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2 mars 2015

L’équitation dans le sang

A 19 ans, Larissa Notz, fille de deux anciens cavaliers de haut niveau, commence à se faire un prénom sur la scène suisse, européenne et même internationale.

Larissa Notz sur sa jument «J’adore» photo
Larissa Notz accorde une attention particulière à sa jument «J’adore». Elle est en effet la première qu’elle se soit achetée avec ses propres économies.

Elle n’est pas née sur un cheval, mais presque! Avec deux parents, Jürg et Cornelia, eux-mêmes anciens cavaliers de haut niveau, pas étonnant que Larissa Notz se sente à l’aise sur un canasson. Tellement à l’aise, d’ailleurs, qu’elle a remporté en mai dernier, à tout juste 19 ans, le Grand Prix de Saignelégier (JU): «Je ne m’y attendais vraiment pas, cela a été un grand pas en avant pour moi.»

En effet, cette victoire lui a ouvert les portes du concours hippique international de Genève, où elle a pu se mesurer en décembre à l’élite mondiale. «C’était une expérience incroyable, j’avais l’impression d’être à Disneyland», sourit-elle, des étoiles encore plein les yeux.

Les chevaux donc, elle les a côtoyés depuis sa plus tendre enfance, dans l’écurie familiale de Chiètres (FR). De même qu’elle a suivi très tôt père et mère dans les compétitions. Sans pour autant se sentir tout de suite appelée à les imiter. «Ils ne m’ont jamais mis la pression, cela a toujours été ma décision.» Quand elle reçoit son premier poney pour ses 4 ans, elle passe volontiers du temps avec lui, à le brosser, le caresser, mais ne ressent pas le besoin de le monter. «Je n’en voyais pas l’utilité.»

Le déclic se fera lors d’un concours à Sion, auquel participent ses parents. «Je leur ai dit que moi aussi je voulais prendre part à la compétition, avec mon poney. Ça les a beaucoup amusés, et ils m’ont répondu qu’il fallait d’abord que je m’entraîne à la maison, que je progresse.

C’est alors que j’ai commencé à monter tous les jours.»

Représenter la Suisse à l’étranger

Suivent les premiers concours, dès l’âge de 7 ans. «Avant c’était surtout les gymkhanas: j’étais sur le poney et ma maman le guidait à travers les obstacles.» En 2009, consécration: Larissa devient championne d’Europe chez les Children. Elle fait aujourd’hui partie de la catégorie Jeunes Cavaliers (d’ailleurs, elle espère bien remporter une médaille au Championnat d’Europe 2015), tout en mettant un sabot de temps en temps chez l’élite. «C’est surtout comme cela que je pourrai progresser.»

Un autre objectif pour cette année? Prendre part à une coupe des nations, afin de représenter la Suisse à l’étranger. «Il faudra voir comment je me débrouille en début de saison.» Ambitieuse, «mais pas trop: ce qui compte avant tout, c’est que les chevaux soient heureux», elle garde la tête sur les épaules malgré son succès. Pas question pour elle par exemple de négliger ses études. Elle a passé sa maturité fédérale l’été dernier et prévoit d’entamer bientôt un cursus en économie. «On ne sait pas de quoi l’avenir est fait. Peut-être que je serai cavalière professionnelle, mais je préfère m’assurer une autre option.

Même si je sais que les chevaux feront toujours partie de ma vie.»

Les études attendront

Pour l’heure, elle s’accorde au moins un an de pause avant de commencer l’université. Et travaille à plein temps dans l’écurie de ses parents, s’occupant des pensionnaires à quatre pattes, qu’il s’agisse de locataires à long terme confiés par leurs maîtres qui viennent régulièrement les monter, ou des chevaux de commerce que gère la famille Notz.

Depuis quelque temps, Larissa accorde une attention toute particulière à sa jument J’adore, la première qu’elle se soit offerte avec ses propres économies. «Je vais commencer à la préparer pour les concours!» Mais évoque aussi avec passion Esqydo et Guidarc, qui l’accompagnent dans la plupart de ses compétitions. Et mentionne également Ismael Chamblanc, le destrier de Steve Guerdat, que Larissa a eu le plaisir de monter. Bref, les chevaux, c’est sa vie, celle de sa famille. «Nous regardons souvent tous ensemble les grands prix à la télévision!»

Auteur: Tania Araman

Photographe: Beat Schweizer