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31 août 2015

L'alternative à Google

L’écrasante majorité des recherches sur internet est effectuée grâce aux outils mis à disposition par Google. Quantité d’autres sites web proposent pourtant des services similaires, tout en garantissant l’anonymat de leurs utilisateurs.

Google sur un ordinateur dessin
Google a une situation de monopole dans le domaine des moteurs de recherche sur internet.

A ce stade, on peut parler de situation de monopole. En Suisse, 95% des recherches sur internet sont effectuées sur Google. Une tendance qui s’observe aussi à l’échelle mondiale, où sa part de marché se monte à plus de 90%. Pourtant, il existe de nombreux autres sites web qui mettent à disposition des outils très similaires. Il y a d’abord les concurrents directs à Google, par exemple le numéro deux, Bing, moteur de recherche made in Microsoft. Ou encore le célèbre portail Yahoo!, qui se classe lui à la troisième marche du podium.

Mais ces alternatives restent peu séduisantes. Puisque sur ces deux plateformes aussi, l’internaute est fiché, de manière à lui proposer des publicités spécifiques… et donc bien plus rentables!

Lorsque vous effectuez une recherche sur Google ou Bing, ces fournisseurs sauvegardent l’ensemble de vos requêtes,

y compris les adresses IP, pendant une période relativement longue, met en garde Francis Meier, porte-parole du préposé fédéral à la protection des données et à la transparence. Et si vous utilisez d’autres outils appartenant à ces mêmes entreprises, dans le cas de Google votre compte Gmail ou Youtube, l’exploitant peut identifier non seulement l’adresse IP, mais aussi la personne à laquelle elle correspond.» Toutes ces données, une fois mises ensemble, dressent un portrait très détaillé de chaque utilisateur...

Mais d’autres types de moteurs de recherche ont fait leur apparition ces dernières années. Et qui font de l’anonymat de l’internaute une priorité. Référence en la matière, la plateforme Swisscows.ch, créée l’année dernière et détenue par la société helvétique Hulbee à Egnach (TG). Ici, l’adresse IP n’est jamais détectée et aucune autre donnée n’est récoltée à propos des visiteurs, y compris leur historique de recherches.

Un site entièrement suisse

L’entreprise peut également se targuer de ne disposer de serveurs qu’en Suisse, et donc de ne dépendre que de la législation helvétique. «On sait depuis l’affaire Snowden que les entreprises américaines sont dans l’obligation de transmettre leurs données informatiques si l’Agence nationale de sécurité (NSA) en fait la demande», rappelle Francis Meier. En Suisse, la démarche est bien plus complexe et nécessite une autorisation judiciaire.»

La plateforme Swisscows.ch se démarque également de ses concurrentes par un système inédit de recherche: la reconnaissance sémantique.

Chaque nouvelle demande fait apparaître une combinaison de mots que l’internaute pourra librement choisir d’associer à sa requête»,

explique Nelli Eisenkrein, responsable marketing et management de l’entreprise thurgovienne. Si l’on tape le mot «CFF» par exemple, on nous propose d’ajouter les termes «billets» ou «horaire».

Le succès de la plateforme va grandissant, pour comptabiliser quelque 4,8 millions de recherches mensuelles. «Notre but n’est pas de supplanter Google, précise-t-elle. Il faudra encore du temps pour changer les habitudes... Mais la part du géant américain devrait encore se réduire, pour laisser la place à des moteurs de recherches.» Après la Suisse du secret bancaire, le pays semble bien parti pour se spécialiser dans la conservation de nouveaux secrets. Informatiques, cette fois.

Texte © Migros Magazine – Alexandre Willemin

Auteur: Alexandre Willemin

Photographe: Oivind Hovland