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2 février 2015

L’appren-Tea

L’Ice Tea de Migros est élaboré à partir de vraies feuilles de thé.Remo Weber, futur technologue en denrées alimentaires, veille à ce que le fameux breuvage ait toujours le même goût caractéristique.

Remo Weber
Remo Weber entre des résultats d’analyse dans le système informatique.

L’Ice Tea de Migros existe depuis plus de trente ans. Le secret de sa saveur est jalousement gardé par Bischofszell Produits alimentaires SA, aussi appelée Bina. «Ce qui distingue notre Ice Tea, c’est notamment son infusion avec de vraies feuilles de thé», explique Remo Weber, l’un des cinquante apprentis de l’entreprise, futur technologue en denrées alimentaires actuellement en troisième année.

Ce jeune homme n’en est pas à sa première formation: «En 2011, j’ai obtenu un CFC de boucher», précise-t-il. Six mois plus tard, il a réalisé que la filière de la viande n’était «pas inintéressante», mais qu’il espérait autre chose. Un séjour linguistique d’un mois aux Etats-Unis lui a permis d’y voir plus clair: il voulait élargir son horizon.

Il a alors effectué un stage d’information professionnelle au sein de Bischofszell Produits alimentaires SA… et signé son contrat d’apprentissage la même semaine. «Bina offre une grande diversité de processus de fabrication. C’est une entreprise très innovante. Elle a par exemple proposé à ses fans d’envoyer des recettes de thé froid et a effectivement produit la proposition gagnante.»

La majeur partie du thé vient de l’Inde et est certifiée UTZ

Remo Weber aurait pu écourter la durée de son second apprentissage, mais il a choisi de suivre la formation dans son intégralité pour tirer pleinement profit d’un enseignement qu’il juge très exigeant: «Il faut avoir des connaissances en mathématiques, en biologie et en physique.» Bref, l’apprenti ne fait pas les choses à moitié, ce qu’apprécie son formateur Urs Beck qui travaille à Bina depuis vingt-cinq ans: «Il est toujours motivé et ponctuel, et il prévient avant de partir.»

Joueur de volleyball en ligue nationale B à ses heures, Remo, en tant que futur technologue en denrées alimentaires, est responsable du contrôle qualité à la réception des marchandises.

La majeure partie du thé est issue d’une production indienne certifiée UTZ et elle est préparée par un fournisseur conformément aux exigences de Migros.

Remo Weber prélève un échantillon dans un «big bag», une sorte de sachet géant, pour exclure la présence de corps étrangers, de parasites et de résidus de substances indésirables. Si tout est en ordre, les paquets sont acheminés vers l’entrepôt, puis vers le site de préparation. Remo doit alors déterminer la quantité adéquate de thé et la peser. «Avec ce volume, on infuse 8500 litres.»

«L’Ice Tea au citron est un mélange équilibré de thé noir, de thé au cynorrhodon et de jus de citron», explique le jeune homme. Tout à coup, un sifflement et un léger vrombissement envahissent l’espace: c’est le moment d’infuser le liquide dans l’un des douze réservoirs, dont chacun peut contenir jusqu’à 20 000 litres. Le breuvage est mélangé à du sirop de sucre, à de l’eau et à du jus de citron concentré afin d’obtenir l’Ice Tea final. Les diverses lignes d’embouteillage sont ensuite approvisionnées à partir de ces réservoirs. En vingt-quatre heures, la production d’Ice Tea peut ainsi atteindre les 700 000 litres.

75% des apprentis de Bina restent dans l’entreprise

En raison de sa grande popularité, la recette de l’Ice Tea de Migros n’a pas été grandement modifiée au cours des dernières années. Sa saveur, si caractéristique, est restée inchangée.

L’apprenti avale une gorgée de thé fraîchement infusé qu’il apprécie visiblement. Il entre alors les résultats dans le système informatique, avant de les reporter dans des fiches de données.

La fabrication de l’Ice Tea se poursuit: on porte le thé à 95 degrés pendant trente secondes afin de le pasteuriser, puis on le refroidit à 20 degrés. Vient enfin le moment du conditionnement en milieu stérile, durant lequel la boisson est transvasée dans des briques en carton ou des bouteilles PET. A l’issue de la pasteurisation, Remo prélève un nouvel échantillon de dégustation: «Parfait, exactement comme il faut», commente-t-il avec satisfaction.

Le jeune homme achèvera son cursus l’été prochain, s’il réussit l’examen final. «Pour cette épreuve, il faut faire beaucoup de choses soi-même, comme mélanger des boissons ou préparer des sauces, révèle-t-il. Mon passage dans ce service de l’entreprise constitue un bon entraînement. Mon rôle ici ne se limite pas à la manipulation de machines: je peux fabriquer les mélanges moi-même, les contrôler et les envoyer au conditionnement.» Que compte-t-il faire une fois son diplôme en poche? «La même chose que 75% des apprentis de Bischofszell: rester dans l’entreprise pour continuer à me former.»

Un technologue en denrées alimentaires contrôle 
la qualité des feuilles de thé.
Un technologue en denrées alimentaires contrôle
 la qualité des feuilles de thé.
Lors de la production de l’Ice Tea, l’apprenti prélève régulièrement 
des échantillons.
Lors de la production de l’Ice Tea,
l’apprenti prélève régulièrement des échantillons.
L’apprenti Remo Weber devant les grands réservoirs où l’Ice Tea est stocké avant d’être emballé.
L’apprenti Remo Weber devant les grands réservoirs où l’Ice Tea est stocké avant d’être emballé.

Auteur: Marc Bodmer

Photographe: Christian Schnur