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27 juillet 2015

Le gardien du col

Prieur de l’hospice du Grand-Saint-Bernard, le Valaisan José Mittaz partage son temps entre l’accueil, l’écoute et la résolution de problèmes plus terrestres. Comme la récolte de dons pour rénover les locaux d’une institution qui a mille ans d’âge.

José Mittaz, prieur à l'Hospice du Grand-Saint-Bernard (VS).
José Mittaz, prieur à l'hospice du Grand-Saint-Bernard (VS).

Ce matin-là au col du Grand-Saint-Bernard (VS), le prieur de l’Hospice, José Mittaz, est confronté à un problème bien peu métaphysique: une panne de machine à laver. Il reconnaît d’ailleurs que ces deux dernières années ont été surtout occupées à la recherche de fonds. L’hospice, mille ans d’existence, a besoin en effet de sérieux travaux de rénovation, devisés d’abord à 4,7 avant que l’ardoise ne grimpe à 5,8 millions de francs. «Les devis ont été faits un peu à la louche, et pour les questions de sécurité, nous n’avions pas encore les solutions, on a donc dû les estimer.» Il a fallu par exemple pour les sorties de secours «créer sur deux étages deux cages d’escaliers». Ou encore «creuser des citernes à gaz à l’extérieur pour éliminer des bonbonnes qui étaient trop proches du chauffage».

Les oboles versées jusqu’ici vont de 10 à 500 000 francs: «Pour nous un don, c’est chaque fois un visage qui dit ‹je suis avec vous dans cette mission d’hospitalité›. Ce n’est pas simplement une ligne sur un compte en banque».

Le réfectoire a été refait, des travaux importants sont en cours pour transformer toute l’auberge, la muséographie du trésor a été également totalement repensée. Autre rénovation: la passerelle qui relie l’hospice à l’auberge.

Vu de dessus ça dessine un H comme Hospitalité ou Humanité et au milieu passe la route internationale. C’est ce que nous sommes: un lieu d’accueil sur un lieu de passage.»

Ce qu’il reste à retaper, c’est la promenade des chanoines, au-dessus de la route, «avec des murs qui menacent de s’écrouler». Et sous laquelle passent les canalisations d’eau reliant la source à l’hospice. «Sans eau, pas d’hospice».

Natif de Crans-Montana, José Mittaz raconte avoir reçu «l’appel à devenir prêtre» à l’âge de 10 ans: «Je venais de perdre mon père. Je pense aujourd’hui que c’était une manière de donner du sens, de dépasser une souffrance».

Une journée avec...

Renseignements: www.gsbernard.net

Texte © Migros Magazine – Laurent Nicolet

Auteur: Laurent Nicolet

Photographe: Laurent de Senarclens