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29 juillet 2013

L’âme des Six Pompes

Programmateur du célèbre festival international des arts de la rue qui se tient à La Chaux-de-Fonds du 4 au 10 août, Manu Moser est lui-même comédien sur pavé.

Quand il ne travaille pas à la programmation du festival des arts de la rue «La Plage des Six Pompes» à La Chaux-de-Fonds, Manu Moser court le monde avec sa compagnie Les Batteurs de Pavés, spécialisée dans la mise en scène de grands textes classiques dans la rue.

«Notre orgueil, c’est de nous adresser à tout le monde, faire que des gens qui n’ont pas payé pour nous voir restent assis dans des conditions inconfortables pendant une heure et demie.»

Fort de ses deux casquettes, Manu Moser n’hésite pas à se programmer lui-même à La Plage des Six Pompes: «L’avantage, c’est que je ne coûte pas cher: quand on n’a plus de thunes et qu’il y a encore de la place, j’y vais. D’autre part, ça me permet de tester les scènes.»

8.30 h: le skate

«C’est le moyen de transport que j’utilise pour aller au travail. D’abord parce qu’on m’a volé mes vélos successifs. Et puis le skate permet d’aller très vite d’un lieu à l’autre, dans une ville pas si grande, où il ne sert à rien de se balader en bagnole. Un super moyen de transport pour garder la forme et qui te permet, en roulant moins vite qu’à vélo, de mieux voir la ville.

Manu Moser en skate.
Manu Moser aime ce qui roule!

9 h: le café matinal

«Un moment informel, où on commence à voir les infos défiler, à savoir comment va se passer la journée, à rencontrer des gens.»

Manu Moser pose en train de boire une tasse de café.
Un bon café pour démarrer la journée est indispensable à Manu Moser

10.30 h: toc-toc

«Je dois frapper aux portes pour obtenir par exemple de voisins qu’ils prêtent leur appartement aux artistes le temps du festival.»

Manu Moser en train de sonner à une porte.
Les habitants contribuent à leur façon au succès du festival.

12 h: le safari

«Au-dessus de nos locaux, dans un resto tenu par Caritas, réunion avec une compagnie qui est déjà en repérage depuis quatre jours pour préparer son safari. Lepublic aura une oreillette et devra accomplir diverses activités, comme dormir sur une place publique.»

Manu Moser en réunion avec la compagnie.
Manu Moser fait le point avec la compagnie sur l'évolution du projet.

14 h: retour au bureau

«C’est là que ça se passe, que sont tous les secrets du festival. Je suis obsédé par mon métier: je pense, je vis, je parle spectacle de rue, ou, comme on dit aujourd’hui, «art en milieu urbain».

Manu Moser dans son bureau en train de parler dans un mégaphone.
Le QG de Manu Moser.

16 h: au pied des murs

«J’inspecte les murs du quartier: il en faut 45 pour une troupe qui va y faire des collages. Lire la ville, la scénographier, voilà mon travail en amont de celui des compagnies.»

Manu Moser en train de sillonner la ville à la recherche de ses murs.
Mine de rien, rechercher 45 murs, ça use les souliers...

18 h: la ville, toujours

«J’aime me balader dans une ville, aller à sa rencontre, la sentir. Ça vient peut-être de La Chaux-de-Fonds, qui est très urbaine, et en même temps à la campagne et en montagne.»

Souliers avec motif en taches de léopard.
De bons souliers sont donc un instrument indispensable à l'activité de chasse de tout programmateur qui se respecte!

20 h: se poser, enfin

«En début de soirée, j’aime prendre l’apéro en ville et rappeler aux gens qu’on a besoin de bénévoles pour le festival, ou écouter un vinyle ou lire un polar chez moi. Par beau temps, je sors volontiers lire sur un banc.»

Un haut-parleur chez Manu Moser.
Rien de mieux que la musique pour se détendre.

Auteur: Laurent Nicolet

Photographe: Prune Simon-Vermot