Archives
16 juin 2014

L’été, la saison des adieux aux couches-culottes?

Avec les beaux jours qui reviennent, nombreux sont les parents à tenter l’apprentissage de la propreté à leur enfant. Mais attention, rien ne sert de forcer!

Un enfant portant des langes en train de regarder dans la cuvette des toilettes.
Certains enfants craignent de tomber et de disparaître dans la cuvette des toilettes. (photo Getty Images)

Oh les beaux jours! L’été, ses chaleurs, le sable, le gazon et les cris des enfants en train de jouer dehors. Cette vision idyllique serait encore plus parfaite s’il n’y avait pas ces satanées couches-culottes à changer.

Alors, comme bien des parents, vous vous dites que l’heure est venue de tenter l’aventure de la propreté avec votre enfant. Après tout, n’est-ce pas l’été dernier que Clara, la fille de vos amis, est devenue propre? A les entendre, rien de plus pratique que de laisser courir son petit cul nu ou en culotte et d’agir le moment venu.

Oui mais voilà, tous les appelés ne sont pas prêts à sauter le pas. Faire pipi sur le pot, les toilettes ou derrière un arbre ne va pas de soi pour tous les enfants. Et même si la période estivale paraît être la plus pratique, rien ne sert de forcer un petit qui n’en manifeste pas l’envie, avertit la pédopsychiatre genevoise Dora Knauer. Tout en reconnaissant les avantages liés aux grandes vacances – tenues légères et disponibilité –, elle prône en premier d’écouter le principal intéressé:

Le meilleur moment pour aborder l’apprentissage de la propreté est quand l’enfant signale lui-même qu’il a fait pipi ou caca. En général, entre 2 et 3 ans. On peut alors lui proposer le pot, mais en aucun cas le forcer à s’y asseoir.

Pourtant, des parents se targuent d’avoir inculqué à leur rejeton la propreté dès son plus jeune âge, 8 mois pour les plus précoces. Parfois en utilisant des méthodes radicales, quitte à devoir affronter cris et pleurs.

Aux Etats-Unis, le psychologue John Rosemond milite depuis de nombreuses années pour un entraînement intensif dès 18 mois avec ce slogan: «Nu et 75 dollars», référence au prix du nettoyage de la moquette en cas d’accident. L’idée est simple: rester chez soi durant deux ou trois jours et laisser son enfant vêtu seulement d’un t-shirt large en prenant soin d’avoir à disposition un pot et le lui présenter dès les premiers signes d’urine ou de selle. Lui dire qu’il a oublié d’utiliser les toilettes s’il ne fait pas dedans et le féliciter dans le cas contraire.

Confiance, patience et indulgence

S’il a quelque peu revu son jugement concernant l’âge limite où devenir propre, passant de 2 ans maximum à désormais 30 mois, John Rosemond reste convaincu que, passé cet âge, l’apprentissage de la propreté ne peut que s’accompagner de problèmes et générer des générations de constipés. Un avis qu’est loin de partager Dora Knauer: «C’est du conditionnement et rien d’autre, l’expression du désir des parents avant celui de l’enfant, déplore-t-elle en insistant sur l’importance pour ce dernier de prendre conscience de son corps avant de se lancer dans l’aventure de la propreté. Car même si l’enfant contrôle plus ou moins vessie et sphincter entre 2 et 3 ans, la dimension psychologique ne doit pas être sous-estimée. «Certains ont peur de se séparer de leur caca ou de leur pipi, pensent qu’ils vont tomber dans le trou des toilettes et disparaître à leur tour.»

Face à la peur de l’enfant, existe aussi celle des parents de ne pas arriver à inculquer la propreté avant l’entrée à l’école. Là aussi, Dora Knauer relativise.

Il est très difficile pour un enfant d’être totalement propre avant l’âge de 4 ans et même à cet âge, beaucoup ne le sont pas encore complètement.

La solution? «Le mieux à faire pour aider son enfant à être propre, c’est de ne rien faire du tout, à part lui fournir une explication simple», enjoignent la blogueuse Natacha Guilbert et le pédiatre Alain Benoit dans Le dico des parents (Ed. Kero) . Et se répéter en boucle le mantra suivant: Confiance, patience et indulgence.

Vidéo: apprendre le pot à bébé. Source: Doctissimo - Youtube

© Migros Magazine – Viviane Menétrey

Auteur: Viviane Menétrey