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19 décembre 2014

Une étoile de Noël, mais laquelle?

Saviez-vous que…? La chronique d'Isabelle Kottelat.

illustration d'une étoile de noël

« Jésus étant né à Bethléem de Judée, au temps du roi Hérode, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent: «Où est le roi des juifs qui vient de naître? Nous avons vu son astre à son lever et nous sommes venus lui rendre hommage.»

Oui, certes, ils ont vu une étoile et l’ont suivie. Mais laquelle était-ce? Le mystère reste entier et on peut encore longtemps se perdre en conjectures. Surtout que la date de la naissance de Jésus reste incertaine. Il pourrait y avoir un décalage de deux à huit ans avant notre ère selon les spécialistes; car c’est seulement en l’an 525 que le moine Dyonisius Exiguus (Denys le Petit) a évalué l’année de naissance de Jésus par rapport à notre calendrier.

Or donc, pour en revenir à notre étoile, ce n’en est peut-être pas une. Pas l’étoile des bergers, en tout cas. L’autre nom de Vénus qui brille fort parce que c’est une planète, la première visible dans le ciel le soir et la dernière à disparaître au matin. Mais celle-là, les mages, tout savants qu’ils étaient en astronomie, la connaissaient bien.

Non, ces scientifiques parlaient d’un phénomène nouveau. Une étoile filante? Trop filante pour briller plusieurs semaines durant. Le passage de la comète Halley, selon l’hypothèse de Giotto de Bondone, en 1301? Les Chinois n’en parlent pas, mais évoquent une nova, une nouvelle étoile qu’ils ont constatée durant 70 jours dans la constellation du Capricorne en mars et avril de l’an 5 avant notre ère. Mais bon, une nova ne se déplace pas dans le ciel.

Alors? Alors il reste bien un rassemblement de planètes, Jupiter et Saturne qui se sont rencontrés trois fois dans la constellation des Poissons en l’an 7 avant nous - et la constellation des Poissons est associée aux juifs en astrologie - et la conjonction de Mars, Jupiter et Saturne en février de l’an 6.

Bref, la seule étoile de Noël dont on peut aujourd’hui être sûr, c’est celle qu’on accrochera en haut du sapin.

© Migros Magazine - Isabelle Kottelat

Auteur: Isabelle Kottelat