25 espèces. De quoi faire le plein d’expériences pour la jeune femme, qui garde un souvenir émerveillé de ses trois ans d’apprentissage. «Là-bas, ce n’est pas comme dans un grand zoo, souligne-t-elle. On doit gérer toutes sortes de situations, on fait de tout, et j’ai appris à bricoler, passer la tondeuse, réparer des treillis, repeindre… et courir derrière les animaux qui sortent de leur parc!» Les contacts privilégiés qu’elle a gardés avec la propriétaire des lieux l’incitent à retourner régulièrement «donner un coup de main», entre autres lors des portes ouvertes.

Incursion au cirque

Après l’obtention de son CFC, la jeune femme travaille ensuite quelques mois dans les écuries du cirque Knie, où elle s’occupe des lamas, chameaux, guanacos, chevaux et zèbres. «Ils m’ont proposé de partir en tournée avec eux, mais j’ai refusé: je ne suis pas à l’aise avec leur approche des animaux.» Si l’expérience lui laisse un goût amer, elle lui a permis de sauver deux vieux chevaux du cirque, hébergés dorénavant à Bel-Air.

Dressage de poules

En parallèle, la jeune spécialiste continue une activité entamée lors de sa dernière année de stage: le dressage de poules. «J’avais fait mon mémoire sur l’usage du clicker dans le dressage. C’est une méthode que ma colocataire trouvait géniale, et je voulais me faire ma propre opinion. J’ai donc testé avec des poules, en leur faisant faire des tours de magie.» Pourquoi des poules? «Parce qu’il fallait que je trouve un animal que je puisse transporter en train et avec lequel je puisse travailler partout. Et on sait que quand on peut clicker une poule, on est très bon!» C’est que la poule a un caractère bien trempé, et qu’elle ne travaille que lorsqu’elle est décidée à le faire. «Il faut trouver ce qui les motive vraiment. Moi, je leur avais acheté des vers de farine très chers. Mais elles n’en voulaient pas, tout comme de la polenta et du riz. La seule chose qu’elles aimaient, c’étaient de petits dés de 1 mm sur 1 mm de saucisse de Vienne. Mais après trois mois, elles ont décidé qu’elles aimaient quand même les vers de farine!»

Les poules de Joanne Radelet à l'œuvre (Source: Youtube)

Pendant quelques mois, la jeune femme a effectué des spectacles de rue avec ses trois poules, mais a arrêté récemment: trop de travail, et pas assez de temps pour les entraînements. Ses protégées coulent donc des jours heureux auprès des chevaux de cirque retraités…

Sa propre micro-entreprise

Si l’aventure avec les gallinacées est à l’arrêt pour l’instant, Joanne Radelet se consacre pleinement à sa micro-entreprise Animallô, lancée en mars 2014. Elle y propose du gardiennage d’animaux à domicile entre le Nord vaudois, Lausanne et La Côte, avec promenades, soins attentifs et caresses à foison. Les chats, chiens, équidés, animaux de rente et exotiques, ainsi que les NAC (ndlr: nouveaux animaux de compagnie), sont tous les bienvenus. «Au début, les gens m’appelaient en situation d’urgence. Maintenant, c’est pour leur confort et celui de leurs animaux!» Wasabi, sa jolie chienne retriever de la Nouvelle-Ecosse, veille au grain à ses côtés et rassure les canidés les plus timorés.

Le dog dancing, sa passion

Mais avec elle, la jeune femme partage aussi sa grande passion: le dog dancing. Après avoir perfectionné la discipline durant plusieurs années avec son ancienne chienne, voilà environ dix mois qu’elle initie la jeune retriever à ses subtilités. Le prochain concours est prévu à Genève dans six mois. «J’ai beaucoup de chance, parce que Wasabi adore travailler. Et elle qui est plutôt peureuse, à la base, se concentre si bien durant les entraînements qu’elle n’a plus peur des bruits.»

Wasabi à l'entraînement (Source: Youtube)

Du coup, maîtresse et chien s’entraînent tous les jours avec acharnement. La grande force de Wasabi: l’équilibre, qui lui permet de faire la pièce droite et de se dresser sans problème sur ses pattes arrière. Celle de sa maîtresse: créer des chorégraphies originales et audacieuses. Sachant qu’elle aime «faire les choses comme il faut», on peut parier que le duo sera gagnant!

Autres informations: www.animallo.ch

Texte © Migros Magazine – Véronique Kipfer

Auteur: Véronique Kipfer

Photographe: François Wavre/lundi13